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Virgin Steele The Marriage of Heaven and Hell - Part Two
Album, date de parution : Décembre 1995 - T+T Records
Style: Heavy Metal

NOTE SOM : 18/20
Toutes les notes : 17/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. A Symphony of Steele
2. Crown of Glory
3. From Chaos to Creation
4. Twilight of the Gods
5. Rising Unchaned
6. Transfiguration
7. Prometheus the Fallen One
8. Emalaith
9. Strawgirl
10. Devil / Angel
11. Unholy Water
12. Victory Is Mine
13. The Marriage of Heaven and Hell (Revisited)

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18 avis 2 17/20
Chronique
19 / 20
    AlonewithL, Dimanche 16 Juin 2013 parlez-en à vos amis  
Un magnifique bébé.

On dit des gens mariés que leur mariage a été le plus beau jour de leur vie. Que pourrait-on dire alors de la naissance de leur premier enfant ? Un événement qui amène un bonheur incommensurable au couple et à la petite famille autour. Après un mariage, on espère un bébé. La création se retrouve alors au service de l’épanouissement. Il en est ainsi également de la création artistique, et davantage encore de la deuxième partie du cycle des « The Marriage of Heaven and Hell » de « Virgin Steele ». Sans tenir compte du très atypique « Life Among the Ruins », la première partie de ce cycle commencé fin 1994, avait laissé entrapercevoir un changement dans le style du groupe new-yorkais. Le heavy metal céderait de plus en plus de champ aux mélodies pimpantes et gracieuses des claviers de David DeFeis. C’est aussi en partie vrai pour la seconde partie, sortie en 1995 et réalisée dans les mêmes studios de Media Recording à Long Island. D’une œuvre romantique par essence, nous passons à une autre plus « académique ». Les « Sabines » de Jacques –Louis David aurait-elle bénéficiée d’une interprétation musicale près de 200 ans plus tard? « The Marriage of Heaven and Hell Part Two » est le monument parfait du heavy épique.

Si on fait abstraction des phénomènes ambient que sont « Arditi » ou « Triarii », rares sont les œuvres musicales incarnant autant l’esprit de conquête et la nostalgie de l’Empire Romain. « Virgin Steele » était déjà réputé pour cet attachement à l’univers antique, mais voilà que le groupe se décide à traduire pleinement ce lien en musique. Cela nous emmène à l’ambiance olympienne et aux sonorités cuivrées de péplum de l’entame d’ « A Symphony of Steele ». Ces préparatifs nous propulsent dans une époque guerrière, où la témérité et la discipline sont de mise. Les cohortes parfaitement alignés de légions vont se mettre en branle et livrer bataille. A l’appel des trompes de guerre, guitare, batterie et chant déboulent dans l’ivresse de l’affrontement, dans une hargne sans pareille. De la profusion de coups, des riffs et de la voix sous pleine tension va naître une tuerie absolue. Plus épique tu meurs. « Crown of Glory » se différencie d’« A Symphony of Steele » par son approche. Son entrée s’illustre de la plus belle des manières, dans une exposition féérique héritée au premier album des « The Marriage of Heaven and Hell ». Mais nous aurons, presque comme une habitude, une montée en puissance de riffs accrocheurs et du chant de David. Le titre est lui aussi exceptionnel, mêlant intelligemment le raffinement à des riffs musclés. Ils se sont d’ailleurs permis d’inclure des cuivres, histoire d’intensifier encore plus la matière. La symphonie fait une entrée en fanfare dans la musique metal courant des années 1994-95, bien que l’on ait eu déjà quelques signes précurseurs quelques années auparavant.

