PORTAIL : SPIRIT OF METAL | SPIRIT OF ROCK
login :
Inscription   Pass perdu ?   
 
Liste: # A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
  
Liste par genre  
Liste des groupes Thrash Metal Voivod War And Pain
CD paru en1984 - Metal Blade Records
Voivod : War And Pain, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 17/20
Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Voivod
2. Warriors Of Ice
3. Suck Your Bone
4. Iron Gang
5. War And Pain
6. Blower
7. Live For Violence
8. Black City
9. Nuclear War

modifier l'album  imprimer cet article
possédé par 38 membres Album suivant
ajouter une chronique Album précédent
NEUF
Chronique
15 / 20
    barback, le Mardi 23 Septembre 2008 parlez-en à vos amis  
Si le terme "culte" n'était la propriété que d'un seul groupe metal, ce serait pour ma part sans conteste pour Voivod, tant son influence a été importante dans le metal et au delà. Allez demander aux groupes de grunge et pseudo rebelles "j'en-ai-marre-de-ma-life-qui-craint" qui sévissaient près de Seattle, d'où viennent les dissonances hypnotiques qui les faisaient vibrer en pleine montée d'acide et qui parsemaient leur disque, tiens. Toujours est il que le groupe n'a que très rarement ramassé les fruits d'un éternel effort, avec des ventes souvent maigres, des splits, et plus récemment le sympathique et doué Piggy qui s'en est allé un peu plus près des étoiles. A croire que le destin s'est toujours acharné sur le groupe aux pochettes affreuses mais au message subtil, le groupe possédant le plus gros capital sympathie du thrash et voire même du metal.

Voivod se forme en 1982, à Jonquières au Québec et s'articule autour du charismatique Denis "Snake" Bélanger et comprend alors Denis "Piggy" D'amour, Michel "Away" Langevin et Jean Yves "Blacky" Thériault. Le groupe est la réponse canadienne immédiate à l'armada thrash qui opère en Californie. Ils se font remarquer en 1984 sur la compilation Metal Blade, Metal Massacre, Ô combien culte vu le nombre d'enfants métalliques qu'elle a engendré, alors que bon nombre d'entre nous, dont moi, étaient encore accrochés à leurs Pampers. Compilation où l'on verra d'ailleurs d'autres futures pointures comme Overkill et Metallica (vraiment utile de le préciser?). Très vite le sacro saint Brian Slagel, boss de Metal Blade, leur propose un deal et sort dans la foulée War And Pain.

Dès leur premier album les québécois imposent un thrash biscornu et gluant. On voit déjà bien sur chacun des morceaux la patte Voivod qui se dessine à l'horizon ; une voix passée au papier de verre, des mélodies rampantes, des riffs lourds et tranchants, des dissonances rouillées, une batterie martiale, des constructions alambiquées noyées dans une atmosphère post-nucléaire, le tout joué avec la fougue juvénile des débuts, c'est à dire à fond, à l'arrache et sans fioritures, sur une production "vintage" comme il faut, cradingue, graisseuse et dégoulinante, qui colle parfaitement avec cette sensation malsaine d'être entouré de charognes sur pattes cherchant leur pitance dans les viscères de macchabées. Un mélange de punk, de hard, de heavy, de rock'n'roll et de concept atomique. Ce concept si cher à Away qui atteindra son apogée avec la trilogie Killing Technology-Dimension Hatröss-Nothingface. Des cris d'agonie de Snake sur War And Pain aux rythmes suspendus de Nuclear War en passant par les riffs abrasifs de Warrior Of Ice et les solos incisifs de Suck Your Bone, Voivod déconcerte l'auditeur avec son Thrash apocalypto-destroy-roots qui fait fondre les tympans.

Les gars de Voivod ont une vision bien à eux de la musique, pas du simple thrash rentre dedans comme ça pouvait se faire de l'autre côté de la frontière,non. Les canadiens mélangent pêle-mêle Motörhead, Venom, Mad Max, science fiction et nous plongent dans les entrailles d'un monde dévasté où la chair humaine a remplacé le bitume et où l'hiver nucléaire s'est substitué à l'automne, au printemps et à l'été. Une musique qui laisse transpirer des ambiances poisseuses de fin du monde peuplé d'humanoïdes décharnés, tronçonnés de riffs mal dégrossis le tout atomisé de roulements de tambours infernaux dans un décor de carcasses rouillées, de charnier fumant à ciel ouvert et dans une odeur putride et nauséabonde de viandasse faisandée.

Entouré de plaintes languissantes, perdu dans un maelström sonore de cloches funèbres, on erre au gré d'un solo dans un dédale de corps rongés et calcinés, où l'on croise de temps à autres une bande de lépreux en train de se disputer les restes nécrosés d'un pauvre quidam. Ça fleure bon la mort et le cadavre irradié qui se liquéfie doucement. Rarement un groupe nous avant plongé aussi loin dans un monde de désolation humaine, enfer des corps, désert de l'Existence.

Contrairement à bon nombres de groupes, Voivod s'est trouvé dès le premier album avec ces sonorités si particulières et cet univers si singulier qui feront de lui à jamais un infatigable soldat du metal qui forcera le respect de toute la communauté métallique et au delà...

War And Pain ou le début de l'Apocalypse selon saint Voivod.

Rip Piggy (1959-2005)

Barback







Bookmark and Share


5 commentaires
Spirit of Metal Webzine © 2003-2009 ‘Made by Metal’ Contact - Plan du site - Liens