Mechanix

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Nom du groupe UFO
Nom de l'album Mechanix
Type Album
Date de parution 1982
Labels EMI Records
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album73

Tracklist

1. The Writer
2. Something Else
3. Back into My Life
4. You'll Get Love
5. Doing It All for You
6. We Belong to the Night
7. Let It Rain
8. Terri
9. Feel It
10. Dreaming

Chronique @ samolice

09 Décembre 2012

Avec un tel album, UFO pouvait encore rouler des Mechanix

UFO, trois lettres pour une Légende du hard rock british. Un des combos préférés de mister Steve Harris.

Aucun fan ne me contredira, la fin des années 70 représente la période la plus faste d’un groupe magnifié par le jeu de guitare flamboyant de Michael Schenker. « Force It », « No Heavy Petting », « Lights Out », « Obsession », autant d'albums incontournables pour tout amateur d'un hard rock léché particulièrement mélodique.
Hélas, en janvier 1979, alors que la parution du Live « Strangers in the Night » va à coup sur mettre le monde à leurs pieds, Schenker ouvre la porte de la soucoupe et se jette dans l'espace inconnu d'une aventure solo (après un bref retour auprès du grand frère dans Scorpions). Il faut dire qu'à l'époque, au sein d'UFO, ça picole, ça sniffe, ça ingurgite du cacheton à gogo. Bref, le monde (d'Ufo) est stone. Sous l'emprise de telles substances, les plombs sautent plus souvent que de raison. L'ami Mogg part régulièrement en sucette pour des raisons pas possibles – « mais bordel, qui a piqué deux morceaux de ma pizza ? » - et Schenker, pas vraiment un agneau, le supporte de plus en plus difficilement. Le germain met donc le clignotant et se range sur le bas côté. Welcome Paul Chapman…

« No Place to Run » (1980), produit par George Martin (les Beatles) déçoit. A son tour, Paul Raymond (claviers) dit bye bye. Neil Carter, après un court intérim de John Sloman (Uriah Heep), le remplace. Si les opus de l'ère Chapman vivent depuis toujours dans l'obscurité, privés de lumière par la faute de leurs magnifiques prédécesseurs, il faut reconnaitre qu'une fois le départ du feu follet allemand digéré, le groupe a su retrouver des couleurs sur l'excellent « The Wild, the Willing and the Innocent » (1981).
Fort de ce nouvel élan, le groupe se remet très vite à table - passe moi le sel ... et touche pas à ma pizza - au tout début de l'an de grâce 1982 et délivre le dénommé « Mechanix », dixième album studio enregistré entre la Suisse et l'Angleterre.
La clé de 12, ou plus - la Mechanix et moi ça fait 12... ou plus -, aux cordes de guitare qui illustre la pochette permettra-t-elle au groupe de resserrer encore un peu plus les boulons ? Une pochette, soit dit en passant, qui est signée par l'artiste anglais John Pasche, célèbre notamment pour avoir créé le fameux design “Tongue and Lip” des Rolling Stones.

Pour ce qui est du contenu musical de cet opus, le groupe propose toujours ce hard rock aux mélodies imparables qui constitue leur marque de fabrique. Ainsi, "The writer", qui dénonce le pouvoir destructeur que détiennent parfois les magazines sur la carrière d'un groupe, ouvre brillamment l'album, notamment sur sa partie centrale où guitares, claviers et saxo se répondent superbement. L'occasion pour Neil Carter, de montrer, malgré son look de premier de la classe tombé par erreur dans la marmite du rock n roll circus, l'étendue de son talent (pour ceux qui l'ont vu accompagner Gary Moore en Live au milieu des années 80, ce ne sera pas une surprise). "Dreaming", avec son attaque pied au plancher, est à mon sens le meilleur titre de l'album. Le catchy "Doing it all for you", avec ses quelques notes qui (m’)évoquent le célèbre "Live and let die", mérite également d'être cité.

