Fabien : 17/20 | Slayer se forme en 1982 à Los Angeles, autour de Jeff Hanneman & Kerry King, qui complètent rapidement le line up avec l’arrivée de Tom Araya puis de Dave Lombardo, jouant rapidement une musique résolument lourde & sombre, à l’image de Black Magic, premier témoin d’une évolution vers des contrées encore inédites. En parallèle d'une apparition sur la compilation Metal Massacre III, le groupe décroche un deal avec Brian Slagel, boss du très jeune label Metal Blade Records, débouchant sur les sessions de son premier album en novembre 1983. A sa sortie tout début 1984, Show No Mercy révolutionne alors le monde du métal, présenté par son label comme l'album le plus rapide et le plus heavy de tous les temps.
S’inspirant du heavy métal hybride de Venom, Slayer déboule en effet avec des titres accélérés et un son incroyablement massif. De plus, les compositions, articulées autour de riffs de guitares en accords mineurs, sur lesquels le chant vient ensuite se greffer, rompent avec les structures traditionnelles du métal, où les instruments accompagnaient la voix avant tout. Ainsi, l’essence même du speed/thrash métal est née, Show No Mercy étant considéré comme son véritable géniteur, aux côtés de Kill Em All sorti cette même année.
A l’image des britanniques de Venom, Slayer dévoile un concept et des textes sataniques ; la formation s’affiche d’ailleurs avec un maquillage noir autour des yeux, l’abandonnant toutefois quinze jours après la parution de l’album, mais gardant toujours un lien étroit avec Satan, plus par imagerie que par réelle conviction d’ailleurs.
Dès l’écoute du premier titre Evil Has No Boundaries, l’auditeur est soufflé, à l’époque, par une telle vitesse d’exécution et un son si heavy. Le jeu du jeune Dave Lombardo est lourd et complexe, mais aussi terriblement précis, apportant une puissance rythmique notoire aux guitares d’Hanneman et King, aux riffs tranchants & agressifs, et aux soli rapides & endiablés. Enfin, en ajoutant les cris de Tom Araya, Show No Mercy restitue au final une violence encore jamais atteinte, faisant fuir à l’époque nombre de hard rockeurs, comparant sa musique à un mur du son impénétrable.
Brutalité et vitesse sont certes bien présentes, mais chaque titre est pourtant parfaitement contrôlé, balançant nombre de riffs, de breaks, d’accélérations, rendant le produit extrêmement intense et varié, à l’image des terribles The Antichrist ou Black Magic, devenus des classiques absolus.
Sans s’affranchir encore pleinement de ses racines heavy, Slayer initie non seulement toute la scène thrash en cette fin d’année 1983, imposant une structure musicale et une violence encore inédites, mais aussi la scène black par son image ouvertement satanique. Show No Mercy se pose carrément en album clé des débuts de la scène extrême, aux côtés du Kill Em All de ses homonynes speed métalleux de Metallica.
Fabien. 2007-06-25
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