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Liste des groupes Folk Metal Toter Fisch Yemaya
Album, date de parution : 18 Mars 2017 - Auto-Production
Enregistré à : Vamacara Studio
Style: Folk Metal

ajouter les paroles de l'album
NOTE SOM : 15/20
Toutes les notes : 16/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Prologue
2. Rise the Black Flag
3. Back to Nassau
4. Another Sunset
5. Waiting for the End
6. Maelstrum
7. The Legend
8. Mami Wata (ft. Jen Nyx)
9. Cursed
10. The Undead Crew
11. Dancing in the Fog
12. Epilogue

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2 avis 1 16/20
Chronique
15 / 20
    AlonewithL, Mardi 20 Juin 2017 parlez-en à vos amis  
On s'imagine un Henri Sorvali en Barbe Noire.

Le viking metal ou le pirate metal ne sont pas des styles à proprement dit, mais des thématiques. Le viking metal n'est autre que le pagan metal instauré par "Bathory" développant une thématique viking. En fait le terme "viking" perd toute son essence quand est développé des thématiques celtes ou autres dans le même style inauguré par Quorthon. A propos du pirate metal, il y a une différence musicale évidente entre "Alestorm", "Running wild", "Zed Yago" ou "Toter Fisch". Comment ça, vous ne connaissez pas encore "Toter Fisch"? Je suppose que ça va venir. Le point d'attache de ces pirates se situe loin de la mer, à Tours plus précisément. Ils ont pu gagner leurs premiers galons avec deux premiers Eps et quelques shows, dont un en ouverture de l'édition 2017 du Cernunnos Pagan Fest, qui semble avoir été remarqué. La sortie de leur premier album "Yemaya" s'est suivi peu après et témoigne du potentiel et des capacités de ce groupe qui propose autre chose qu'un simple suivisme d'une vague "Alestorm" de plus en plus décevante et déconcertante (bien que l'"Alestorm" 2017 remette les pendules à l'heure à mon sens). Disons qu'à la découverte de ce "Yemaya" on s'imagine un Henri Sorvali en Barbe Noire.

Sans étonnement, c'est la mer qui se manifeste sur le prologue. Un fond épique très lointain nous arrive de plus en plus fort, comme un navire s'approchant du rivage. Quelques percussions et des sonorités assez propres à "Equilibrium" nous parviennent, et ce n'est pas tout. Arrivent ensuite de fortes secousses rythmiques et une brusque accélération pour faire le pont avec le titre suivant "Rise of the Black Flag". Celui-là impose un black folklorique non dénué d'une forte proportion épique. Nous nous situons alors quelque part entre "Finntroll" et les débuts marquants d'"Alestorm", quand ces derniers faisaient encore quelque chose en prise avec la guerre en mer. Le chant hurlé de Horgoth est très performant, mais plus complaisant. On passe par différentes étapes sans manquer des passages des plus malsains en complète contradiction avec ceux davantage emmenés par l'accordéon. Le titre termine d'ailleurs dans une sorte d'apothéose.

"The Undead Crew" figure dans les morceaux les plus brumeux et les plus emmenés. Intimidant dans son rythme par à coups et dans la profusion de basse. On en vient peu avant le milieu à une violente charge tout en grâce à la manière d'un "Dmmu Borgir", en décalage avec l'air pataud que l'on percevait en prime abord. "Toter Fisch" se permet même de produire un death black en fin jusqu'à ce que l'on perçoive ensuite le bruit de la houle. Ce côté pataud que l'on retrouve assez aisément dans le folk et le pagan est très présent sur "Another Sunset". Le titre est charmant et on retrouve encore un penchant affirmé pour "Finntroll", notamment dans ce mélange atypique d'obscurité et d’espièglerie. Néanmoins, si "Toter Fisch" puise du côté des finlandais, il le fait sur les albums récents. Ceux qui révèlent un "Finntroll" beaucoup plus ombrageux et torturé. C'est ainsi que l'on interprète le morceau "The Legend", néanmoins très mélodieux avec les claviers et l'accordéon en figures de proue.

"Mami Wata" se montre aussi très finntrollien à l'entame dans sa nonchalance et ses soubresauts. Le titre se révèle plus riche et nerveux qu'espéré, avec parfois des passages très violents et le chant féminin de Jenni (ex-vocaliste de "Noein") en guest, histoire d'y amener de la tension. On est pas au bout de nos surprises quand on découvre notamment "Maelstrum" qui délivre rugosité, raideur et quelques éléments death metal. Inversement à cette masse volumineux bâtie dans le granite, "Toter Fisch" développe un autre genre dans l’interlude "Cursed", incluant une dose atmosphérique à l'ancienne, précédent d'une charge curieusement ponctuée de pig squeals. Des vieux airs atmosphériques tirés des années 90 refont surface dans l'introduction du sobre mais quelque peu transparent "Waiting for the End". ll y règne malgré sa nature tempérée une certaine pesanteur funèbre, diluée par l'accordéon.

Et la mer dans tout ça. On perçoit l'écoulement des eaux par endroits, l'accordéon joue un élément traditionnel et essentiel pour s'accrocher à l'époque et à l'épopée des pirates du 16ème au 18ème siècle, mais est-ce tout ce que "Toter Fisch" est capable de faire pour explorer ce milieu? l y a bien ce doux fracas de la marée sur les rochers à travers l'épilogue dont l’atmosphère et la musique sont toutes apaisantes. Peut être ressenti d'ailleurs un aspect ascensionnel sinon harmonieux, tranchant avec la noirceur de la majorité des morceaux du volume. Mais qui dit "pirate" dit naturellement "taverne". Il en faut pas plus pour se jeter sur l'entreprenant et conquérant "Back to Nassau". Un titre donnant la trique alimentant un rythme généralement élevé. Ce qui peut paraître curieux quand on s'attend à une chanson grivoise. La houle produit par la mer fait association avec l'esprit de taverne pour un "Dancing in the Fog" de nouveau très épris par "Finntroll" et l'un des rares à être repris cette fois en chœur.

"Toter Fisch" a beau (chercher à ) ressembler aujourd'hui aux prémices d'"Alestorm". Il y a erreur sur la marchandise. Point d'esprit parodique ou de keytar à l'horizon. Et ce serait tant mieux. La piraterie ne doit pas être limitée qu'à la caricature. Mais de manière étrange, "Toter Fisch" puise ses mélodies du côté de la Baltique. Tout cela s'ajoute à une forte emprise souterraine black metal qui est loin d'être indigeste lorsque celle-ci part en trombe et se complète à un chant rageur. On le comprend ainsi, "Yemaya", c'est autre chose qu'un simple opus de pirate metal profitant de la vogue pour "Pirates des Caraïbes". Les tourangeaux ont rapidement mis à profit divers ingrédients pour réaliser un black folklorique assez unique, malgré quelques évidences musicales. Machiavélique sur support audio et festif sur scène. Cela peut être la clef de leur très probable futur succès. Une clef qui ouvrira un fabuleux trésor.

15/20




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