Vous aimez la subtilité ? Les belles mélodies qui font rêver ? Les concepts originaux et aboutis ? Oups, alors vous vous êtes sans doute trompé de page !
Venom n'est rien de tout ça : ici, il n'est question que de satanisme, de riffs sans fioriture qui envoient du bois comme il se doit, d'une voix éraillée... Car il s'agit bien ici d'un groupe qui, non content de jouer un Thrash qui ne s'encombre pas de superflu, a en plus influencé la scène Black toute entière, rien que ça ! Contre vents et marées, le groupe a poursuivit sa carrière des années 80 jusqu'à aujourd'hui et leur titre du dernier album donne tout de suite le ton :
Hell.
Alors d'accord, le groupe nous a offert des moments mémorables au début de sa carrière, mais il est de notoriété publique que la suite a été moins glorieuse... Cet album tient-il la route ? Tout à fait.
Les Anglais n'ont pas fait les choses à moitié : la production est très bonne et quand on se rappelle de ce qu'ils en pensaient il y a 20-25 ans, cela peut surprendre. Aux personnes qui s'inquiètent de ce changement, je ne citerais que le nom d'un de leurs albums :
Possessed. Soudainement, une bonne production vous paraît très pertinente pour
Venom... Bizarre, non ? Quoi qu'il en soit, cette approche de la musique leur réussi bien et chaque instrument est bien mixé par rapport aux autres et sont audibles bien comme il faut.
Mais quid des compositions ?
Venom reste
Venom : les subtilités ? Connaît pas. Les constructions alambiquées ? Inconnues au bataillon. Le groupe veut tout simplement que l'auditeur secoue sa tête et à vrai dire, il s'en tire honorablement. Le manque de recherche pourrait rebuter certains, mais pour ceux qui se prêtent au jeu, l'album réserve de bon moments ( "Staight to
Hell", "
Kill the Music"... ) Il est cependant regrettable que la magie opère plus difficilement à partir du milieu du disque, mais il vaut tout de même la peine qu'on y jette une oreille.
Qui plus est : l'album possède l'atmosphère qu'on est en droit d'attendre du groupe. La production modifie l'ambiance de
Venom mais sans la dénaturer. Il manque simplement le côté underground des premiers albums, remplacé par une forme de violence plus présente qu'auparavant. Du reste, il reste ce ton sombre et sinistre qu'on aime chez eux.
Satan est toujours là, l'enfer et tous les clichés y passent. Là encore, certains reprocheront le manque d'originalité pendant que les autre rigoleront en entendant chanter que les États-Unis sont une nation sataniste.
Venom, s'il n'apporte rien d'extrêmement nouveau à la scène, reste plus ou moins dans la tradition de ce qu'il a toujours su faire. Le résultat est très agréable, nous offre notre dose de satanisme de supermarché quotidien et nous donne envie de se repencher sur le reste de la carrière du groupe puisqu'on y est. Un bon album.