Voila un album vraiment pas facile à chroniquer !
Peut être qu’il est prétentieux de ma part de le faire… Mais bon, je me lance, peut être que mes ressentis sur “In The L..l..library Loft” vont m’aider a mieux le comprendre !
Rappelons d’abord que Toby Driver est le principal fondateur du groupe avant-gardiste : Kayo Dot, et qu’il a aussi (donc) été membre du groupe Maudlin Of The Well.
C’est donc dans son projet solo que nous le retrouvons ici !
L’album est composé de quatre morceaux d’une durée de 9 a 18 minutes ! Et qui atteint presque l’heure d’écoute. Déjà on se dit qu’on ne va pas avoir droit à un super single de 3 minutes…
Et rien qu’à l’écoute du premier morceau “Kandu vs. Corky (Horrorca)”, il nous plonge dans un monde bien angoissant. Morceau très intense de 15 minutes, très noir, avec beaucoup de tension, de répétition, et qui finit très haineux et d’une puissance inouïe, mais qui n’est pas sans être magnifique.
S'enchaîne “The Lugubrious Library Loft”, morceau tout aussi difficile à décrire, qui commence avec un piano dissonant mais assez calme, puis avec un chant assez étrange et mélancolique de Toby driver, dérivant petit à petit, de plus en plus angoissant, stressant, comme si quelque chose (le monstre de la pochette de l’album?) dans votre cauchemar s’approchait de vous, inévitable, vous ne pouvez rien faire sauf avoir peur et peut-être essayer de courir mais sans y parvenir.
Vient ensuite “Brown Light Upon Us”, le morceau le plus long (18 min) et sûrement le plus étrange de l’album. Tout un monde sonore, on y distingue des images assez floues, on croit pendant un temps entendre quelqu’un crier et taper peut-être sur un mur, un mur de la pièce où vous vous trouvez sans doute? (lui étant de l'autre côté du mur) Un morceau tout aussi angoissant, bientôt on distingue un bébé ou une femme pleurée mais vous, vous semblez être loin de tout ça. C’est ce qui me vient a l’esprit quand j’écoute “Brown Light Upon Us” : des choses se passent au loin, vous avez peur, mais vous ne pouvez rien y faire une fois de plus.
Enfin, arrive le dernier morceau “Eptaceros”. Tout aussi étrange, moins angoissant je trouve et sûrement plus mélancolique. Le chant de Toby Driver y est magnifique, très posé, avec un certaine “folie” (discrète) et tristesse. Un superbe morceau qui clôture cet album.
Un album très complexe donc mais vraiment très intéressant, du fait des ambiances développées ici. Il pourrait très bien s’agir de la B.O. de l’un de vos cauchemars !
Certes, loin d’être accessible (il ne peut s’écouter n’importe quand, et il est sans doute difficile dans venir à bout), cet album est à écouter avec le maximum d’attention et il est certain que l’on ne revient pas indifférent de ce voyage.
Il devrait ravir les amateurs de musique “expérimentale” (certain diront musique contemporaine).