SINISTER
AFTERBURNER (CD)
2006 chez Nuclear Blast


1. The Grey Massacre 4.16
2. Altruistic Suicide 5.14
3. Men Down 6.02
4. Afterburner 4.55
5. Presage of the Mindless 7.37
6. Into Submission 5.17
7. The Riot Crossfire 3.50
8. Flesh of the Servant 7.47

Total playing time 44.58


Fabien : 15/20
Alors que Savage Or Grace montrait Sinister n’étant plus que l’ombre de lui-même, bourrinant sans âme durant trente minutes, le groupe crée pourtant la surprise en cette année 2006. Enterrant ses conflits internes et cédant à l’insistance de ses nombreux fans suppliant sa reformation, la gang hollandais remet en effet le couvert avec Afterburner, affichant une nouvelle détermination sans faille. Aad, batteur originel de la formation, s’empare alors du micro, en lieu et place de Rachel, tandis qu’Alex cède sa place de bassiste au profit de celle de guitariste, signant désormais l’ensemble des compositions.

A l’instar de Deicide avec le terrible Stench of Redemption, Sinister stoppe le martèlement vide et linéaire de ses deux précédentes réalisations, aérant et structurant considérablement son death métal, tout en gardant sa marque de fabrique immédiatement reconnaissable. En huit titres s’étendant sur 45 minutes, le quatuor hollandais prend alors le temps d’épaissir son style, bénéficiant d’une fougue et d’une inspiration enfin retrouvées.

Chaque morceau fait mouche, depuis l’excellent Men Down jusqu’au terrible éponyme Afterburner, imposant les riffs précis et meurtriers d’Alex, soutenus par les rythmiques puissantes de Paul, la toute dernière recrue. Sinister retrouve enfin ses vocaux au guttural d’une pureté exemplaire, grâce au chant profond et clair de Aad, laissant loin derrière les growls monocordes et étouffés de Rachel. Sublimé par la production d’Andy Classen aux Studios Excess (Krisiun, Gorefest), Afterburner dégage alors une puissance étonnante, regorgeant de subtilités, à l’image des ambiances écrasantes du monumental Presage Of The Mindless, et des acoustiques renversantes du mémorable Flesh Of The Servant.

Commercialisé par Nuclear Blast dans l’anonymat le plus complet, Afterburner rencontre un succès injustement limité. L’album représente pourtant l’un des efforts les plus marquants et les plus convaincants de Sinister depuis l’immémorial Cross the Styx ou le redoutable Hate, se recommandant à tous les fans de l’un des meilleurs groupes de death hollandais, à l'inspiration, la saveur, et la technique enfin retrouvées.

Fabien.

2008-02-20