CADAVER
IN PAINS (CD)
1992 chez Earache Records


1. Bypassed
2. Mr. Tumour's Misery
3. Into the Outside
4. Blurred Visions
5. Runaway Brain
6. Inner Persecution
7. In Distortion
8. The Misanthrope
9. Ins-Through-Mental
10. During the End


Fabien : 17/20
A la fin de l'été 1992, la compilation Monsters Of Death d’Earache, gratuitement distribuée et présentant tout le gratin deathmetal du label, présentait le titre Inner Persecution du prochain album de Cadaver. La seule écoute du morceau permettait de constater l’énorme progrès accompli par le trio norvégien, loin du death parfois bancal d'Hallucinating Anxiety et de sa production étouffée, surprenant encore par son break délectable, appuyé par un violoncelle !

Commercialisé en octobre chez l'écurie britannique, In Pains confirme le virage de Cadaver, et sa nouvelle identité déjà pressentie, arborant un logo flambant neuf et une illustration épurée, loin des stéréotypes de l’époque, tout en gardant un côté finement gore. Cette volonté de démarcation s’affirme largement sur le contenu, qui développe une musique toujours apparentée au death, mais beaucoup plus personnelle et assagie. Les rythmes à dominante middle tempo d’Ole Bjerkebakke sont aérés, laissant dès lors une grande marge aux lignes de basse fouillées d’Eilert Solstad et aux riffs parfaitement nuancés d’Anders Odden, soutenant les vocaux écorchés d’Ole, à mille lieux des chants gutturaux et terrifiants de ses homonymes.

En outre, Cadaver déborde d’imagination afin de rendre son death attrayant, à l’image du violoncelle d’In Distorsion, des légers sifflements de Runaway Brain, ou de la flûte du superbe final de During The End. Ces instruments classiques restent de surcroît judicieusement discrets, éclairant parfaitement l’album et enrichissant son écoute, sans lui donner un côté symphonique pompeux, mais apportant au contraire des ambiances remarquablement subtiles.

Impeccablement mis en valeur par la production claire de Paul Johnson (Benediction, Cerebral Fix), In Pains est une oeuvre résolument à part dans le circuit deathmetal de l’époque, diffusant ses touches intimistes délicieuses, qui lui confèrent tout son attrait. Mais malgré l’étonnante qualité et l’originalité de son album, Cadaver ne rencontre malheureusement qu’un succès limité en cette année 1992, alors que son alliance avec le prestigieux label Earache laissait pourtant présager le meilleur.

Fabien.

2007-03-31