Fabien : 12/20 | Fondé en 1993 autour d’Erik Lindmark et Jacoby Kingston, Deeds Of Flesh figure parmi les pionniers et les meilleurs représentants de la scène brutal death underground californienne, aux côtés des actuels Vile, Disgorge, Severed Savior, Decrepit Birth ou Odious Mortem. Suite à son EP Gradually Melted sorti chez Wild Rags, le groupe décroche un précieux contrat avec l’écurie Repulse Records de Dave Rotten, qui envoie alors son nouveau protégé aux studios Moon Productions, en mars 1996, pour les sessions de son premier album, Trading Pieces.
Directement influencé par Incantation et Broken Hope, et surtout par Suffocation, Deeds Of Flesh délivre un death brutal & caverneux, exempt de la moindre touche mélodique. La batterie de Joey Heaslet alterne blast beats et rythmiques écrasantes, soutenant les riffs particulièrement suffocants d’Erik Lindmark. Trading Pieces marque également par la dualité de ses vocaux, sur le guttural épais et incompréhensible d’Erik, renforcé par les éructations éraillées de Jacoby.
Mais, bien que chaque titre montre une multitude de plans intéressants & techniques, à l’image des bons Carnivorous Ways & Acid Troops, Trading Pieces reste toutefois trop linéaire dans son ensemble, manquant parallèlement de puissance, faute à sa production trop étouffée. L’album bénéficie en revanche d’une version remixée et remasterisée, à l’occasion de la réédition d’Unique Leader de 2001, améliorant sensiblement le tout.
Sans révolutionner le brutal death de ses aînés, Trading Pieces reste en revanche un bon premier album, montrant déjà tout le potentiel de Deeds Of Flesh, satisfaisant sans problème les fans du trio californien. Par contre, l’hermétisme de son death métal laissera de marbre tous les adeptes de mélodies planantes et de belles paroles.
Fabien. 2008-03-03
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