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Liste des groupes Hard Rock Trust (FRA) Marche ou Crève
LP, date de parution : 1981 - Epic Records / CBS Records

NOTE SOM : 19/20
Toutes les notes : 18/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. La Grande Illusion
2. Le Sauvage
3. Répression
4. La Junte
5. Misère
6. Les Brutes
7. Certitude... Solitude...
8. Marche ou Crève
9. Les Templiers
10. Ton Dernier Acte

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68 avis 3 18/20
Chronique
18 / 20
    largod, Jeudi 15 Mars 2012 parlez-en à vos amis  
Y’a Trust à Platine 45 !

L’année 1981 a été marquée par l’arrivée de la Gauche au pouvoir en France alors qu’à l’Est commençaient à poindre les premiers vents de révolte. Le clivage gauche-droite en politique était la base de nombreux débats et positions de principe sur bien des sujets de société. L’ami Bernie se faisait gorge chaude d’éveiller nos esprits de jeunes blancs becs à quelque réflexion politique. L’album Répression et son « Antisocial » immortel et intemporel résonnaient encore aux oreilles de la classe ouvrière. Pourtant, ce que je ne voulais pas manquer ce mercredi là c’était la diffusion du clip de «Certitude, Solitude» dans Platine 45 sur Antenne 2, présenté par Jacky. Celui qui fit partie ensuite de la bande à Dorothée s’illustrait en ce début des années 80 en un Antoine de Caunes du service public, au look improbable de dandy et à l’allure décalée dans ses interviews où il semblait sortir de son plumard.
Qu’importe, le Télé Poche de la semaine indiquait qu’il allait mettre Trust au menu de la semaine. Après le générique de Jacno (le cultissime «Roulette Russe»), place enfin à notre meilleur groupe de Hard Rock hexagonal. Waow, le titre est méchant. Putain, Bernie, qui avait encore des cheveux, porte un col en moumoute sur son blouson en cuir, alors que le mien n’est qu’en jeans! Le titre assure bien. Grosse pêche après une entame très calme, le déluge de guitare et de mots comme on aime et encore plus, quand c’est Trust qui est aux manettes. Un break où Bernie à nouveau parle plus qu’il ne chante et le morceau qui repart. C’est donc plus que confiant que je raflais du rayon disques du Monoprix du coin cet album à la pochette ma foi réussie. La Gibson de Nono déchirant un ampli bois de l’époque, ça commence bien. Une composition de groupe parfaite aussi avec Bernie, Nono, Vivi et un second guitariste Moho accompagné de Nicko Mc Brain, qui pour l’album suivant cédera sa place à l’icône Clive Burr. C’était, comme au foot, le début des transferts et l’échange réciproque Trust/Iron Maiden un témoignage de réussite pour nos frenchies.

Paradoxalement, la magie de Trust ne fonctionne que si les textes chantés ou ânonnés par Bernie sont en parfaite symbiose avec la musique. Lorsqu’il y a un trop grand décalage, on se trouve confronté à un groupe coupé en 2, où le chanteur/brailleur s’essouffle dans des refrains naïfs alors que la musique se perd sans conviction dans les méandres de compositions moyennes, malgré une production de bonne qualité. Ce disque nous réserve donc une première face un poil en retrait d’où seul surnage «La Junte». Dès les premières mesures, ce titre apporte l’éclaircie que le disque avait du mal à nous laisser percevoir jusqu'alors. La guitare est inspirée et le chant vindicatif met en plein dans le mille. On se met à partager la haine des juntes au pouvoir en Amérique du Sud. Nono et Moho nous régalent et la base du jeu de Nicko complète les ingrédients de cette magnifique baffe. Fortunes diverses pour les autres titres de la face A. «La Grande Illusion» est un pamphlet contre les promesses électorales qui souffre comme «Répression» et «Misère» d’un refrain en demi-teinte, malgré quelques beaux et bons passages de guitare. «Le Sauvage» est sauvé par la ligne de batterie et un break de guitare en arpège tout en délicatesse et qui redonne un peu de peps. L’impact de ces 4 titres aurait été bien meilleur si la cohésion d’ensemble avait été plus forte.

