BURZUM
FILOSOFEM (CD)
1996 chez Misanthropy Records / Cymophane Records


1. Dunkelheit 7.05
2. Jesu Død 8.39
3. Erblicket Die Töchter des Firmaments 7.53
4. Gebrechlichkeit I 7.53
5. Rundgang Um Die Transzendentale Säule Der Singularität 25.11
6. Gebrechlichkeit II 7.53

Total playing time : 64.34


ArchEvil : 8/20
Ah tiens, une nouvelle chronique de Filosofem. Voyons voir...
Kwa ??? 8/20... Mais qui est ce type ??

Salut les copains ! Oui c'est moi. Bon trêve de blablatage, que les fans outrés gardent leur discours inquisiteur pour plus tard. Oui, je n'aime pas Burzum et en particulier celui-là. Il faut dire qu'ayant découvert la musique du sieur Varg avec un Hvis Lyset Tar Oss très langoureux mais cohérent dont le pouvoir hypnotique pouvait palier le manque de riffs, je fus enthousiaste au début.

" T'as aimé le précédent, hein ? Alors tu vas adorer celui-ci.", m'annonça mon ami Jeff ( faut bien choisir un nom quoi... ) au comble de l'extase.
- Ca donne quoi ?
- Ben, du Burzum quoi. Ambiant comme Hvis mais encore plus torturé.
- Ah bah oui, Hvis était sympa, bien sombre, bien que je n'écouterais pas ça des heures.
- Et bien, j'paie trois tournées si tu tombe pas dans le noir en écoutant Filosofem...

Un pari quelque peu inutile connaissant ses goûts, puis je lui devais déjà la découverte de Burzum. Mais j'acceptais. Il me prêta donc l'objet en question que j'emportais plein de curiosité. Le rituel classique une fois rentré à la casa : enfournage de galette dans le lecteur, verre de pinard et pochette du disque à la main, le corps calé dans le fauteuil.
" Sympa la cover. En espérant que la musique ne ressemble pas à une mégère soufflant dans sa trompe de chasse", pensais-je ironiquement.
Si j'avais su...

Dunkelheit ouvre la marche sur cette gratte grésillante, son introduction est pas mal imaginée, une bonne immersion.
Débarque une batterie légèrement réverbérée exécutant un quatre temps classique. Ce qui attire mon oreille sur le moment, c'est cette lenteur de jeu, et pas forcément dans le bon sens, imaginant un Varg shooté derrière ses fûts. Ils sont vraiment trop evil ces gars-là, ils se défoncent pendant l'enregistrement...
Les quelques notes de synthé ne sont pas des mieux accueillies non plus, leur caractère mielleux fonctionnait sur l'opus précédent. Ici, une odeur de vieillard fatigué casse tout.
Lorsque le comte tire ses premières paroles du gosier, c'est la grimace. Cette distorsion frivole lui fait perdre une ampleur quelle parvenait à atteindre auparavant, même si elle n'a jamais été ma tasse de thé.
Le couplet reprenant de plus belle, le manque se fait sentir en une fois. Oui c'est sombre mais ça n'enfonce pas pour autant. C'est homogène mais le côté langoureux me laisse froid cette fois.
Mais Dunkelheit se termine et Jesus Tod me tire de ce début de léthargie par son riff bien froid très sympathique. Une double grosse caisse assez étouffée renchérit, ressuscitant mes espoirs. Ca marche cette fois, ce même malgré la voix faiblarde. Pourtant, le tout ne décolle pas. Le morceau est trop long et se répète de trop. Sensé développer une ambiance malsaine, celle-ci n'apparaît pas et son attente sombre dans un ennui inexorable.
Et à partir de là, c'est la chute. Erblicket Die Töchter Des Firmaments réouvre le voile nonchalant sur cette batterie tire au flan et cette guitare qui se languit sur ses accords chiants. Mais quel est le but exactement ? Me plonger dans un sentiment obscur ou m'offrir un cachet de somnifère gratos ?
Et puis ce Gebrechlichkeit... Il est sensé faire quoi ? Le faire fondre ? C'est bien parti avec un morceau dépourvu de rythmique, à la guitare plaintive, ce synthé nul et ces vocaux énervants. Ces derniers savent cependant traduire un côté fort torturé ici, ce qui ne sauve malheureusement rien.
Je dois être réellement incompatible. Je vais quand même pas faire la position du lotus pour capter l'énergie auditive du triste sire...
Tel Tomhet, Rundgang Um Die Transzendentale Säule Der Singularität s'annonce comme l'une des fameuses œuvres brouillons, spécialité du comte : Un morceau atmosphérique exécuté péniblement par le biais d'un synthé. Etrange que je ne ronfle pas encore. De toute façon, ça sent la fin naturellement. Tiens non, il en reste un. Ah ouais, chouette, l'instrumental de Gebrechlichkeit. Super, tu vas voir, j'vais imiter le Vargounet... Reurgh... "tousse". Hum, plus tard, pour ainsi dire jamais.

Non Filosofem ne prend pas, je m'ennuie. Varg fut réputé pour avoir délivré une obscurité intérieure surpuissante par ses œuvres. Celle-ci m'a parut aussi dopante qu'un flacon de narcotique. Et même si le pelage de l'animal dégage un effluve sulfureux évident, sa nonchalance et sa langue pendante le mettent dans l'incapacité de m'impressionner davantage. Je ne suis probablement pas réceptif au Black Metal très atmosphérique. Pourtant, bien plus tard, je fut séduit par les litanies de Drudkh et son Autumn Aurora et me prit une fameuse baffe avec Wolves in the Throne Room.

Pour moi, Filosofem n'a d'intérêt que son contexte historique, le dernier album black de Varg, dans les bacs après son incarcération, et parmi les premiers opus de ce genre de black très posé. Les ovations ont tellement fusées à son égard. Ses œuvres lui ont même apporté le titre de génie décerné par certains admirateurs. Un statut plus que surestimé en ce qui me concerne. C'est facile de faire de l'ambiant pareil, je regrette. Cela peut réellement toucher si on lui accorde plus de travail, une structure moins itérative et, sans nul doute, un soupçon de magie.
Ici, il n'y a rien... Enfin, le point positif, Jeff a payé la tournée...

2008-01-18