Calm Before the Storm

Liste des groupes Thrash Metal Venom Calm Before the Storm
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Nom du groupe Venom
Nom de l'album Calm Before the Storm
Type Album
Date de parution 07 Novembre 1987
Labels Filmtrax
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album103

Tracklist

Also Know as "Metalpunk", "Under The Spell" and "Beauty and the Beast".
Re-Issue in 1987 by Soundwings with a different name & cover.
1. Black Xmas 02:57
2. The Chanting of the Priests 04:25
3. Metal Punk 03:24
4. Under a Spell 04:09
5. Calm Before the Storm 04:14
6. Fire 02:42
7. Krackin' Up 02:15
8. Beauty and the Beast 03:49
9. Deadline 03:17
10. Gypsy 02:25
11. Muscle 02:43
Total playing time 36:20

Chronique @ PhuckingPhiphi

08 Novembre 2014

Une honnête galette de Heavy Metal pas très fine, mais plutôt sympathique.

En 1987, Venom ne faisait plus peur à grand-monde… Après un "Possessed" passablement bâclé — et logiquement éreinté par la critique — et le départ d’un Mantas visiblement de moins en moins concerné par l’affaire, la barque de ce qui était encore trois ans auparavant le groupe le plus sulfureux de la planète semblait prendre l’eau de toute part : des ventes en berne, un nouvel album, “Deadline”, mort-né du fait de la désertion du guitariste, des querelles internes de plus en plus envahissantes… Pour ne rien arranger, de nombreuses formations beaucoup plus extrêmes et techniques que le trio anglais avaient entretemps vu le jour – Slayer, Megadeth, Exodus et bien sûr Metallica, pour ne citer qu’eux –, et le roi d’antan, qui les avait pourtant toutes inspirées, faisait désormais piètre figure auprès de cette jeune garde du Speed/Thrash Metal triomphant. Pire, les premiers rejetons d’un nouveau genre, le Death Metal, commençaient à faire parler d’eux, repoussant encore plus loin les limites de l’agression musicale et de l’imagerie blasphématoire, menaçant ainsi de faire définitivement passer la bande de Newcastle pour de vieux ringards sentant la naphtaline. Bref, pour Cronos (basse et chant) et Abaddon (batterie), il semblait urgent de se ressaisir, faute de voir l’entreprise tourner au naufrage pur et simple.

Pour palier au départ du guitariste historique, ce ne fut non pas un, mais deux remplaçants qui furent engagés : l’américain Mike Hickey et l’anglais Jim Clare, faisant ainsi passer le groupe, à l’instar de Motörhead quelques temps plus tôt, du statut de trio à celui de quatuor. De plus, il fut décidé d’apporter cette fois-ci davantage de soin tant à la production qu’aux compositions, afin de ne pas renouveler l’expérience malheureuse de "Possessed". Les thèmes abordés, dans un salutaire soucis de renouvellement, laissèrent quelque peu les diableries des précédents opus de côté pour aborder par moment un fantastique plus conventionnel, évitant ainsi au groupe de sombrer plus avant dans l’auto-caricature. Enfin, même la pochette, d’une surprenante sobriété (un éclair dans un ciel nocturne, le tout cerné d’une bordure blanche), achevait de convaincre l’observateur attentif – si tant est qu’il en restait encore quelques-uns à l’époque – qu’un nouveau Venom était en train de naître.

Que penser, donc, de ce "Calm Before the Storm", cuvée 1987 d’un combo bien décidé à reconquérir une couronne tombée aux mains de jeunes usurpateurs ? Première constatation, le son concocté par le producteur Nick Tauber (UFO, Thin Lizzy, Marillion, Girlschool…) est en effet bien meilleur que la bouillasse chaotique dont nous avions été gratifiés sur "Possessed". Ho, certes, nous sommes encore loin des grosses productions Thrash de l’époque, mais les différents instruments sont à peu près bien en place et distinctement audibles, ce qui, pour Venom, n’est pas loin de constituer une première. La fameuse basse de Cronos claque correctement, Abaddon a visiblement un peu bossé son instrument (bon, on reste à des années lumières de ce qu’un Dave Lombardo balançait à la même époque, mais après la prestation embarrassante de l’album précédent, c’est un gigantesque pas en avant) et l’ajout des deux guitares enrichit indéniablement l’ensemble de subtilités (le terme est un peu fort, je l’admets) inimaginables jusqu’ici. Attention, ne vous attendez pas à un duel Satriani versus Malmsteen pendant les solos, mais force est de reconnaître que la paire Hickey/Clare apporte tout de même une finition et une maîtrise aux six-cordes dont Mantas semblait résolument incapable, du fait de ses limites techniques ou d’un certain j’m’en-foutisme. Et, surprise improbable, Cronos s’essaye même par moment à moduler sa voix, ne se contentant plus de beugler comme un damné du début à la fin mais adoptant parfois une forme primitive de chant.

