BURZUM
FILOSOFEM (CD)
1996 chez Misanthropy Records / Cymophane Records


1. Dunkelheit 7.05
2. Jesu Død 8.39
3. Erblicket Die Töchter des Firmaments 7.53
4. Gebrechlichkeit I 7.53
5. Rundgang Um Die Transzendentale Säule Der Singularität 25.11
6. Gebrechlichkeit II 7.53

Total playing time : 64.34


Gothmog
Dernier album black pour notre ami Vargounet. Peut être que ce sentiment m'apparaît parce que je sais que c'est le dernier, mais je trouve que ça s'entend : cet album est le dernier souffle (ou presque) avant la mort, la dernière prière du condamné. Il préfigure ainsi Hlidskjàlf, qui lui sera l'illustration de la lente mort de Burzum, quand tout est fini. Cet album, du point de vue des compositions, n'est pas le meilleur, et loin de là ! (très largement dépassé par Det Som Engang Var). Je m'explique : les
morceaux durent tous sept à huit minutes (à une exception près, dont nous reparlerons), et sont tous basés sur un ou deux riffs ! Mais à l'écoute, il est totalement impossible de penser ces morceaux autrement qu'ultra répétitifs. Varg use ici encore un fois du système de boucle, la guitare éraillée répète inlassablement le même riff, on a jamais vu batterie plus statique (pas de breaks, aucune variation) et la voix, outre une récitation sur « Dunkelheit », est rouillée, beaucoup plus en retrait, et, chose importante, beaucoup moins agressive que sur les autres albums. Le tout est saupoudré d'un clavier, discret et froid, très distant (comme l'album entier), à la fois profond et cristallin. Burzum a réussi quelque chose, qui, quelques années plus tôt, n'aurait même pas été de l'ordre de l'imaginable : il a fait un album de black metal non agressif. Et voilà, à partir de ce chef d'ouvre vont pouvoir émaner les Summoning, Xasthur, Paysage D'Hiver et autres. Burzum a tout simplement fait l'album de black le plus atmosphérique de tous les temps et n'a jamais été égalé depuis (et probablement ne le sera jamais). Les ambiances se font moins forestières que sur le précédent « Hvis Lyset Tar Oss » (mais rassurez vous, le count fait toujours de la musique des bois), ici les ambiances sont hivernales, voire neigeuses (la guitare me fait penser à un tourbillon ennneigé). Le tout est complété par un artwork fort beau (on est habitué, à force) signé Theodor Kittelsen (tiens donc !) ; donc la neige, l'hiver, la forêt (bref, la norsk foresk). Burzum était encore un peu vivant sur les trois premiers titres, puis commençait à fatiguer sur « Gebrechilchkeit ». Et puis, soudain, il meurt. Enfin, ce n'est pas vraiment soudain, vu que ça met quand même 25 bonnes minutes (!). Fini les guitares, fini la batterie, finie la voix !
Place à une petite demi-heure de clavier hypnotisant, qui entraîne lentement à la disparition totale. La même boucle est répétée durant tout le morceau, qui pourtant passe sans ennui ! Le temps semble s'être arrêté. Le dernier morceau, reprise éthérée de Gebrechlichkeit, constitue une sorte de souvenir du dernier instant, avant la fin de cette ouvre (là, on s'empresse de refaire tourner le disque). Burzum ne fera plus jamais de black metal.
Morceau recommandé : impossible, l'album s'écoute en totalité.

2004-12-12