Fabien : 15/20 | C’est début 1983 que les jeunes Dirty Rotten Imbeciles sortent leur premier album Dirty Rotten LP, un album de 22 titres pour moins de 18 minutes, vendu pratiquement sous le manteau, mais ne l’empêchant pas de se faire rapidement connaître. Puis, en 1987, l’album sort pour la première fois en format CD, couplé avec le EP Violent Pacification et deux inédits, exactement dans le même esprit, constituant ainsi une galette de 28 titres pour 25 minutes. Au passage, une nouvelle pochette est dessinée, conférant un côté plus métal au disque, lequel bénéficie cette fois d’une distribution européenne via Roadrunner.
L’album, à la croisée entre les mondes speed metal et punk, est un album typique de hardcore metal, précurseur de cette scène encore naissante à l’époque. Mais ce qui frappe le plus à sa sortie, c’est l’extrême rapidité et brutalité de l’opus; les rythmes sont les plus furieux que l'on peut trouver à l'époque, avec Eric Brecht à la batterie qui introduit pour la première fois le blast dans le monde de la musique, avant même Napalm Death et Repulsion (Eric Brecht a joué d’ailleurs un moment dans Death avec Chuck Shuldiner) ; ce n’est certes pas le blast tel qu’on le connaît aujourd’hui, mais l’aspect ultra tapageur est bien présent. En 1983/84, DRI est alors très vite catalogué comme le groupe le plus rapide de tous les temps ; l’histoire veut également que le Stage Diving (monter sur scène), à ne pas confondre avec le Slam (nager sur les gens), soit né lors des fameux concerts du groupe.
Dès le premier titre, l’excellent I Dont’t Need Society, l’avalanche de riffs, de blasts se met en place, sur une vitesse hypersonique, aussi bien musicalement que sur le débit des paroles de Kurt Brecht, qui hurle d’ailleurs plus qu’il ne chante.
Cet album furieux possède une fraîcheur et une énergie vraiment débordantes, les morceaux sont courts mais n’en sont que plus percutants, tandis que d’autres (un peu) plus longs, à l’image du culte Sad To be, sont aujourd’hui de véritables classiques.
Bon, la production est assez limite, avec un son d’album enregistré dans un garage, mais tout le feeling et la violence de l’opus sont bel et bien présents, conférant à l’ensemble cette énergie exemplaire.
Véritable album d’avant-garde en 1983, ce Dirty Rotten LP est un album culte, c’est une étape incontournable dans la longue histoire du métal ; pratiquement 25 ans après sa sortie, ses invitations aux pogos et headbangs les plus fous sont toujours intactes.
PS : Par la suite, DRI choisit une orientation plus métal, entre le thrash et le hardcore, qu’il nomme lui-même Crossover, terme qui deviendra très vite une qualification à part entière dans le monde métal.
Fabien. 2007-05-23
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