En guise de deuxième album Titan sort en 1988 son Popeye le Road, un album live du concert donné à l’endroit même où ADX enregistra son fameux Exécution Publique. Evoluant devant un auditoire parisien tout acquis à sa cause, Titan est résolus à donner le meilleur de lui-même. Excepté un changement de guitariste, assez anecdotique, en la personne de Patrice Tetevuide qui remplace Didier Deboffe, qui a manifesté le désir de partir après la sortie du premier album, ce sont bien nos trois dissidents ex-KILLERS agrémentés de Sébastien Blanc, musiciens de talents et d’expériences, que nous retrouvons sur ce disque.
D’entrée on remarque que la sélection des morceaux est assez judicieuse, les titres tels que Ultimatum, La Loi du Metal, L’Irlande au Cœur, Heavy-Metal Kids sont taillés pour la scène et prennent ici leur véritable dimension. On sent nos comparses pleins d’enthousiasme, Patrice Le Calvez exhorte la foule sous un déchaînement de fer et de feu, Patrice Tetevuide et Sébastien Blanc assène leurs sentences aux sons de leurs riffs efficaces, soutenus par la rythmique impeccable et précise d’un Michel Camiade derrière ses fûts, et d’un Pierre Paul derrière sa basse. On applaudira l’impasse faîtes sur un titre raté comme Enfants de la Guerre, et on regrettera celle faîtes sur un titre exceptionnel tel que Black Power, même si le côté typiquement Rock-Bluesy teinté de groove de ce dernier aurait assurément dépareillé au milieu de ce déluge furieux de Heavy-Speed-Metal. Quatre titres de KILLERS viennent compléter cet album, et là encore le choix est plus qu’avisé. Un Rosalind tout en nuance, où la voix, si inhabituel, de Patrice Le Calvez peut pleinement s’exprimer, est tout simplement magnifique. L’assassin prend aussi, ici, tout son sens et la qualité indiscutable de ce morceau en fait, aujourd’hui encore, un hymne incontournable du groupe de Bruno Dolheguy. L’album se clôt sur un Maître du Metal, loin d’être le meilleur morceau jamais entendu, mais dont l’exaltation, est sacrément efficace.
Encore un album indispensable, référence absolue de ce qui se fait de mieux pour l’époque. Et ce disque sonnera le glas de Titan, il sera l’épitaphe du groupe qui disparaîtra quelques mois plus tard, après le départ d’un Patrice Le Calvez, qui s’est vu obligé de faire le choix de la raison face à celui de la passion qui ne lui permettait pas d’en vivre. Titan recrutera bien un nouveau chanteur, mais leurs nouvelles compositions seront loin de faire l’unanimité au sein de leur maison de disque, qui ne sortira jamais ces morceaux. L’aventure de Titan s’achèvera donc ainsi.
Si on songe que , malgré les très grandes qualités des œuvres proposé par ces musiciens, plus de vingt après aucun label ne semble vouloir se pencher sur une éventuelle réédition, et si on ajoute à cela la disparition prématuré d’un groupe exceptionnel dont le chanteur était considéré par certains comme l’un des meilleurs du moment, on a là de quoi, largement, alimenté la naissance d’un mythe.
|