NAPALM DEATH
UTOPIA BANISHED (CD)
1992 chez Earache Records


1. Disordance
2. I Abstain
3. Demantia Access
4. Christening of the Blind
5. The World Keeps Turning
6. Idiosyncratic
7. Aryanisms
8. Cause and Effect (part II)
9. Judicial Slim
10. Distording the Medium
11. Got Time to Kill
12. Upward and Uninterested
13. Exile
14. Awake (To a Life of Misery)
15. Comtemptuous

Bonustrack (American Release)
16. One and the Same
17. Sick and Tired
18. Malignant Trait
19. Killing With Kindness
20. A Means to an End
21. Insanity Excursion



Fabien : 15/20
Suite au foudroyant EP Mass Appeal Madness de juillet 91, Mick Harris, leader de Napalm Death, décide de quitter le groupe et le monde du métal, pour se consacrer à Scorn, son projet solo. Orphelin, mais fermement décidé à poursuivre la route, le groupe de Birmingham recrute alors le batteur états-unien Danny Herrera, puis rentre aux Windings Studios en février 1992 pour les sessions d’ Utopia Banished, son quatrième full lenght, sortant trois mois plus tard.

Utopia Banished balance des titres death grind nerveux sur une rythmique survoltée, emmenée par les blasts de Danny, la basse saturée de Shane, les riffs acérés du duo Jesse / Mitch, et la voix bourrine de Barney. Depuis le terrassant Dementia Access de Mitch jusqu’à l’entraînant World Keeps Turning de Jesse, en passant par le redoutable Judicial Slime de Shane, Napalm Death montre une ferme intention de tout balayer sur son passage, et de confirmer sa place de leader du grind.

En ajoutant l’énorme production de Colin Richardson, qui dote le couple basse batterie et les guitares d’une épaisseur renversante, Utopia Banished déploie dès lors une violence dévastatrice, mais terriblement contrôlée. Néanmoins, le jeu puissant de Danny et les morceaux en eux-mêmes manquent parallèlement de subtilités, soulignant l’absence cruelle de Mick Harris, dont la finesse derrière les fûts et dans l’art de la composition permettait de transcender le bon en excellent.

Ainsi, ayant l’énorme tâche de succéder à l’intemporel Harmony Corruption, Utopia Banished assène un death grind surpuissant, dénotant l'inébranlable conviction de Napalm Death, malgré le départ de son leader. Toutefois, ne possédant ni la force, ni le caractère du précédent chef d’oeuvre, Utopia montre également un groupe dont la pérennité doit désormais passer par son renouvellement. Cette évolution nécessaire est déjà pressentie à l’écoute de Contemptuous, dernier titre de l’album, dont les accents industriels laissent entrevoir le côté expérimental du futur Fear, Emptiness, Despair, mais ceci est une autre histoire...

Fabien.

2007-09-25