 15 / 20 |
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Le grind, genre qui est parfois trop méconnu des metalleux, surtout à cause de son coté brut de décoffrage et même sacrement débile par moment. Est un style qui est un peu trop redondant, la majorité des groupes nous servant tout le temps une soupe quasi identique et qui convient seulement aux fans du genre. Mais comme partout, on trouve des groupes innovant qui arrivent à faire du neuf avec du vieux en ajoutant une touche d'originalité. Ici je vous parlerais de Trencher qui avec son album Lips révolutionne considérablement le grind.
Formé en 2001, combo plutôt jeune donc et n'ayant à son actif que 2 albums, quelques démos, et un split. Ce groupe officie dans un grind complétement barré et presque expérimental, en effet la grosse touche d'originalité vient de l'intégration de claviers dans leur musique. Ces claviers n'étant pas là pour donner de l'enrobage mou et fade, mais pour rendre leur musique encore plus furieuse, violente et surtout totalement démente.
Foncièrement la base des compos est dans la plus pure tradition du grind, des riffs simples et violent qui vous attaquent sans faire dans la finesse, des ralentissements du tempos sont aussi à noter afin de donner de la profondeur dans les compos, mais comme je vous l'ai dit, ce qui fait l'intérêt de cet album c'est bien l'utilisation de plans électros totalement schyzo et barrés.
Ces mecs sont fous, c'est le mot, ils vomissent leur haine avec un enrobage complètement barge, ça vous attaque le cerveau et vous secoue de toutes parts.
Les riffs de guitare, sont donc dans la plus pure tradition du grind, plus ou moins rapides, aux sonorités death assez prononcées.
Le son est d'ailleurs assez particulier, il sonne vraiment métallique, serait-ce des influences indus?
La basse est là constamment, elle martèle et se contente exclusivement de donner un cadre et des sonorités profondes et elles aussi extrêmement métalliques, le son est à la limite entre le clair et le saturé.
La batterie est l'un des rares points qui manque de folie et de violence. Elle se contente de garder le rythme avec des accélérations par si par là.
Quand à ce clavier qui fait tout l'intérêt de la chose, il nous pond des sonorités totalement inattendues, tirant vers l'électro indus.
Si on devait retenir une piste ce serait "Mouth to Anus", derrière ce titre plein de poésie se cache un pur déluge de folie et de violence, le coté grind brut de décoffrage est là, accompagné de ces fameux plans électros totalement déments
Vous l'aurez compris, ce disque est une petite perle, ce genre d'album qu'on ne voit que trop rarement, il apporte une dose de fraicheur au grind et ce n'est pas plus mal. De plus le groupe est très jeune, on peut donc s'attendre à ce qu'ils continuent sur cette voie, peut être iront ils jusqu'à révolutionner le grind? Je ne me fais pas trop d'illusions de ce coté là, malgré le talent certain, ce combo est bien trop inconnu du grand public pour espérer faire une percée, mais sait on jamais.
Malgré toute cette dose d'originalité, il ressort des morceaux manquant vraiment de punch, comme In Reverence. Le batteur aussi est beaucoup trop mou pour ce genre de musique, il manque carrément de feeling ce qui lui donne un jeu un peu trop plat.
Cet album rempli de personnalité, apportant de la fraicheur et de l'originalité à un style qui en manque décrochera un 15/20 bien merité.
N'oubliez pas, penchez vous sur ce disque, pour peu que vous arriviez à adhérer au concept il vous fera passer un bon moment.
Ce groupe étant plein de talent, je dis, affaire à suivre de très près.
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