MARDUK
PLAGUE ANGEL (CD)
2004 chez Regain Records / Blooddawn Productions


1. The Hangman of Prague 03:06
2. Throne of Rats 02:43
3. Seven Angels Seven Trumpets 02:47
4. Life's Emblem 04:55
5. Steel Inferno 02:24
6. Perish in Flames 07:46
7. Holy Blood Holy Grail 02:28
8. Warschau 03:18
9. Deathmarch 04:10
10. Everything Bleeds 03:34
11. Blutrache 07:51

Total playing time 45:30


Svartolycka : 19/20
Avant de commencer cette chronique, je tiens à préciser que je ne suis pas très friand de la musique de Marduk. Relativement peu intéressé par les séances de déflagration que prodigue le groupe suédois, j’ai toujours regardé les sorties discographiques du combo avec un œil très distant pour ne pas dire absent. Libre à ceux de ne pas être en accord avec moi, mais franchement... Je ne comprends pas tout le foin que l’on fait pour le très surestimé « Panzer Division Marduk » (c’est pas parce que l’on place des bruits des samples de guerres et autres « boom, boom » et « Fire » que cela fait un grand album. Désolé.) relativement simplet malgré l’ambition du groupe à choquer (la pochette en ce sens est adéquate). De ce point de vue, « La Grande Danse Macabre » me paraît être un album bien plus intéressant.

Après avoir mis tout à plat, je me propose de laisser mes impressions sur ce nouveau disque. Comment passer d’une oreille discrète à une écoute plus qu’attentive (et explosée) en l’espace de dix secondes ? la réponse se trouve sur cet album. Difficile de ne pas me montrer pragmatique, mais cet album de Marduk est le premier à me faire frissonner de tout mon être et à me faire plonger dans un univers putride et chaotique.

En partie, cela est dû à la présence d’Arioch (Funeral Mist) caché sous le pseudonyme de Mortuus. Là où le chant de Legion m’ennuyait par son invariabilité, son remplaçant impose dès la première minute un souffle mortuaire d’une aura non quantifiable. De toute façon, tout sur ce disque est posé sur l’empreinte morbide et suffocante d’Arioch et Funeral Mist. Ces samples religieux instaurant une atmosphère sinistre, ce son cru sans fioritures ramenant aux racines même du black, cette batterie supersonique ainsi que cette virulence pestiférée de chaque note et de chaque accent font déjà de ce disque un envol d’anges apocalyptiques.

Cependant, ne croyez pas que j’aime (idolâtre plutôt) ce disque uniquement par la présence plus intimiste d’Arioch, Morgan inspiré par la présence de son nouveau chanteur a su ingurgité à ses compositions une émanation tout simplement diabolique et pernicieuse comme l’on avait entendu depuis longtemps. Des titres aussi courts qu’inégalables en férocité misanthrope, une bestialité suintante de haine qui accorde aux onze titres de ce disque une atmosphère déliquescente, balayée d’une haleine fétide et suffocante, tétanisant l’intégralité de notre enveloppe corporelle.

Enfin, je retrouve les spasmes de la grandeur, mais aussi du rachitisme, du black. Enfin, un album de black se positionne comme dépositaire d’une musique aussi violente que la guerre et aussi putride et malsaine que l’inconscient déshumanisé de l’être humain. Tout ça en l’espace de trois quart d’heure exténuants où rien ne sera épargné à l’auditeur (les samples, le titre en collaboration avec Arditi, le final monstrueux et cette beauté du livret).
Et même si je trouve que « Plague Angel » est un tantinet inférieur à « Salvation » (inégalable pour l’instant), Marduk offre notre propre destruction par sa sublime résurrection aussi fascinante que putréfiée qui montre, et là je m’incline, que le groupe suédois fait vraiment parti des plus grands.

Alors oui, oui, autant le dire tout de suite, « Plague Angel » est un chef d’œuvre et l’un des plus grands albums de black jamais fait !!!!!

2005-04-15