Néanmoins, confortablement installé aux commandes de l'ovni anglais, le cap'tain Mogg voit plus loin que le continent européen. L'Amérique, ah l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai. En avant toute vers de morceaux plus à même de séduire le marché ricain avec des claviers très présents (même si nous sommes encore loin de « Misdemeanor », lequel marquera le sommet en la matière). "Let It Rain", single réussi qui fera son petit effet dans les charts anglais, propose un refrain on-ne-peut-plus fmisé. "We belong to the night" vise le même public, bien que ce titre sonne très Thin Iizzy, et ce jusque dans les lignes de chant. Enfin, il y a les ballades. Deux pour dix titres quand même, dur dur ("Back into My Life" - qui fera un hit mineur aux states - et "Terri"). Ces dernières ne sont pas au niveau de ce que le groupe a produit de mieux dans ce registre (je leur préfère par exemple largement "Profession of violence" sur l’album précédent) mais la voix de Phil Mogg, toujours chaude et gorgée de feeling, fait facilement passer le cacheton. "Terri" est la plus à mon goût des deux, particulièrement du fait du chant mélancolique de Phil qui colle bien à l'ambiance du morceau. Bémol, ce titre aurait mérité un solo bien plus inspiré et reste un peu trop cul-cul pour les gros durs que nous sommes.

Ovni parmi l’ovni, la rock song "Somethin’ else", reprise d’Eddie Cochran - leur premier album paru en 1970 comprenait d'ailleurs déjà une cover du même Eddie Cochran ("C’mon Everybody") -, constitue à mon sens la seule réelle faute de goût d'un disque qui pour le reste tient parfaitement la voie lactée. Un titre qui aurait été enregistré à la demande plus qu'insistante de la compagne de Mogg, et ce au grand désespoir de Way. Un "Somethin else" repris en français quelques années auparavant sous l'immonde titre "Elle est terrible" par ni plus ni moins que notre Johnny national (http://www.youtube.com/watch?v=IZRQHkEgX9g, horrible n'est-ce pas ?)
La production de Gary Lyons (Foreigner, Aerosmith) laisse la place à chacun des membres du groupe pour s'exprimer. Si Chapman n'a pas la brillance et le côté flashy de Schenker - qui l'avait à cette époque? Pas grand monde - mais son travail, tant en rythmique qu'en solo, reste d'excellente facture, puissant et mélodique ("Doing it all for you", "You ‘ll get love", "Dreaming"). Le reste de la flotte ne déçoit pas, notamment Andy Parker dont j'ai toujours adoré le jeu de batterie.

« Mechanix » grimpera jusqu’à une très satisfaisante huitième place dans les charts anglais. En revanche, ce sera une décevante 82ème place dans le Billboard US. Et Mogg d’entonner « L'Amérique, je veux l'avoir... mais je l'aurai pas ».
Pete Way, pas trop ravi de l'orientation musicale et de l'ambiance plus vraiment rock n roll qui règne à bord, quitte le navire pour poursuivre sa carrière au sein de Waysted. Paul Raymond qui s'était rapidement fait la belle avec le Schenk le rejoint, suivi un peu plus tard par Chapman lui-même, tout au moins jusqu’à ce que ce même Way ne revienne finalement au bercail - bouhhhh ma tête, vite, une aspirine -, pour un « High Stakes and Dangerous Men » (1992) de très bonne facture (hello Elevator).

Quoi qu'il en soit, avec un tel album sous le coude, UFO pouvait encore se permettre de rouler des Mechanix.

16 Commentaires

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Elevator - 09 Décembre 2012: Ce UFO de 92, je ne l'aime pas à cause de mélodies que je trouve plates avec un côté US insipide, mais je promets de le réécouter. Je ne l'ai rentré qu'en décembre 2012 alors que je l'ai depuis très longtemps, je l'avais oublié ...

Pour ce qui est de "The Wild ...", je dirais qu'il est bon, au même titre que "Mechanix", du hard rock de qualité faute d'être génial.
samolice - 09 Décembre 2012: Là, bien d'accord avec toi lead or gold!
Elevator. "Borderline", "Back Door Man", "One of Those Nights" insipides. Comment? Quoi? Qu'entends je? Rôôô
ZazPanzer - 09 Décembre 2012: Pour ma part, j’avais déjà éclaté de rire avant de commencer la chronique, rien qu'en voyant l'affreuse pochette. Sérieux quoi ! Elle est à ranger à côté de "Power And The Glory" celle là, John Pasche ou pas(che).
Concernant la Musique, je ne connais de UFO que la glorieuse période des cinq missiles 74-78 plus bien entendu le mythique live, mais il va falloir que je m'y mette car ta chronique donne envie, Sam.
Et je ne savais pas que Martin avait produit un UFO, ça m'intéresse particulièrement, je commencerais peut-être par celui là.
samolice - 09 Décembre 2012: Je ne suis pas d'accord avec toi pour la pochette.
Pasche que il le vaut bien.

... désolé j'ai pas pu m'en empêcher.
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