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Liste des groupes Hard Rock Y and T In Rock We Trust
LP, date de parution : 1984 - A And M Records
Style: Hard Rock

NOTE : 17/20
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Tracklist
1. Rock 'n' Roll's Gonna Save the World 04:39
2. Life, Life, Life 04:38
3. Masters and Slaves 03:58
4. I'll Keep on Believin' 03:50
5. Break Out Tonight 04:23
6. Lipstick and Leather 03:25
7. Don't Stop Runnin' 04:20
8. Your Love Is Drivin' Me Crazy 04:57
9. She's a Liar 03:34
10. This Time 05:36
Total playing time 43:20

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14 avis 1 17/20
Chronique
14 / 20
    samolice, Jeudi 24 Septembre 2015 parlez-en à vos amis  
Je t’aime. Moi non plus

Mai 1984. Trois albums – j’oublie volontairement les deux premiers parus dans les années 70 -, trois pépites. Pour le moment, Y&T fait un sans faute. Le groupe emprunte le chemin des scènes américaines avec Sammy Hagar puis Dio. En Europe, il accompagne Ozzy Osbourne. Aucun nuage à l’horizon. Sauf pour A&M Records, leur label, qui trouve que les ventes restent trop faibles.

Ah, décrocher la timbale, le pompon, le jackpot ou encore toucher le gros lot…

Il est probable qu’arrivé à un certain niveau de « professionnalisme », les groupes, au même titre que leurs labels, en rêvent souvent. Pour autant, certains sont prêts à employer tous les moyens qu’ils estiment nécessaires pour y parvenir – « non, nous ne ferons jamais de vidéo clip ! », ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? - quand d’autres ne souhaitent pas déroger à une ligne de conduite bien établie.
Vu de l’extérieur, il est facile de condamner les premiers et de louer les valeurs morales et l’intégrité des seconds. Je ne suis d’ailleurs généralement pas le dernier à agir ainsi. Néanmoins, à bien y réfléchir, la démarche des uns et des autres peut être considérée comme tout autant légitime si tant est que les concessions artistiques concédées par nos « vendus » restent dans une limite acceptable. Et c’est bien là tout le problème ! Qu’est-ce qu’une limite acceptable ? Chacune placera certainement le curseur à un niveau différent en fonction de l’histoire qu’il entretient avec le groupe concerné.

Pour ma part, j’ai avec le Y&T du milieu des années 80 une relation ambiguë : je t’aime. Moi non plus. Il aura suffit d’un grain de sable « commercial » pour venir gripper la mécanique affective. En effet, vous l’aurez compris, pour ce nouvel album, et pour la première fois de sa carrière, le combo s’installe ici clairement le cul entre deux chaises, une position pourtant bien inconfortable. Je le sais, j’ai essayé en écrivant ce texte.
La plupart du temps, a posteriori, les groupes rejettent la faute sur leur label. Y&T ne déroge pas à la règle. Selon Meniketti, le label veut alors booster les ventes du combo et lui propose avec insistance – lui impose quoi – de travailler avec un songwriter (Geoffrey Leib, et aussi Bennie La Barge sur deux titres), une première pour Y&T, qui s’en trouve un peu déboussolé. Excuse trop facile ? A chacun de se faire son opinion.

Toujours est-il que « In Rock We Trust » voit le jour le 30 juillet 1984.
La première chose qui saute aux yeux, c’est cette immonde pochette : une espèce de chevalier métallique, le « Silver Android », affublé d’un slibard violet du meilleur goût. Rock qu’il s’appelle ce tocard ! Pas prêt d’apparaître un jour dans un Marvel celui-là hé hé. John Dismukes, créateur des (bons) artworks des deux précédents albums, est pourtant toujours aux commandes. Son inspiration ( ?) lui serait venue à l’écoute du titre "Rock & roll's gonna save the world". Le robot sauveur du rock n roll. D’où le double sens du titre de l’album « In Rock We Trust ». Il aurait mieux fait d’avoir piscine ce jour-là l’ami Dismukes.

A ma grande surprise, ce putain de robot tout pourri fait un carton auprès des fans, les ventes de T-shirts explosent, à tel point que le groupe décide d’en faire son Eddie pour le live. 17.000 dollars plus tard, la créature est sur scène. Difficile, pour quiconque a déjà eu l’occasion de voir le groupe en concert récemment, d’imaginer Y&T user d’un tel artifice tant l’authenticité est aujourd’hui le maître mot de leur musique tout comme de leur attitude. Peut-on « espérer » revoir un jour le Silver Android ? Avec un peu de chance, non. Lorsque Joey Alves quittera le groupe en 1990, il demandera à conserver un souvenir et le récupèrera (sympa le cadeau les copains !). La suite est classique - même si je romance un peu - : Joey le file à un copain, qui le file à un copain, qui décède, dont la veuve le refile à un copain… Où qu’il est maintenant ? Nobody knows. Ouf, nous sommes sauvés.