« Virgin Steele » n’en néglige pas pour autant son heavy metal. Il aurait même repris un certain sursaut si on se fie au précédent effort du groupe, qui l’avait exprimé de façon plus parcellaire. En brillant exemple on retiendra « Rising Unchained » et son redoutable jeu de guitare. Edward Pursino est bien décidé à nous faire partir en vrille. Il s’inclinera posément en toute fin avec une acoustique, dans la plus belle fibre andalouse. Niveau heavy metal prenant aux tripes, ne négligeons pas non plus les virils et attachants « Twilight of the Gods » et « Victory Is Mine ». Le premier est surtout marquant pour son solo de guitare agressif et direct ; le second, pour son étonnante régularité rythmique. S’il faut souligner ces titres où figure, prédominant, l’instrument tenu par Edward Pursino, c’est que de nombreux titres de l’album donnent une part assez significative aux claviers de David. Cela est naturellement vrai pour les tendres ballades « Transfiguration » et « Strawgirl », qui nous ramènent en fin des années 80, en grande partie pour leur côté kitch et sirupeux. On en fera état sans la moindre surprise aussi sur l’instrumental « From Chaos to Creation ». Les riffs y figurant dégageraient toutefois une aura énigmatique des plus intimidantes. La piste se révèle une excellente transition entre deux titres de nature différente : « Crown of Glory » et « Twilight of the Gods ». Nous pouvons voir là une partie de la traduction de la vision édulcorée du cycle des « Marriage ». De plus la formation a prévu une version « revisited » de son éponyme figurant en conclusion du « The Marriage of Heaven and Hell Part One ». Celle-ci est néanmoins plus courte que l’originale. Le piano comme la guitare s’y trouvent moins prononcés.

Non ! Davantage encore que ces petits morceaux, certes sans anicroches, les claviers auront leur instant d’apothéose sur des titres beaucoup plus longs sur la durée et au déroulement progressif. Ce qui ne veut pas dire que les autres instruments seraient réduits au silence. Bien au contraire, on accorderait une place à divers éléments afin de rendre transcendant un génial et évasif « Prometheus the Fallen One ». Celui-là mérite que l’on s’y attarde. Le morceau se compose en différentes phases. Il est donc très riche, d’abord pour ses ambiances, tantôt arabisantes, tantôt féériques. Sur le break, nous aurons même la surprise de confondre le chant de David DeFeis avec celui du non moins célèbre Eric Adams de « Manowar ». « Prometheus the Fallen One » est une réelle invitation à la méditation et au plaisir, tout comme « Emalaith ». Il lui d’ailleurs est assez proche (parce que l'on y retrouve notamment le batteur Frank Girlchriest venu prêté son concours). L’évolution y serait juste un peu plus progressive. Ce qui retient au départ c’est la crispation mélancolique et constante de la guitare qui met la piste sous tension et rend tout relâchement inédit, splendide. Le débit s’accentue méthodiquement. C’est la grande force de ce morceau resplendissant, aux airs positifs. Ces dernières qualités imbibent le très kitch « Unholy Water », qui jouit d’une excellente guitare rythmique, venue jouée les perturbatrices tout le long de la piste. Le style du morceau, enrobé de mélodies mielleuses, est proche du hard rock. Il sera question derechef de ce genre sur « Devil/Angel », mais dans un esprit endiablé, corrosif, fougueux et excitant. Le groupe s’éprend totalement et nous n’en perdons pas une miette. « Virigin Steele » est capable de briller dans beaucoup de registres. Il aura été fantastique du début à la fin sur cet album.

Nombreux sont ceux qui vont accourir voir la belle progéniture de « Virgin Steele ». « The Marriage of Heaven and Hell Part Two » est un magnifique bébé. Les parents peuvent en être fiers. Voici le plus beau don offert à des êtres vivants, l’accomplissement d’un amour partagé. Le groupe américain offre à plusieurs générations de metalleux, sans doute, son ouvrage le plus poussé et le plus déterminant de sa carrière, celui qui couronnera d’une couronne de lauriers ou d’épines un heavy metal épique, promoteur d’un heavy mélo/symphonique qui s’emparera du monde. Le sang versé à la lutte, à la tâche, celui produit par la souffrance et les cris, ne renvoie pas forcément à la mort, mais dans le cas d’une naissance, à la vie.

19/20




2 Commentaires

Chronique
17 / 20
    dark_omens, Vendredi 18 Avril 2014 parlez-en à vos amis  
Riche et nuancé mais aussi épique et subtil, l'art, et l’univers particulier de ce groupe, demeure poignant...

