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Ulver Perdition City - Music for an interior film
CD paru en2000 - Jester Records
Ulver : Perdition City - Music for an interior film, chronique, tracklist, mp3, paroles

NOTE : 17/20
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Tracklist
1. Lost In Moments
2. Porn Piece Or The Scars Of Cold Kisses
3. Hallways Of Always
4. Tomorrow Never Knows
5. The Future Sound Of Music
6. We Are The Dead
7. Dead City Centre
8. Catalept
9. Nowhere/Catastrophe

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NEUF
Chronique
    Nattskog, le Jeudi 30 Juin 2005 parlez-en à vos amis  
Après nous avoir envoûtés avec « Themes for William Blake’s "The Marriage of Heaven and Hell" » et après nous avoir surpris avec le curieux « Metamorphosis EP », Ulver redonne un sacré coup de pied dans nos habitudes musicales de gros blackeux de base (je parle pour moi).
Cette fois-ci, la première fois pour Ulver mais pas la dernière de sa carrière, le groupe compose une musique pour un film. Vous me direz "non c’est faux il n’y a pas de film pour cet album, contrairement à « Lyckanthropen Themes » et « Svidd Neger »…" certes, mais ce disque est bien plus subtil que les deux précités en cela que c’est l’auditeur qui se compose son propre film en écoutant la musique, comme les musiciens l’indiquent eux-même : dans les états juste avant et juste après le sommeil dans l’obscurité et au casque.
Pour avoir testé ces recommandations, je ne puis que recommander de les suivre : l’album qui peut être un peu hermétiques dans certaines conditions devient une autoroute à rêves ! On se voit, survolant une ville immense, moderne et froide comme nos grandes villes actuelles, de nuit ou en soirée, des villes où l’on vit plus la nuit que le jour, des villes où comme dans la musique, tous les styles se mélangent pour donner un endroit de vie.

Ulver a pris soin pour cet album d’approfondir ce qu’ils avaient commencé à creuser sur « Metamorphosis », ita est les musiques électroniques. Mais au lieu d’en rester là et de faire un album purement électro, Ulver apporte moult autres influences à ce melting pot, comme celles venant du Jazz (principale), du Metal (pour l’esprit) et des musiques expérimentales vers lesquelles ils s’orienteront par la suite !
Nous retrouvons donc des instruments comme du saxophone, du xylophone, une bonne base électro pour faire le rythme, tantôt à a batterie classique, tantôt à la batterie électronique ; du piano, du violon, de la guitare bien entendu, tout cela mêlé dans une sorte d’orchestre dément moderne, froid et inquiétant quand il le veut, toujours envoûtant, toujours hypnotisant…
Le résultat est impressionnant ! Je pense même que l’on peut dire fascinant… ce disque se laisse écouter comme on lit un livre : du début à la fin il faut être concentré dedans, mais il nous raconte une histoire, ou plutôt il nous aide à rêver notre propre histoire dans les rues d’une grande ville impersonnelle et non identifiée.
On peut alors se promener d’un bar Jazz à un tournage de thriller (de « Lost in Moments » à « Catalept » qui reprend une musique de film d’Hitchcock en y ajoutant une dose d’électro du meilleur effet !) ou dans des coupes-gorges sans nom (« Dead City Centres ») etc.. C’est vous qui composez, vous êtes libre, seul le thème de la perdition demeure ! (on sent une décadence tout au long de l’album, comme le jour pointe le bout de son nez dans nos tribulations de noctambules.)

C’est cela qui est réellement digne du chef d’œuvre immortel : une liberté totale d’interprétation pour un album qui ne vous donne qu’une trame, un sujet de départ. On fait ce que l’on veut de ce que l’on entend, et à chaque écoute ce sera différent.
J’oserai peut être dire que cet album concurrence « Themes for William Blake’s "The Marriage of Heaven and Hell" » tant il est inattendu, variable et intéressant ! C’est dire… l’album et le groupe ont tellement intéressé les Grands avec ce projet que « Perdition City » a été produit avec une part de soutien financier du Ministère des Affaires Culturelles de Norvège !
Je sais que l’édition spéciale aujourd’hui disparue comportait un clip vidéo que je n’ai jamais regardé (on ne se refait pas…) qui reprend l’un des titres de « Metamorphosis » et était accompagnée d’un livret énorme de 40 pages (eh oui !) de photos prises dans des grandes villes du monde.
Un album magnifique, indispensable je dirais pour voyager à peu de frais dans le monde de son inconscient. Un pur prodige musical !!

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