Enregistré et mixé aux studios Fantasy à Berkeley, avec Tom Allom aux manettes, pour un rendu honnête sans plus - on est loin de la qualité de son travail sur « Screaming for Vengeance » deux ans plus tôt -, le combo est toujours emmené par le brillantissime chanteur/guitariste Dave Meniketti, si brillant qu’un certain Ozzy Obsbourne, pardon David, Ozzy Osbourne, lui a demandé d’intégrer son groupe deux ans plus tôt. Je me demande souvent ce qu’une telle association aurait pu donner.

Les réussites de ce disque ? Y’en a quelques unes, c’est certain. Que ce soit avec le rageur "Masters and slaves" - quelle superbe intro et quel solo ! -, hélas oublié des set-lists du groupe depuis fort longtemps, l’excellent "Lipstick And Leather" ou encore l’hyper groovy "Break Out Tonight !", nous sommes ici en terrain connu, tant ces titres sont représentatifs du Y&T « hard rock 100% pur jus » des précédents albums. Et comme par hasard, il s’agit là des trois morceaux que je préfère sur ce skeud.
Même si les titres ne parviennent pas autant à me séduire, terrain connu également pour "She ‘s a liar", à l’influence Van Halen assez évidente - enfin pour moi -, ce qui n’est pas non plus une première pour la bande à Dave. Je pourrai presque écrire la même chose de "Your love is driving me crazy", en évoquant néanmoins la rencontre de ZZ Top - écoutez le solo par exemple - et de Van Halen. Terrain connu toujours avec la ballade "This Time" durant laquelle le feeling de Meniketti fait des merveilles. On regrettera juste que le morceau ne s’emballe pas un peu à un moment donné pour en relancer l’intérêt.

J’ai en revanche les genoux qui grincent davantage avec la touche commerciale évoquée en début de chro, et qui se fait particulièrement présente sur des chansons telles que "Life, life, life", "I'll Keep On Believin" - Bon Jovi n’est pas loin - ou encore "Don't Stop Runnin'", avec ses chœurs très prononcés sur les refrains et ses mélodies, certes réussies, mais tellement orientées vers les radios US (cf. vidéo au bas du texte). Ajoutons enfin le titre d’ouverture, "Rock & roll's gonna save the world", qui malgré un refrain un peu cheesy dégoulinant passe pas trop mal. Mais dés lors que l’on se souvient que sur les skeuds précédents, "Hungry for rock", "Open Fire" et "Mean Streak" ouvraient le bal, y’a plus photo sur les velléités commerciales du groupe/label.

La plus grosse erreur de casting, significative à nouveau selon moi du choix du groupe de caresser les cages à miel dans le sens du poil, est l’absence du racé "Go for the throat" sur le lp d’origine. Composé lors des sessions de l’album, il est rangé au placard de manière incompréhensible. Il apparaitra pourtant, cherchez l’erreur, en version live sur l’album (live) qui suivra (« Open Fire ») ainsi que sur la face B – je rêve ! – du single "All American Boy", de l’album studio de 1985, « Down for the Count ». Sa présence sera également effective sur le lp du projet « Hear ‘N Aid » mené par le regretté R.J. Dio. Pour finir de parler d’un titre qui n’apparaît même pas sur l’album que je suis censé être en train de présenter, notons néanmoins que la version remastérisée de 2006, vendue sur le site officiel du groupe, inclue la version studio de ce titre. L’honneur est sauf et permet à cette réédition d’avoir une petite valeur ajoutée pour ceux qui possèdent déjà de précédentes versions.

Au final, et au-delà des réserves émises, ce disque reste d’un niveau plus que satisfaisant et mérite d’être quelque peu reconsidéré. Peut être aussi que, finalement, quand on aime, on pardonne plus facilement. Ou bien encore qu’avec l’âge je me fais de plus en plus sourd.

Au plan comptable, A&M records est très satisfait. L’album se hisse au plus haut niveau jamais atteint par le groupe dans les charts : 46eme au Billboard 200 et s’approche du statut « or » avec 450,000 copies écoulées rapidement aux States. On peut dire ce que l’on veut des responsables de labels, le fait est qu’ils savent souvent imposer leurs choix aux moutons du public ! Impossible alors d’imaginer que le groupe puisse faire machine arrière pour son prochain album. Problème : quand lui avance, moi je recule, comment veux-tu…




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