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Nattens Madrigal

Ulver discographie



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ULVER - NATTENS MADRIGAL (CD)

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1996 - Century Media
Ulver : Nattens Madrigal, chronique, tracklist, mp3, paroles
Tracklist

1. Hymn I : Of Wolf And Fear
2. Hymn II : Of Wolf And The Devil
3. Hymn III : Of Wolf And Hatred
4. Hymn IV : Of Wolf And Man
5. Hymn V : Of Wolf And The Moon
6. Hymn VI : Of Wolf And Passion
7. Hymn VII : Of Wolf And Destiny
8. Hymn VIII : Of Wolf And The Night

les paroles
Note
17/20
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Mp3


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Chronique

parlez-en à vos amis  Imprimer
ArchEvil, le Mardi 04 Septembre 2007
note : 18/20
1997 - Bureaux de Century Media - Scandinavie.

- Garm, s'il te plaît... explique-moi clairement où sont passés les fonds que la boîte t'a laissés pour promouvoir ton album ?

- Ben... là dedans, dit notre artiste d'un ton désinvolte en désignant du doigt la jolie Cadillac garée devant l'entrée.

- Je rêve là... Je cauchemarde...

- Non, tu ne rêve pas.

- Ce fric était destiné à produire ton nouvel album !! Et où il est l'album, hein ? Une boîte à musique cachée sous le capot ?

Garm eut un rictus " tiens, il vient de faire de l'humour ". Puis, exaspéré, mis la main dans la poche de son tout nouveau costume, payé avec ce même argent, pour en sortir une misérable cassette audio. Le responsable, sous le choc, tomba à genoux...

- De toute ma carrière, aucun artiste, aussi saugrenu soit-il, ne m'a fait un coup pareil.

Garm s'agenouilla à son tour, lui mit la main sur l'épaule et lui parla d'un ton solennel.

- Allez, fini les lamentations. Il est temps de passer aux choses sérieuses. Tu as un lecteur cassette ? Que je puisse te présenter à Nattens Madrigal...

Nattens Madrigal !! Oui. J'ignore ce que le type de Century Media a put en dire à la première écoute, quoi qu'il en soit, cette farce de la part de Garm, chanteur et guitariste sur cet album, est tout ce qu'il y a de plus authentique ( même si ce petit dialogue n'est issu que de mon imagination ). Les petits farceurs d'Ulver ont dépensé l'argent de l'enregistrement en fringues, parfum et autres folies, notamment une superbe Cadillac, le tout bien visible sur quelques photos prises à l'occasion... Mais, quand on voit le résultat, était-ce réellement une folie ?
Bergtatt fut épique. Kveldssanger fut acoustique. Et Nattens Madrigal fut un autre détour au cœur du folklore norvégien, mais cette fois-ci, le groupe a décidé de s'attaquer au Black Metal, non plus le Black folk et épique de Bergtatt, mais bien l'art le plus cru et le plus malsain représenté dignement par Darkthrone en cette époque.

Mais le plus surprenant est à venir. Vu les méthodes d'enregistrement, cet album bénéficie donc d'une production assez crue, ce qui est loin d'être un problème pour un album de Black Metal allez-vous me dire.
Avez-vous déjà entendu ces albums dont le rendu fut aiguisé en fréquence Hi-Mid ? Ben oui... pour ne citer que les plus connus, il y eu Filosofem de Burzum, Under a Funeral Moon et A Blaze In The Northern Sky de Darkthrone. Nattens Madrigal est diffusé de telle manière... à part que là, on frise le débordement. Le son perce les tympans, le genre de production qui donnerait une migraine dès la première écoute. Certains iraient chercher d'urgence leur boules Quiès pour ne plus devoir supporter le massacre, quitte à appuyer sur stop tant qu'il est encore temps... quelle erreur !

