Svartolycka : 17/20 | Suite directe au sublime "Black Seeds of Vengeance", Nile revient à la charge avec ce nouvel album instaurant de nouveau une nouvelle dynastie dans la discographie du groupe. N’oubliant pas sa frénésie typiquement "Nilienne", Karl Sanders et sa bande démontrent une fois de plus la toute magnificence de leur style mythologique (au même titre qu’un Ange Morbide ou Immolation tout en les dépassant) en ces douze titres frappés par une violence desséchée et funèbre.
Commençant sur les chapeaux de roues (le terrifiant "The Blessed Dead") le groupe intronise son nouveau batteur, Tony Lauréano. Véritable pieuvre humaine enchaînant les morceaux de bravoures comme certains enchaînent les cigarettes, ce batteur amène une nouvelle dimension dans la fureur mystique du groupe. Solos hystériques, voix profondes poussant le vent sépulcral directement dans l’hémisphère de l’auditeur, "In Their Darkened Shrines" a toutes les cartes en main pour aligner un nouveau chef-d’œuvre.
Audacieux et ambitieux "In Their Darkened Shrines" regorgent de passages jouissifs, brutaux distillés dans une ambiance mystique à la fois chaude et inquiétante. Toujours porté par la figure du serpent (présent depuis "Black Seeds of Vengeance", gardien du savoir), Nile fabrique SON atmosphère et SON concept en tissant des lignes musicales brutes, frontales qui prennent toutes leurs grandeurs dans des passages allongés (le superbe "Unas Slayer of the Gods") et surtout dans son dernier tiers, la magnifique partie "In Their Darkened Shrines" mélangeant brutalité viscérale, atmosphères de parchemin et mélodies salvatrices. Sommet du disque.
Bien qu’il soit absolument titanesque "In Their Darkened Shrines" n’atteint pas l’intensité mythologique de son prédécesseur. La raison ? Une production plus sourde et moins percutante ne permettant pas complètement l’explosion d’ambiances sèches telles qu’on pouvait l’entendre sur "Black Seeds of Vengeance". Diminuant (très) légèrement son aura, la frénésie de Nile en perd logiquement un chouia de son intensité. Pourtant, Nile réussit son pari avec cet album colossal qui écrase littéralement par sa puissance.
Légère déception, ce qui n’empêche pas "In Their Darkened Shrines" d’être personnellement mon album death de l’année 2002.
2005-05-30
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