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Depuis les diverses déceptions qu'ont suscitées les releases Folk Metal et dérivés ces derniers temps, je dois reconnaître que j'étais un peu sceptique - que j'appréhendais l'écoute de cet album. Entre le virage totalement indigeste du dernier Finntroll, la mélasse sympathique mais lassante dans laquelle s'empêtre Korpiklaani, voire même le dernier Eluveitie, qui est bon, mais qui ne parvient pas à faire autant danser que Spirit, il incombait à ce nouveau Trollfest la lourde tâche de relever le niveau.
Amis Folk Metalleux, prenons-nous par les mains et soupirons un grand coup ! Ce Trollfest est plus que satisfaisant en ces temps difficiles pour l'accordéon et la guitare électrique.
Il réutilise ce qui fait le succès et la spécificité du Trollfest qui nous est familier, à savoir le chant très aigu, les paroles rigolotes en "Troll-Spraak", les riffs habituels... Mais comme tout album de Folk Metal se doit de le faire, innove dans son utilisation des sonorités folkloriques.
Une intro Ô combien surprenante ! On part sur une atmosphère plus calme, différente de la marche guerrière vers une table croulant sous la viande et la bière, et qui se mue en mélodie aux sonorités mi-européenne avec l'accordéon, mi-orientale avec les cordes et les vents...
Un changement amorcé par le groupe qui se confirme par la suite ; plutôt que de décrire la forme générale de chacune des chansons, je vais plutôt procéder à une description des différentes influences qui composent chaque titre.
"Der JegerMeister" est clairement d'inspiration slave, accordéon et cordes faisant penser à la femeuse balalaïka, et comporte des choeurs différents du refrain un peu conventionnel d'un "Den Åpne Sjø".
"Uraltes Element" met en exergue la facette la plus surprenante de cet album, à savoir sa dimension orientale et le chant clair continue de comporter une place primordiale dans la chanson.
"Villanden" est sûrement le morceau le plus drôle de l'album, qui alterne des sonorités orientales, encore une fois, et un thème à la trompette, instrument inédit chez Trollfest, instrument dont le sérieux et le caractère pompeux et grandiloquent sont en rupture totale avec les déclamations trollesques du chanteur au milieu du morceau. A cela doivent s'ajouter des choeurs guerriers - qui tombent, pour notre plus grand plaisir, comme un cheveu sur la soupe - et des cancanements comiques.
"Per, Pål og Brakebeins Abenteuer" est un interlude comique : ouverture sur un air à l'accordéon qui, et je ne mâche pas mes mots, paraît sorti de notre propre folklore urbain traditionnel - l'image du français avec sa baguette de pain, son béret et son accordéon -, toile de fond d'un chant typique du groupe. Encore une fois, Trollfest joue la carte du contraste audacieux et drôle.
"Das Uhr ist skandaløst schändlich" est un titre qui m'a moins marqué ; en l'écoutant une nouvelle fois, il m'apparaît plus lent, comportant toujours des sonorités orientales - des percussions si je ne m'abuse - auxquelles s'ajoute l'accordéon. En arrivant à la moitié de l'album se dessine ainsi un schéma général et novateur.
"God Fart" répond à "Der JegerMeister" par ses sonorités d'Europe de l'Est, rien à rajouter à cela.
"Festival", comme son nom l'indique, nous démontre que le Folk/Black Folk est avant une musique destinée à nous faire danser et bouger : sonorités orientales festives, entre stéréotype de musique du Moyen-Orient et - avec de l'imagination - musique klezmer.
"En ny erfaring" répond littéralement à "Per, Pål og Brakebeins Abenteuer", ce qui s'applique à l'un est valable pour l'autre. Ici nous voyons une limite potentielle de l'album, à savoir l'absence de diversification complète entre chaque chanson, même si faire des échos entre plusieurs structures d'une même composition est une règle viable pouvant s'appliquer à toute oeuvre artistique (ou même pseudo-artistique, comme c'est le cas ici).
"Trinkenvisen" n'a pas grand chose qui la différencie des autres morceaux, c'est du Trollfest 2009, si j'ose dire, entre sonorités slaves, orientales, trollesques.
"Die Kirche undt der Mache" est une bonne fermeture pour un bon album. Une chanson longue, mais dynamique, pas une chanson morne et lente comme le sont presque toutes les chansons longues d'un album festif : choeurs mélodieux, accordéons, vitesse du Trollfest que nous connaissons bien...Mais également un morceau qui présente des passages de calme, de repos, plus lents et moins violents, finissant d'ailleurs le morceau dans une atténuation harmonieuse. Atténuation non totale, puisque dernière originalité, la chanson se ferme définitivement sur un court épilogue instrumental trompette/accordéon.
Alors, pas de déception pour ce nouvel album, une variété dans les titres et les influences qui est certes à nuancer, mais qui n'empêche pas de présenter des mélanges audacieux, intrépides, qui n'enlève rien de sa saveur au groupe. Ici au moins, nous n'avons pas perdu Trollfest, eux-mêmes ne se sont pas perdus dans une répétition type "on ne change pas une équipe qui gagne" comme d'autres. Ce n'est certes pas l'album de l'année, mais quand même...si ton souhait, ami Folk Metalleux, est de passer un bon moment, n'hésite pas !
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