Avant le milieu des 90’s,
Unleashed a connu rapidement les mêmes mésaventures que ses compatriotes de
Dismember et Grave : ne pas réussir à maintenir le niveau après un premier album grandiose. L’inspiration et la force du combo de Johnny Hedlund vont alors s’étioler lentement d’un disque à l’autre, jusqu’à atteindre le néant avec le pitoyable
Hell’s
Unleashed, pseudo Death Metal mollasson, fruit de musiciens hors du coup ayant perdu la foi.
Mais depuis
Sworn Allegiance, le quatuor a largement redressé la barre, proposant des disques oscillant entre le moyen (
As Yggdrasil Trembles), le bon (
Midvinterblot), voire l’excellent (
Hammer Battalion).
Après dix albums studio, personne n’attendait la révolution sur cette onzième offrande
Odalheim (
2012), et pourtant… Rassurez vous les suédois n’ont pas invité une jolie (mais incompétente) chanteuse d’un groupe Gothic Metal sucré à pousser la chansonnette, pas non plus de mélodie à l’ail ou de Deathcorisation intempestive. Au contraire
Unleashed a su rendre sa musique plus sombre et brutale, avec principalement deux éléments nouveaux : une batterie plus énervée qu’à l’accoutumée et une inspiration presque Black Metal qu’on ne lui connaissait pas, du moins pas aussi poussée.
Fimbulwinter ne s’encombre d’ailleurs pas d’intro et déboule sur un riff Death / Black accompagné d’un blast beat de Anders (pourtant habituellement peu enclin à l’exercice) qui n’a rien à envier à Mike Smith, comme quoi étonnamment, même une bande de vieux grognards old-school et conservateurs peut innover. Sur l’éponyme qui suit,
Unleashed rivalise carrément avec
Necrophobic ou A Canorous Quintet sur le terrain d’un Death / Black épidermique et mélodique à la suédoise.
En revanche niveau artwork c’est le statut quo, on retrouve ce paysage noir et blanc et le chêne du disque précédent, la pochette de
Odalheim semble même en être la continuité.
Parallèlement à une évolution indéniable, le groupe parvient à conserver son identité, notamment au travers du chant caractéristique de Johnny, White Christ et Hour of Defeat sont d’ailleurs plus représentatives du
Unleashed d’antan, soit un Death mid tempo assez couillu. Parmi les morceaux marquants figurent notamment Rise of the Maya
Warriors avec son riffing puissant rappelant l’album
Hammer Battalion, ainsi que des soli remarquables. La pièce finale The Great Battle of
Odalheim parachève l’album avec une ambiance épique qui sonne la fin de la guerre.
On notera également un sympathique clin d’œil à Winston Churchill dans By Celtic and British Shores, sur lequel est repris une partie de son fameux discours de 1940, déjà popularisé dans la communauté Metal par le titre
Aces High de Iron Maiden.
Avec les excellents
Deathhammer (
Asphyx) et
Torture (
Cannibal Corpse), les grands anciens du Death Metal se portent toujours bien en
2012,
Unleashed se joint à la fête, proposant un
Odalheim d’une qualité remarquable, aussi fort que
Hammer Battalion, les quelques innovations en plus.
Déjouant tous les pronostics, le quatuor suédois se renouvelle et ses musiciens inspirés proposent un Death Metal authentique et classieux qui enterre la plupart des jeunes groupes qui ne savent que singer leurs ancêtres sans réelle identité.
Les jeunes cancres au fond de la classe qui continuent de dénigrer les sorties
Nuclear Blast feraient bien d’apprendre leurs leçons.
BG