La déception est vite balayée par une face B qui enchaîne les réussites. Au même titre que «La Junte», la politique étrangère est abordée au travers du morceau «Les Brutes», réquisitoire anti URSS, tranchant comme le riff acéré de Moho. Un break de Nono annonciateur d’un solo, encore un, plein de toucher et de feeling, soutenu par une rythmique basse/batterie aux assises solides et swinguantes. Une tentative de flash-back avec «Marche ou Crève» sur cinq premières années d’existence aussi violent qu’un crachat à la face d’un flic. Un morceau presque speed pour ce groupe, une tuerie qui enchaine intro/couplet/refrain et break à un train d’enfer. La guitare de Nono qui gémit sur un solo brillant et le Nicko qui assure le tempo. Du Trust haut de gamme. Vient enfin, à mon humble avis, la petite boule d’énergie de l’album avec «Les Templiers». Le riff est assassin, tel un destroyer, et la rythmique bastonne fort. Des paroles qui se retiennent sans le moindre problème et que votre serviteur est encore capable de vous envoyer sans trou de mémoire ou presque, 30 ans après. Hypnotique ! C’est aussi le qualificatif que je retiendrai pour «Ton Dernier Acte», aussi émouvant que révolté quand on sait que Bernie partageait le début de cette funeste soirée avec le géant, Ronald Belfort « Bon » Scott. Un gros blues quasi asphyxiant par moment, tiraillé entre l’injustice des paroles et la justesse de l’interprétation des musiciens. Quelque part entre le calme et la violence, véhiculés par un sentiment de profonde tristesse. Qui aime bien châtie bien. Les hymnes de cet album gomment les petites faiblesses et imperfections. On pardonne tout à ces favoris. Même d’être passé chez Michel Drucker et son Champs Elysées quelques années plus tard…

J’adore les gens qui causent et qui pensent posséder la musicalité…




19 Commentaires

Commentaire
18 / 20
    Bertrand50120, Vendredi 25 Avril 2008 parlez-en à vos amis  
L'Album maudit ou comment passer du million d'exemplaires (Antisocial) à juste 300 000 ????... Et bien tout simplement parce qu'il n'y a pas un million de hardos en France et que si "Antisocial" a si bien marché c'est que sa chanson phare, "Antisocial" a propulsé cet album au-delà du cercle des hard-rockeurs... Pour "Marche ou Crève", pas de titre phare grand public... L'album retombe au niveau des acheteurs potentiels, le public hard-rock en général et les fans de Trust en particulier...

Et pourtant !!! Oui, et pourtant !!! Teinté d'une alléchante production et de sensibilité dans les parties guitares, cet album qui sonne très "Nono" (le guitariste) s'oppose en cela aux deux premiers albums plus "bruts", qui eux sonnaient très "Bernie" (le chanteur)... C'est souvent ce qui a d'aileurs opposé les deux piliers du groupe, provoquant les splits sucessifs... Quoiqu'il en soit, "Marche ou Crève" est certainement l'album le plus abouti du groupe tant au niveau de la musique que de l'écriture des textes. Un album maudit mais pourtant, certainement le meilleur de leur carrière !




5 Commentaires
Commentaire
    wodulf, Vendredi 14 Décembre 2012 parlez-en à vos amis  
Colère, rage, tristesse : 40 minutes d'émotions !

Fin 1980, Jean-Emile Hanela dit "Jeannot", le batteur historique de Trust, claque la porte avec perte et fracas. Un divorce qui couvait déjà depuis longtemps, puisqu'il semble ne s'être jamais super entendu avec les autres membres du groupe. D'ailleurs entre 1977 et 1980, il s'était déjà fait remplacé pas mal de fois. La toute dernière étant sur la tournée Repression Dans L'Exagone de 1980 où il se fit remplacer par l'ancien batteur de Pat Travers, Nicko Mc Brain.
Conquis par la jovialité et la constante bonne humeur du futur batteur d'Iron Maiden, c'est donc à lui que le groupe pense pour remplacer définitivement Jeannot et enregistrer ce troisième album.
Pour ce faire, le groupe se paye un Tony Platt tout auréolé de ses travaux sur Highway To Hell et Back In Black d'AC/DC. ainsi qu'un voyage à Stockholm pour l'enregistrement.
Travailler avec un producteur anglais, de surcroît de renom -donc qui impose un peu son style-, c'était inévitablement se donner un son à l'anglaise. Ce changement de son -qui n'a pas été très bien acceuilli chez nous- était, j'en suis convaincu, quelque chose de voulu dès le départ. Il suffit pour cela de bien écouter le jeu de guitare de Nono qui évolue vers un esprit assez NWOBHM.
Oui, musicalement, Trust change un peu de visage sur cet album. En gros, c'est moins rock, moins punky mais beaucoup plus metal. Orientation qui, là non plus, n'a pas vraiment plu par chez nous; ce qui fait que Marche Ou Creve s'est fait plutôt allumer à sa sortie.
Pourtant ce disque est vraiment exceptionnel ! Très rentre-dedans et agressif, avec un Bernie plus remonté que jamais qui s'en prend à la fois aux dictatures militaires ("La Junte"), au régime soviétique ("Les Brutes"), à Thatcher ("Misere") puis revient avec rage sur les cinq années d'existence de Trust et pour terminer, pleure la mort de son ami Bon Scott ("Ton Dernier Acte"). Oui, ce disque c'est 40 minutes de pure émotions : colère, haine, rage, tristesse. On s'en prend vraiment plein la gueule !




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