Julien : 16/20 | Ce nouvel opus de Satyricon va-t-il faire couler un maximum d’encre? Voilà la question que je me pose. Il faut dire que les avis avaient sensiblement divergé lors de la sortie il y a deux ans de Now Diabolical et ça risque de continuer. Oui ce disque risque de ne pas plaire à tout le monde mais bon, j’aurais envie de dire que c’est le lot des albums qui sortent du chemin tracé par l’excellence, ici nous parlons bien évidement de Rebel Extravaganza et autres albums antérieurs. Reste que je ne vais pas bouder mon plaisir pour autant car ce disque m’a convaincu par une intensité de tous les instants et des inspirations comme seul Satyr peut en avoir.
Pour ce disque beaucoup de choses on changées. La volonté tendant à l’épuration a continué et cela ne va pas forcement plaire. Mais a contrario de Now Diabolical, cette épuration amène un coté glacial et martial à l’ensemble. La collaboration entre Satyr et Snorre Ruch (Thorns) a été très prolifique. La pochette annonce la couleur, nous ne sommes pas à la fête, nous sommes bien agenouillés devant une pierre tombale avec un corbeau qui nous surveille négligemment du coin de l’œil. L’ouverture se fait de façon très brutale, sans fioritures. Commando laisse se passer quelques secondes avant de faire place à une musique froide et prenante. L’atmosphère y est véritablement malsaine et c’est au regard de cela que ce disque diffère de son prédécesseur peut être trop light. Mais là ou ce disque excelle c’est au niveau de ses passages atmosphériques pesant, prenons l’exemple de The Wolfpack. Le break comportant une prédominance basse/batterie est bluffant. Dommage que ces initiatives ne soient pas plus présentes (mais en même temps trop de break, tue le break…). On retrouvera se type de passage un peu plus loin et de manière tout aussi intense. Le coté pesant est souvent marqué par des titres mid tempo comme Black Crow on a Tombstone. Impérial avec un Frost à la double tout en touché. Son son est très largement étouffé mais ce rendu est captivant, pour une fois qu’un trig ne vient pas tout gâcher. La lourdeur est également apportée par un coté lancinant de certains riffs comme sur Die by My Hand. Excellent, sans être pénible à la longue ce titre marque une lourdeur habile dans la construction du riff principal. Pour ceux qui n’avaient pas attendu la sortie de l’album et qui avaient acheté le magnifique EP de My Skin is Cold, vous serez surpris de la réorchestration de ce titre. Il y a des pistes de guitare supplémentaires et des samples assez indus en plus. Le résultat nous offre un titre presque neuf mais d’une qualité supérieur (enfin a mon avis). The Sign of the Trident est un titre phare. Prenant littéralement aux tripes, il vous fera passer un moment très nébuleux. Le titre qui suivra sera peut être le plus old school de tous. Court et froid, imparable. Reste Den Siste. En ouvrant le livret l’on constate la présence de nombreux cuivre et d’une piste de clavier. Magistral dans son interprétation, ces arrangements sont effilés comme une lame de rasoir. Un régal étant donné la lourdeur du titre, dont le riff assez simple martèle notre pauvre tête qui vient d’en prendre pour 40 minutes pesantes.
Pour la première fois le duo s’est exporté. Cet album est un produit made in USA. Sous la houlette de Joe Barresi (il a participé à des albums des Queens Of The Stone Age et ceux de Tool), nos norvégiens nous ont sortis un disque avec un son alliant la puissance au froid du nord. Les guitares sont froides à souhait avec une distorsion précise et pesante. La batterie est très bien mixé, sans trop en faire et sonnant de manière très organique (pour une fois). Etouffé, le son de cette dernière glisse tout au long de cet album apportant intensité sans abasourdir. Seul la basse aurait peut être méritée d’être un plus en avant mais rien de bien méchant. Reste le chant de Satyr, égale à lui-même. On aura même gagné en clarté ce qui n’est pas négligeable.
Un album de grande volé mais qui ne satisfera pas tout le monde. Personnellement j’apprécie cet album, mais après on peut le détester pour les mêmes raisons qui font que je l’apprécie. Reste qu’il y a quelque dans cet album qui ne laissera pas indifférent.
2008-11-12
|
|