BRUTALITY
WHEN THE SKY TURNS BLACK (CD)
1994 chez Nuclear Blast


1. When the Sky Turns Black
2. Race Defects
3. Awakenings
4. Electric Funeral (Black Sabbath Cover)
5. Foul Lair
6. Screams of Anguish
7. Esoteric
8. Artistic Butchery
9. Violent Generation
10. Shrine of the Master


Fabien : 14/20
Une année après le bon Screams of Anguish, Brutality retourne aux Morrisound Studios pour les sessions de son second album, remplaçant au passage le guitariste Jay Fernandez par Bryan Hipp. Fidèle au groupe, Nuclear Blast commercialise When the Sky Turns Black fin 1994, avec une illustration certes plus réussie que l’insipide du précédent disque, mais sans grande personnalité.
Dans la veine de son prédécesseur, When The Sky distille un death métal floridien certes traditionnel, à mi-chemin entre Monstrosity et Malevolent Creation, mais fichtrement bien exécuté. Jim Coker maîtrise parfaitement ses blasts et ses roulements, délivrant des rythmiques carrées, soutenant les riffs acérés de Dom Gates et Bryan Hipp. Enfin, Scott Reigel possède un guttural vraiment impressionnant, accroissant le dynamisme et la profondeur des compositions.

Composé par le trio Acres / Gates / Hipp, et brillamment mis en valeur par la production claire & massive de Jim Morris, When The Sky balance ainsi un death metal solide, aux morceaux puissants et équilibrés, à l’image des très bons Foul Lair et Shrines Of The Master. L’album contient également deux interludes acoustiques s’intégrant très bien à l’ensemble, ajoutant une atmosphère fine très appréciable. En considérant enfin son excellent instrumental (Violent Generation) et sa reprise judicieuse de Black Sabbath (Electric Funeral), When The Sky possède réellement de nombreux atouts pour convaincre.

Présent pourtant depuis 1986, Brutality ne connaît pas le succès de ses voisins Morbid Angel, Deicide ou Malevolent Creation, faute à ses albums parus trop en retard (le premier date 1993), à une époque où le death metal US cumule les stéréotypes et affronte déjà les prémices de son premier déclin. En effet, alors que la Norvège redéfinit les bases du métal extrême en 1994, avec l’explosion d’Emperor, Satyricon ou Immortal, Brutality distille quant à lui un death floridien de qualité certes incontestable, mais d'un conventionnalisme n’intéressant malheureusement plus qu’une poignée d’irréductibles deathsters.

Fabien.

2007-10-24