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Trust (FRA) ...En Attendant...(Brouillard en Novembre, Noël en Décembre)
1988 - Celluloid Records
Trust (FRA) : ...En Attendant...(Brouillard en Novembre, Noël en Décembre), chronique, tracklist, mp3, paroles

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NOTE : 12/20
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Tracklist
1. Good Time 3.32
2. Boom Boom (John Lee Hooker Cover) 3.29
3. Allez Monnaie Blues 4.10
4. Paint it Black (Rolling Stones Cover) 3.00
5. Petit Papa Noël (Tino Rossi Parody) 5.51
6. Surveille ton Look (Live) 8.59
7. Good Time 3.32
8. Alley Money Blues 4.08

Total playing time 34.45

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NEUF
Chronique
9 / 20
    dark_omens, le Mercredi 03 Decembre 2008 parlez-en à vos amis  
Et dire qu’il ne fallut que deux concerts de quarante-cinq minutes chacun, immortalisés sur un album pour rallumer la ferveur et les espoirs d’un peuple entier. Seulement quatorze petites chansons suffirent à redonner un souffle nouveau au cadavre de Trust. Revigoré par cette miraculeuse résurrection, soutenue par une France à l’unisson, le groupe exulte et se lance avec enthousiasme dans une ère de renouveau.

Il n’est pas inutile de dire que Trust à toujours, à l’évidence, tenu une place particulière dans la scène national. Icône emblématique d’une certaine jeunesse rebelle (même si Bernie a toujours refusé de se poser en porte-parole de quiconque), beaucoup se sont identifiés dans cette rage inhérente au groupe, beaucoup se sont reconnus dans ces paroles revendicatives. On aime ce groupe puis on le déteste, mais on finit toujours par lui pardonner ses écarts. Trust est une véritable institution. Plus qu’un phénomène artistique, il est quasiment un phénomène de société qui à indubitablement marqué les esprits. Il est, par exemple, inouïe de penser que même lorsque le groupe brille, au cours des années quatre-vingt dix, par une quasi absence, seulement démentis par la sortie mal intentionné de la part de maisons de disques vénales de quelques albums aux morceaux exhumés, ou compilés ; le public continue de le plébisciter régulièrement dans les référendums annuels de la presse spécialisée. Cet état de fait pouvant aussi s’expliquer, en partie, par le pauvre renouvellement de la scène française durant cette période.

Quoiqu’il en soit, si d’emblée, l’enthousiasme est certain, il pèse, aussi, sur le groupe un lourd sentiment de doute, car si sur scène l’alchimie est indéniablement présente, les vieux démons ressurgiront forcement lorsqu’il s’agira de composer à nouveau. Les fans de la première heure, ceux qui ne se délectent que de la face Hard, à teinte contestataire, Punk, voir Heavy de Trust, n’ont jamais acceptés, ni pardonnés, ces digressions de la part du groupe. Ils ont enragés en voyant la bande à Bernie et Nono, déraper doucement, mais sûrement, vers ce visage moins protestataire, vers cette musique plus clairement estampillé Rock que celle rageusement revendicatrice de leur début. Or le groupe a toujours refusé de se laisser enfermer dans des étiquettes bien trop restrictives pour eux. A l’instar des propos tenus par Angus Young depuis toujours, il se définisse musicalement comme étant plus directement inspirés par Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, et de manière plus actuelle par les Rolling Stones ; que véritablement par la scène Hard/Metal contemporaine, ou non d’ailleurs. Difficile également d’ignorer, après la sortie des albums solo de Bernie, son penchant certain pour le Blues.

Alors que peut avoir encore à dire un groupe tel que Trust au milieu de jeunes loups déjà fortement installés ?

Good Time démarre l’explication de texte sur un propos plutôt Boogie, plutôt entrainant et agréable, rendant hommage à Jerry Lee Lewis. Déjà le sentiment passéiste, souvenir des égarements musicaux du dernier opus, effluves douceâtre de cette perte d’intensité acerbe, de ce manque de rage manifeste, revient violement nous étreindre. Et Boom Boom reprise de John Lee Hooker, première véritable incursion affiché de manière ostentatoire autre que simplement sur les faces B de singles dans le monde du Blues, ne va certainement pas nous sortir de nos désillusions. Une reprise auquel l’interprétation de la voix naturellement hargneuse de Bernie contrastant avec les riffs et les rythmes, donne à l’ensemble un arôme, encore une fois, très Rock’n Roll. Doit-on continuer à y voir un message qui a tendance à se préciser de plus en plus ? D’autant qu’Allez Monnaie Blues et son riff classique renforce ce sentiment. Alors même si sur ce titre Bernie semble avoir retrouvé sa verve, et ses mots un certain tranchants frondeur, on en reste pas moins dans un contexte très éloigné musicalement des meilleurs heures de Trust. Le message est d’autant plus clair avec une reprise plutôt réussie de Paint It Black des Rolling Stones. On se surprend, ensuite, à sourire face à la version singulière et facétieuse de Petit Papa Noël. Un sourire forcement crispé si l’on songe que pour l’instant, au niveau de l’intérêt, c’est le point culminant de cet opus. Surveilles Ton Look est, quant à lui, un morceau Live, balade dépressive aux accents bluesy, dont la musique accentue admirablement le côté désespéré du texte. Perdu au milieu de cette mosaïque bâclée, il aurait sans doute mieux trouvé sa place sur Paris by Night plutôt que de s’échouer mollement ici. Initialement l’album se terminait ainsi, et ce n’est certainement pas les deux bonustracks, version Anglaise de Good Time et de Allez Monnaie Blues, qui vont métamorphosées nos incertitudes en certitudes, nos déceptions en plaisirs. D’autant plus que la voix, si typique, de Bernie s’accommode assez mal de la langue de Shakespeare.

Du Rock, du Blues, de la ballade bluesy, des reprises de standard de Blues et de Rock, nous donne un aperçu certain de la direction musicale souhaité, à l'avenir, par le groupe. Au-delà du manque évident d‘intensité ce disque n’est qu’un amoncellement incohérent de titres assemblés dans l’urgence. De ce fait l’interrogation qui nous bouscule est évidente : en attendant, soit, mais en attendant quoi ? Au vu des deux dernières productions du groupe, pas forcement le meilleur pour nous, et assurément le pire pour le groupe dont la séparation est, à nouveau, inévitable…et quelques temps après consommée.


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