Vomitory est reconnu dans le monde du Death Metal européen, notamment de part grâce à sa musique gore extrême, ses riffs explosifs, des mélodies de guitares somptueusement lourdes la plupart du temps, et des fûts énormément fluides et bourrins. Formé en 1989 par Ulf Dalegren, ainsi que les frères Tobias et Urban Gustafsson, accompagnés du bassiste et vocaliste Ripper Olson à l'époque,
Vomitory a rapidement commencé à décrire et prouver un style assez simple, mais surtout d'une directive et d'une solidité hors du commun. Bourrin, oui, mais le groupe a toujours gardé un style assez répété et on a parfois une impression de déjà-vu, malgré la puissance de bulldozer en mode automatique dégagée par les Suédois. Autant leur premier album
Raped in Their Own Blood paraissait vraiment classique et manquant de pureté, que les suivants étaient un peu mieux réalisés, mais rien n'était à la hauteur des albums cultes de l'histoire du Death Metal, malheureusement. Jusqu'ici, disons que cela restait du bon Death Metal d'une brutalité extrême et saupoudré d'un growl fichant indéniablement les frissons lors de certains morceaux, mais cependant, rien ne fut à la hauteur des pionniers.
Pourtant,
Vomitory possède un potentiel inexorable et ceci, on ne peut pas le nier, loin de là. Certains groupes pourtant jouent un rôle peu important dans le Death Metal, notamment pour cause de manque d'inspiration et de précision. Tandis que
Vomitory fait ressortir une aura gore et négative, vous poursuivant lors de l'écoute de l'un de leurs albums, et la plupart du temps, le groupe va jusqu'au bout de ses idées pour la réalisation d'un album studio, ce qui se sent. Mais ces idées ne sont jamais renouvelées, et ceux-ci ressortent souvent les mêmes idées, ce qui crée alors cette impression de déjà-vu qui, personnellement, me traque. C'est donc pour cela que j'ai décidé de faire un rapprochement sur le cinquième opus des Suédois, qui s'intitule alors
Primal Massacre, sorti en 2004 chez le label Metal Blade Records.
Présentant pour cet album une pochette, comme d'habitude très gore et expressément diabolique, conçue par Juanjo Castellano (Qui a travaillé également pour
Anal Vomit et quelques autres petits groupes), dans ce cas, la musique de
Primal Massacre n'en demeurera pas moins. Comme à leur habitude depuis leur formation,
Vomitory nous sort un véritable concentré d'énergie et de puissance données par la musique en général, avec une touche de noirceur très prononcée par le growl inquiétant et percutant de Erik Rundqvist. Dès les premières secondes du riff suivant l'introduction du titre éponyme, nous serons une nouvelle fois fixé : cette ambiance destructice restera certainement présente tout le long de l'album. Alors oui, c'est une bonne chose. Mais la surprise n'est pas là, et c'est ce qui est dommage. Pourtant cet album a du bon, du très bon même.
Autant cet album peut paraître tout par moments extrêmement rapide et destructeur («
Autopsy Extravaganza » ou encore l'excellent titre éponyme, comme cité plus haut), autant celui-ci peut être plus technique, un rythme étant d'une grande intensité de temps à autres (L'énormissime «
Demon's Divine », par exemple).
Primal Massacre possédera même des riffs simples, dominés par les coups incessants de double grosse caisse en arrière plan, qui donneront une atmosphère diabolique et des plus gores de tout l'album, et ceci, « Stray
Bullet Kill » en est le parfait témoin, celui-ci comportant un poil moins de chant que les autres titres, pour quelques moments consacrés à la musique et à quelques solos donnés par les guitares, ou simplement des breaks d'une directive toujours aussi prononcée et appuyée.
Vomitory signe ici un nouvel album dans sa discographie, certes sans la moindre surprise au départ, mais qui finira par être tout de même qualifié de bon album, puisque
Primal Massacre possédera un peu plus de variation que les autres albums, à mon gout, du moins. Après, on pourra toujours reprocher aux Suédois ce petit manque de précision pour certaines mélodies de guitare, notamment lorsque celles-ci accompagnent les blast-beats, car, on peut dire que le nombre de notes sera tellement élevé qu'on aura une petit impression de fouillis. Mais dans sa grande globalité, l'album vaut le coup d'être écouté, et réécouté, surtout lors des moments de rage, ou par simple envie de se défouler un bon coup.
Vomitory a encore grandi depuis ces années, et continue de nous marteler la face avec ses opus explosifs.