Le premier verset de la trilogie The Marriage of Heaven and Hell des américains de Virgin Steele, bien qu’empreint de certains défauts, marquait la naissance d’un genre symphonique, du moins de l’esprit de ce mouvement, alliant le Heavy à la musique classique. Cette ébauche, encore timidement esquissé dans son résultat, comportait, déjà, toute l’ambitieuse conviction de son maître artisan le plus remarquable, David DeFeis.

Bien évidemment, le terme ‘‘symphonique’’, telle qu’il est admis aujourd’hui, peut sembler un adjectif quelques peu impropres à décrire la musique de ce triptyque. Pour autant l’aspect épique et mélodique, âpre et suave mais aussi rugueux et doux marié en un cri d’un romantisme barbare (‘‘A barbaric romanticism’’, comme aime à le définir lui-même le principal compositeur de ce groupe) de cette musique est indéniable. De plus, les éléments théâtraux qui viennent l’enrichir, la transcendant en une véritable œuvre tragédienne, en font une expression dont le lien de parenté avec ces musiques orchestrales Metal contemporaines est évident.

Dans ce second tiers, sobrement intitulé The Marriage of Heaven and Hell part II sortis en 1995, la démarche conceptuelle de Virgin Steele n’aura guère changé. Toujours enclin à défendre une vision plus exaltée que sur ses œuvres de jeunesse, il nous y propose un Heavy Metal mélodique grandiloquent qu’il déclame en l'enluminant à l’aide de ces éléments, de ces instruments, lié aux musiques classiques. En une fresque homérique superbe, il dépeint, donc, des tableaux magnifiques dans lesquels il célèbre la mythologie avec un goût prononcé pour les épopées héroïques.

Si le métissage entre la rudesse du Heavy et la délicatesse de couplets né d’instruments philharmoniques peut paraître ambitieux, le résultat obtenu ici est mémorable. Des titres tels que le splendide A Symphony of Steele dont le préambule orchestral instaure un climat propice à cet enchainement plus exalté dans lequel, coutumier du fait, David DeFeis rugis magnifiquement, ou encore tels que le superbe Crown of Glory, mais aussi, par exemple, tels qu’un lancinant et entêtant From Chaos to Creation instrumental anticipant un merveilleux Twilight Of The God ne peuvent décemment pas altérer ce plaisir jubilatoire qui nous étreins à l’écoute de cette œuvre. Prometheus the Fallen One et ses atmosphères orientales et Emalaith parviennent même, quant à eux, à élever cette réjouissante allégresse en des cimes plus satisfaisante encore tant ils sont somptueux.

La perfection serait-elle de ce monde ?

Balayant les défauts de production du précédent opus, de The Marriage Of Heaven And Hell Part II ne peut, malheureusement, pas prétendre à un tel constat d’idéal incontestable. L’incroyablement furieux et véloce Devil/Angel, dans lequel l’aspect artistique solennel défendu jusqu’alors est totalement absent, vient entacher cet opus. Parfaitement saugrenue ce morceau d’un classicisme qui semblait étranger à Virgin Steele est, de surcroît, entouré de deux autres clairement moins séduisants. Si le premier, Strawgirl, est une aubade intimiste pas totalement inintéressant, le second, Unholy Water est un morceau lent parfaitement dispensable. De plus l’enchaînement de ces trois chansons moins inspirées, plonge l’auditoire dans une dangereuse torpeur. Fort Heureusement cette hébétude prend fin dès les prémisses d’un excellent Victory Is Mine, nous ramenant immédiatement vers ces plaisirs quelques peu assoupis, ressentis jusqu’alors.

Malgré ces quelques imperfections excusables, cette œuvre confirme donc que l’engouement né après le premier volet de cette trilogie ne fut pas usurpé. Parvenant à extraire Virgin Steele des abysses ténébreux dans lesquelles il fut trop souvent confiné, l’œuvre révèle, aussi, admirablement, les talents de composition de ce groupe. Riche et nuancé, épique et subtil mais aussi agressif et raffiné, l'art, et l’univers particulier de ce groupe, demeure poignant.




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