METHADRONE
ERRONEOUS ENLIGHTENMENT (démo)
2004 chez Nothingness Records


Limited to 222 copies.

1. Dozer
2. Erroneous Enlightenment
3. Placebo
4. Contaminate
5. Affliction
6. Dextropropoxyphene


Svartolycka
Methadrone est un groupe à classer, à l’instar de Nadja dans le registre d’un drone-sludge monolithique et hypnotique. Cependant, cette (brève) comparaison s’arrête ici-même, car si le groupe américain peut, d’une certaine manière, se rapprocher de la musique d’Aidan Baker, Methadrone serait plutôt une némésis maléfique ou du moins plus agressive du Canadien.
Vestige d'un ancien groupe auquel officiaient déjà Greg Pillar et Randy Stock, ce nouveau groupe est le prolongement logique de ce qui était déjà en œuvre auparavant.

Surprenant, Methadrone l’est assurément. Décrire la musique du groupe n’est pas vraiment chose aisée. En effet, les compositions suggèrent un doom hybride à la sonorité pour le moins particulière, métallique et décalée. Le fait que la voix de Greg Pillar soit rauque renforce cet aspect, car, il faut le dire, Methadrone contient les règles fondamentales à tous combos de doom qui se respectent. Tempo très lent, sonorité en écho renvoyant un à « ailleurs », voix sépulcrale et ambiance éthérée en amont, le cahier des charges est rempli. Cependant, plusieurs écoutes font sentir que le « doom » de Methadrone n’est en fait qu’une toile passée en filigrane dans la structure des titres. Oui, les bases sont là, mais le groupe est en constant mouvement et recherche par-dessus tout une sonorité, un son singulier qui le fait sortir du lot. La raison, une absence totale de guitares remplacée ici uniquement par deux basses (Je précise que le groupe n’est en aucun cas pionniers en la matière, en effet, Necromantia travaillait ses morceaux avec la même matière) triturant infra-basses et échos déformants pour un résultant tout simplement bluffant.

Methadrone est, ni plus, ni moins qu’une recherche métaphysique ("Meth." et "Drone", faites l’assemblage) sur le son même (environnant, organique et mécanique). Les effets conjugués donne certes une charge plus agressive, mais surtout, parviennent à insuffler un caractère immatériel tout simplement immense. Il est d’autant plus ahurissant que l’on a cette impression innéfable et immersive de naviguer au milieu de paysages hivernaux au milieu d’une déformation métallique. Expérimentation sans borne, « Erroneous Enlightnment » vire à l’abstraction la plus totale par ces sons changeants sans cesse donnant ainsi le sentiment d’un étirement sonore prodiguant une intensité drone marquante… Jamais le sens du mot « drone » (bourdonnement) n’a été à ce point questionné…

Plus qu’un album, cet objet est au final une mise en abyme, un déplacement total, conceptuel et profond (voir existentiel) dont les sonorités hybrides (entre l’éthéré et le compact) hantent pendant longtemps, plongeant celui qui l’écoute dans une mer de sons tordus, sinueux et difformes…
Je ne sais pas quoi ajouter… ?
Jetez vous dessus ou bien… oubliez…

2006-03-26