“Black Xmas” ouvre les hostilités sur un tempo assez rapide et un riff bien lourd, suivi de couplets et de refrains classiques mais efficaces, avant d’envoyer un premier solo tout à fait présentable. “The Chanting Of The Priests”, étonnamment mélodique pour du Venom, voit Cronos opérer ses premières tentatives de chant, pour un résultat certes un peu risible, mais finalement assez touchant. "Metal Punk” fait quant à lui parler la poudre avec sa rythmique à la double-pédale qui ferait presque oublier la tentative honteuse de "Powerdrive” sur l’album précédent (quand on vous dit qu’Abaddon a bossé…), et n’est pas sans évoquer un Motörhead de la grande époque (oui, la classe en moins, mais quand même). "Under the Spell” continue dans une veine “motorheadienne” similaire, avant que n’arrive le morceau-titre de l’album : ”Calm Before the Storm”. Celui-ci, comme "The Chanting Of The Priests” avant lui, s’avère assez symptomatique de ce Venom nouvelle version, avec son refrain accrocheur et son style général plus abordable (plus commercial diront les mauvaises langues). "Fire” repart à l’attaque avec son riff guerrier et son tempo agressif, pour un résultat qui, à défaut d’être original, parvient à faire preuve d’une certaine efficacité, voire à titiller les cervicales du métalleux indulgent. Constat identique pour un “Krakin Up” qui, néanmoins, pêche rapidement par un refrain trop routinier, après un début pourtant prometteur. ”Beauty and the Beast” vient rejoindre ”Chanting…” et “Calm…” au rayon des titres plus mélodiques sur lesquels Cronos fait de son mieux dans les modestes limites de son registre vocal, pour un résultat il est vrai assez quelconque, malgré l’inévitable voix féminine censée faire contraste avec les grondements de l’animal. ”Deadline” (nom initialement prévu pour l’album) poursuit dans une veine pas très inspirée, avant que “Gypsy” ne vienne secouer l’auditeur par sa rythmique locomotive et un ou deux solos bien envoyés. Enfin, le totalement crétin et donc fort jouissif ”Muscle”, presque groove par moment, vient clôturer le disque sur une note relativement farfelue, tandis que Cronos, tout en modestie, déclare sa flamme de manière tout à fait particulière à la gent féminine.

Hélas, malgré ses bonnes intentions et sa volonté louable de renouvellement, Venom ne parvint pas à inverser la vapeur avec cet album, et "Calm Before the Storm” fut un nouvel échec commercial. Toujours trop bourrin pour les amateurs de NWOBHM traditionnelle et déjà plus assez extrême pour séduire les jeunes headbangers partis chercher leur dose de décibels du côté du Thrash allemand, de la Bay Area et des studios de Tampa, Venom se retrouvait le cul entre deux chaises et, au bout du compte, finit de décevoir les derniers de ses fans originels. Conscient que les glandes à venin de la créature qu’il avait lui-même contribué à engendrer venaient probablement de cracher leurs dernières gouttes, Cronos préféra jeter l’éponge et partit de son côté poursuivre sa carrière solo, non sans embarquer les deux six-cordistes de "Calm Before the Storm” dans l’aventure. Quant à Abaddon, resté seul à bord, il finira par retrouver Mantas deux ans plus tard et montera alors une nouvelle incarnation de Venom avec un autre line-up, sans plus jamais renouer avec le succès d’antan. Il faudra attendre 1995 et l’éphémère reformation du trio original pour que Venom retrouve un peu de son lustre passé, mais ceci, comme dirait l’autre, est une autre histoire… Ironie du sort, alors que "Calm Before the Storm” fut en son temps le disque le plus musicalement abouti de la discographie de Venom, il fut également celui qui sonna définitivement le glas de ses années fastes. En attendant, même s’il demeure certainement l’un des albums les plus méconnus du combo infernal, il n’en reste pas moins une honnête galette de Heavy Metal, certes pas très fine mais qui, plus d’un quart de siècle après sa sortie, se révèle en fin de compte plutôt sympathique. Ça sera donc un bon petit 14/20 pour moi.

