Fabien : 11/20 | Octobre 1995. Trois ans exactement après la sortie d’Acts of the Unspeakable, Chris Reifert et ses acolytes reviennent avec leur quatrième et dernière défécation sous le nom d’Autopsy, remplaçant au passage Josh Barohn à la basse par Clint Bower, transfuge d’Hexx, furieuse formation thrash death californienne.
Entre son nom, sa pochette et ses paroles ridicules, Shitfun décroche sans conteste la palme de l’album métal le plus crade, répandant une puanteur et affichant une désinvolture, qui n’invitent pas à prendre sa musique très au sérieux.
D’une durée record de 50 minutes, Shitfun lâche une vingtaine de titres death doom très caractéristiques au groupe, mais développés sur des structures relativement dépouillées. Bien que ses premiers titres soient assez marquants, à l’image du bon Deathmask, l’album se perd alors inévitablement dans des passages similaires, lui conférant sa grande linéarité. Les riffs de Danny Corralles et d'Eric Cutler sont certes percutants, mais atténués par une production décidément trop cradingue pour apporter le relief et l’épaisseur nécessaires.
Loin des atmosphères glauques et intenses dégagées sur les cultes Severed Survival et Mental Funeral, Shitfun est un album basique, ne contenant à ce titre rien de transcendantal. Autopsy conserve toutefois une identité très forte, délivrant un death doom parfaitement rôdé et reconnaissable entre 1000, plaisant à coup sûr aux fans du style gras et authentique du quatuor californien. Enfin, pour les inconditionnels, Autopsy continue son aventure sous le nom d’Abscess, sans Eric Cutler toutefois, mais dans la parfaite continuité du style nauséabond et désinvolte de Shitfun.
Fabien. 2007-03-26
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