Fabien : 15/20 | Retour en 1991 où, à la surprise générale, le chanteur Lars Goran Petrov est viré d'Entombed par Nicke Andersson (batteur et cerveau de la bande), qui jugera d’ailleurs très vite ce limogeage comme un acte de pure gaminerie. Le EP Crawl sorti la même année est alors enregistré avec le chanteur de session Ovar Säfström, qui s’en sort d’ailleurs admirablement bien. Or, lors de la sortie de Clandestine, c’est encore un autre vocaliste qui est présenté, en la personne de Johnny Dordevic, transfuge de Carnage ; mais ce n’est pas tout, puisque quelques temps plus tard, on apprend que les vocaux ont finalement été effectués par N.Andersson lui-même !
De son côté, Earache ne facilite pas non plus les choses, puisque le label britannique, manquant une association avec une major, se retrouve sans distributeur lors de la parution de Clandestine, disponible uniquement en import, en cette fin d’année 1991. C’est donc dans un climat particulier que la seconde réalisation d’Entombed voit le jour, cette dernière ayant en plus la lourde tâche de succéder à Left Hand Path, déjà devenu culte, en l’espace d’une seule année.
De prime abord, Clandestine ne surprend pas, le groupe retournant en effet aux Sunlight studios avec l’ingénieur du son Tomas Skogsberg, et proposant une nouvelle illustration de DanSeagrave, qui livre comme à son habitude des dessins de toute beauté, mais commençant déjà à être stéréotypés.
Penchons nous enfin sur la musique, qui reste tout de même l’élément essentiel ; la qualité est une nouvelle fois de mise avec des titres très fluides, extrêmement bien ficelés, alternant intelligemment des rythmiques rapides et accrocheuses, à des breaks lourds et particulièrement incisifs. De plus, Entombed parvient à garder intacte sa marque de fabrique, avec ce son de guitare si particulier, mais aussi en développant de nouveau un climat terriblement sombre et glacial, à l’image du fabuleux titre Evilyn, avec son break débutant sur une superbe acoustique légèrement disharmonique, s’enchainant sur une rythmique et un solo d’une lourdeur déconcertante.
Or, même si les titres et l’ambiance générale restent d’une qualité exemplaire, la magie de Left Hand Path deumeure moins présente ; tout d’abord puisque l’orientation restant la même, l’effet de surprise n’y est plus, mais aussi faute aux vocaux de Nicke Andersson, ne possédant malheureusement pas le grain & la profondeur du timbre de LG Petrov.
Enfin, malgré des titres sans surprise, et durant une période de flottement traversée par le groupe, Clandestine réussit tout de même à s’imposer dans le coeur des deathsters, formant aujourd’hui, avec Left Hand Path et Wolverine Blues, la trilogie culte d’Entombed, influençant tant de groupes sur la scène internationale.
Fabien. 2007-06-03
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