N.B. : Alors que le CD d’origine, à la couverture inexplicablement reteintée en rouge par rapport au vinyle, est devenu introuvable, "Calm Before the Storm” est disponible dans de nombreuses versions plus ou moins officieuses et parfois sous des titres alternatifs, parmi lesquels “Metalpunk”, ”Beauty and the Beast” et ”Under The Spell”. Les couvertures de ces éditions sont toutes plus immondes les unes que les autres, mais sauf erreur de ma part, la liste des titres demeure heureusement identique.

8 Commentaires

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PhuckingPhiphi - 20 Novembre 2014: "Cast In Stone" et même "Resurrection“ sont très bons, je suis bien d'accord !
grogwy - 06 Août 2017: Voilà ce qui arrive quand on a quinze ans d'avance sur tout le monde, et cela sans même s'en rendre compte : on passe pour des charlots (surtout quand en plus, on pousse le bouchon de l'extrémisme jusqu'à en devenir caricatural, comme ce fut le cas avec "Possessed") !
En effet lorsque "Welcome to Hell" est sorti en 1981 (il y a quand même trente six ans !), la scène Hard Rock/Heavy Metal de l'époque se partageait (en gros) entre les valeurs sures des années 70 comme Alice Cooper, Black Sabbath, Kiss, Rainbow, Whitesnake, etc..., et les nouveaux groupes venus (surtout) de Grande-Bretagne comme Iron Maiden, Judas Priest, Saxon, etc....
A ces derniers, on peut également ajouter des formations un peu plus anciennes comme Ac/dc, Scorpions, Van Halen, Ufo, etc...
Or malgré leur différence de style, tous ces groupes étaient composés de très bons musiciens, et leur musique était accessible (et également assez mélodique).
Or ce n'était pas le cas de Venom, qui avec un bagage technique plutôt limité (au contraire de Metallica et Slayer qui sont arrivés quelques années après) délivrait une musique basique et violente qui, paradoxalement, allait s'étendre (et s'imposer) au sein de la scène Heavy Metal que bien plus tard.
Si aujourd'hui avec le recul les trois premiers albums de Venom sont devenus des classiques (voir des disques "cultes"), au début des années 80, pour beaucoup de personnes (relisez les vieux Enfer Magazine, Hard Rock Magazine, et Metal Attack, que ce soit les chroniques, ou encore les courriers des lecteurs) ce n'était qu'une vaste plaisanterie (pour les plus tolérants d'entre-eux).
Pour en revenir à "Calm Before the Storm", cet album est quelque part le premier disque "sérieux" de Venom, car à la différence des quatre autres, le groupe a peaufiné (si j'ose dire) son rugueux Speed Metal, grâce notamment à l'arrivée de deux très bons guitaristes (remplaçants Mantas), mais également grâce à des morceaux mieux construits.
Malheureusement pour Venom, ce changement d'orientation n'a convaincu ni ses anciens fans (pour qui le groupe s'était assagi, voir s'était "vendu"), ni de nouveaux qui avaient trouvé leur bonheur chez Metallica, Slayer, Exodus, etc...
Bref, si "Calm Before the Storm" est un très bon album de Venom, il reste cependant celui qui entérina le divorce du groupe avec ses fans purs et durs.
Aujourd'hui encore, Venom reste le groupe qui a enregistré "Welcome to Hell" (1981), "Black Metal" (1982), et "At War With Satan" (1984).
PhuckingPhiphi - 06 Août 2017: Toutafé ! ;)

Même si je trouve un peu sévère de ne résumer Venom qu'à ses trois premiers méfaits, quelques bonnes galettes étant venues enrichir la discographie du groupe à la fin des années 90 de même que ces derniers temps (je trouve personnellement “Fallen Angels" et "From The very Depths" tout à fait présentables).

Par contre, il est assez triste de voir les compères de jadis se disputailler le nom du groupe à présent, avec le Venom de Cronos d’une part et le Venom Inc. de Mantas, Abaddon et Demolition Man de l’autre. Enfin, ce sont des choses qui arrivent, dans le métier… Pour une fois, Venom ne fait pas exception à la règle.
LeMoustre - 24 Août 2017: Excellent papier, plein de justesse et d'à propos. L'objectivité est à l'honneur, pas évident avec un groupe qui divise encore autant. J'apprécie aussi les deux derniers disques, sans atteindre des sommets, ils sont bien agréables à l'écoute et, malgré certaines longueurs, tournent encore régulièrement dans le lecteur CD.
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