metalpsychokiller : 18/20 | Dreamtide est un quinton nous venant d’outre Rhin et plus précisément de Hanovre, actif depuis 1990 et ayant déjà délivré deux premiers Cds « Here Comes the Flood » en 2001 et « Dreams for the Daring » en 2003 passés sommes toutes assez inaperçus faute de promotion conséquente. Ce 3ème opus « Dream and Deliver » parait promis quand à lui à un avenir plus que radieux pour diverses raisons dont la priorité marketing que lui offre AOR Heaven en cet été 2008.
Le line up du combo n’a subi pour sa part qu’une seule retouche, mais de taille. En effet, au côté du trident officiant aussi au sein du groupe hard-rock teuton « Fair Warning » ; à savoir C.C. Behrens le batteur, Thorsten Lüderwalt aux claviers et Helge Engelke le gratteux, se trouve toujours le superbe vocaliste Olaf Sonkbeil. Mais Ole Hempelmann (Thunderhead) le bassiste originel a lui levé le camp et son remplaçant n’est autre que … Francis Buchholz, le bassiste historique de Scorpions. Le hasard fait bien les choses pourrait-on penser. Mais en fait point d’histoire de sort et la finalité est beaucoup plus simple et logique puisque Senkbeil et Buchholz ont été membres de la bande d’Uli Jon Roth (encore un Scorpions) pendant plus de deux ans.
Dreamtide délivre un heavy/rock mélodique parfois teinté de prog aux arrangements catchy et aux superbes refrains. Le combo a une propension à exécuter des mélopées musicales de haute tenue, à ciseler des ambiances sur des tempos variés, qui est tout simplement jouissive. La pierre angulaire de cet édifice est la dualité et la complicité entre d’une part, les jeux guitaristiques d’Engelke engendrant de superbes riffs ou des solis, des dégoulinés de manche dignes d’un Randy Rhoads, d’un Yngwie Malmsteen ou d’un Roger Staffelbach. Et d’autre part la voix claire veloutée, chaude de Senkbeil qui use de son timbre jubilatoire sans jamais tomber dans la secte des castras.
En parallèle, les lignes organiques variées, de l’orgue « Hammond Sixties Sound » a des effets symphoniques plus modernes, rajoutent la « touche plus » et un côté emphatique et généreux. Concomitamment, le travail des chœurs, très présents ou en arrière plan, est soigné, et tient parfois presque du Gospel.
On obtient ainsi au final un hard rock mélodique empli de feeling, dont l’originalité et la variation dans les compositions bannissent toutes linéarités. Certaines plages oscillent certes vers Jon Bon Jovi telle « Same Star » ou la semi-ballade « Tell me how il feels », mais l’unicité reste de mise chez Dreamtide. Un « King of Scum » à l’ambiance indienne, un « Dancing when the Night Falls » suintant le Thin Lizzy et qui aurait pu être chanté par Phil Lynott, un heavy rock speedé « A Fools Crusade » ou bien encore « Your Beat » à l’intro chaloupé, aux consonances orientales et à l’ambiance syncopée ; à mon sens le meilleur titre de cette offrande.
Ce panel de créativité, de professionnalisme (on a affaire ici à des musicos ayant déjà roulé leurs bosses, doux euphémisme) et de louanges expliquent en partie pourquoi ce « Dream and Deliver » est entré directement en 14ème position dans les charts japonais, et je ne peux que vous donner un petit conseil : déduisez quelques euros de votre budget vacances et investissez-les dans cet opus, cela vous garantira une rentrée musicale réussie…
18/20 METALPSYCHOKILLER
2008-12-27
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