Oui, quelle erreur... car cet album est fantastique, tout simplement. Et malgré l'agression sonore, tous les instruments sont parfaitement audibles. Les divergences de jeu entre les guitares sont surprenantes mais ce n'est pas tout, ce rendu glacial ne fait qu'amplifier la déferlante de rage contenue en la galette.
Nattens Madrigal qui semble détenir toute l'authenticité du Black Metal va plus loin. Hormis le blast continuel et psychotique on ne peut plus jouissif, les compositions sont effarantes de complexité et de recherche, les titres sont variés et explosifs. Ulver parvient ainsi à marier avec la brutalité une incroyable maturité en ayant, je dirai parfois l'impudence, de compléter son inspiration par un travail important sur sa structure. Et les morceaux se diversifient. La deuxième titre démarrant sur un riff aussi efficace qu'un antichar, continue sur un couplet très sombre et enivrant, la suivante sollicite une descente de gamme grimaçante, et ce ne sont pas les interludes inquiétants entre les morceaux qui iront attendrir ces guitares psychotiques, véloces et agressives telles des scies circulaires déréglées.
Je tiens également à laisser une mention spéciale au sixième, Of Wolf And Passion, qui débute sur ce riff au romantisme très caricatural mais unique en son genre. Et pour terminer, ce Of Wolf And The Night, qui clôt cet incroyable chapitre de la manière la plus magistrale qui soit. Le tout tourne autour de cette superbe histoire de lycanthropie, contée par Garm et sa voix déshumanisée, grimaçante, sanglante et, surtout, reconnaissable entre mille.

Alors j'espère que le gérant de Century Media a bien réagi, de toute façon si ça n'avait pas été le cas, je doute que cet album ait pu voir le jour. Nattens Madrigal est un rare chef d'œuvre, il représente le True Black Metal, loin de cet esprit concentré sur l'image et l'allégeance au genre, il est le fruit de l'esprit, le fruit des sentiments les plus obscurs et le fruit d'un personnage inspiré et ambitieux. Il est l'œuvre ultime du genre, repoussant les extrêmes du Black Metal jusqu'aux frontières de l'apocalypse musicale, jusqu'au paroxysme du style. Il incarne une puissance incroyable, un monument unique et inébranlable, construit de main de maître.

A ce jour, Nattens Madrigal se loge une place parmi les tous meilleurs albums de Black Metal, là où certains cultivent cet esprit noir et élitiste, crachent cette haine hypnotique, Ulver s'y est aventuré, a survécu et en est ressorti vainqueur.

Ce chef d'œuvre a une âme, ce chef d'œuvre est unique. C'est pourquoi je vous le conseille fortement.


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Mini-chronique

parlez-en à vos amis  Imprimer
SvartKald, le Mardi 02 Septembre 2008
note : 18/20
L'histoire du Black Metal est parsemée de quelques perles, de quelques albums absolument incroyables… intemporels… issus d'un pic de génie éphémère de la part de leurs géniteurs.

Dans le lot, il y a le très grand Nattens Madrigal.
Qui aurait pu dire, à l'époque, que les créateurs d'un tel chef d'oeuvre allaient (sans crier gare) préférer l'electro indus au Black Metal, laissant derrière eux le glorieux témoin d'une époque pour eux révolue ?
Car oui, Nattens Madrigal est un chef d'oeuvre.
Oui, Nattens Madrigal est glorieux..
Et encore oui, Nattends Madrigal fait partie de ces bijoux que l'on prend avec précaution entre ses doigts, pour les insérer délicatement dans le mange-CD.

Derrière le son écorché des guitares, à la limite du supportable, derrière cette voix lointaine et rageuse, et aussi derrière cette puissance continue et désespérée, se cache un trésor de Black Metal.
Comment décrire au mieux l'émotion ressentie à l'écoute de ces enchaînements passionnés de riffs mélancoliques et envoûtants ?

Comment peut-on ne pas rester béat d'admiration devant cette majestueuse leçon de Black Metal que nous livre ici Ulver ?
Aucun fan sincère de Black Metal ne peut rester de marbre devant ce monument de créativité et de composition, dans lequel les morceaux s'enchaînent avec une maestria toujours décuplée.

Mention spéciale aux "Wolf and Fear/Hatred/Passion" !

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