High Country

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Nom du groupe The Sword
Nom de l'album High Country
Type Album
Date de parution 21 Août 2015
Labels Razor and Tie
Style MusicalStoner Doom
Membres possèdant cet album12

Tracklist

1. Unicorn Farm 00:50
2. Empty Temples 03:55
3. High Country 02:37
4. Tears like Diamonds 03:46
5. Mist and Shadow 05:27
6. Agartha 02:23
7. Seriously Mysterious 02:45
8. Suffer no Fools 02:43
9. Early Snow 04:15
10. The Dreamthieves 03:58
11. Buzzards 04:13
12. Silver Petals 02:37
13. Ghost Eye 03:15
14. Turned to Dust 03:31
15. The Bees of Spring 03:57
Total playing time 50:12

Chronique @ LostPhoenix

30 Septembre 2015

Un vol plané et planant sur les hauteurs du revival 70's, allant jusqu'aux plateaux rocks des 70s

Attention à ce que vous dites sur ce groupe classé, jusque là, dans un triple style : Heavy, Stoner et Doom. Et, au risque de me faire couper, au mieux la langue, au pire la tête, en évoquant cette étiquette complexe, j'invoque une fois de plus, la source ultime, à savoir le grand Black Sabbath. Je pense que mon blasphème est maintenant assez grand aux oreilles de John D. Cronise, compositeur, chanteur et guitariste de The Sword. En effet, on a trop souvent classé la musique qu'il interprète avec Santiago (batterie), Kyle (guitare) et Brian (basse), dans telle ou telle catégorie au fil des années, et des prédécesseurs de High Country. Avec ce cinquième opus, les Texans ont la volonté de nous démontrer que la musique est une liberté pour laquelle il faut brandir haut et fort le Metal que l'on aime et non le style dans lequel on veut vous entendre. Depuis Age of Winters, premier album du groupe, jusqu'à l'excellent Apocryphon, sorti il y a 3 ans, la montée en puissance de The Sword était proche de l'apothéose. Mais là, apprêtez-vous à vous asseoir devant la scène de Woodstock et à retrouver une ambiance explosive et sereine à la fois.

La courte intro, mais surtout 'Empty Temples', qui a été choisi pour être le premier single de l'album, donnent le ton. Un titre qui fait fi du passé et se tourne vers l'avenir. L'énergie est toujours présente et se ressent à travers la rythmique et la voix. Puis, histoire de nous faire comprendre d'entrée que 'High Country' affiche une volonté d'aller de l'avant et de prendre de la hauteur en toute humilité, le titre éponyme nous régale avec son intro guitare aux sonorités asiatiques accompagnée par de légères nappes synthétiques. Puis le chant démarre avec un appel aux « Brothers, Sisters... », et un refrain aux propos nocturnes et forestiers nous transportent vers les hauts pays où l'homme peut trouver naturellement sa place physiquement, mais aussi spirituellement. Un titre magnifiquement choisi pour représenter le message véhiculé par l'album. « Tears Like Diamonds » soutient les deux titres précédents avec un son feutré très représentatif de la musique développée sur la majeure partie des chansons.

Mais, High Country, c'est aussi des titres d'une diversité et d'une richesse étonnantes. 'Seriously Mysterious' et son rythme simpliste, met en avant un synthétiseur omniprésent qui déteint sur une guitare solo presque artificielle. Avec 'Early Snow' c'est le plongeon dans univers où trois barbus nous délivreraient un rock poussiéreux, relayé par des cuivres pour sacrément « faire tourner » la fin de ce morceau.
Les titres instrumentaux apportent aussi leur lot de curiosité et de pluralité. 'Agartha', ce continent caché au centre de la Terre, est ici dépeint sous la forme d'un titre construit au clavier pour appuyer le côté Space Rock que The Sword arbore sur d'autres titres, mais tout en pointillés. 'Suffer No Fools' est l'évocation d'un Karma To Burn qui nous marquera au fer rouge. Et 'Silver Petals' nous assoit au centre d'un champs de fleurs, tout de blanc vêtu, pour une séance de plénitude rythmée par de légers roulements de caisse claire.

Les 15 titres de l'album sont un pas vers de nouveaux horizons, vers un endroit au plus près du divin. Sans aller jusqu'à approcher le cercle et astre solaire, ils peuvent tout au moins nous élever vers quelque chose d'autre. C'est ce que nous soutiennent 'Mist And Shadows' et 'Ghost Eye', mais, cette fois-ci, et pour un plaisir non contenu, à la grande manière des précédents opus de The Sword.



'Turned To Dust' et 'The Bees Of Spring' sont la conclusion logique à cet opus. Le premier, d'un calme planétaire, présente la sérénité d'un chant venu d'ailleurs, soutenue par la guitare claire, une section rythmique posée, et finalement un solo aussi éthéré que bref. Le deuxième débute à la manière d'un blues rock traditionnel, rassurant et hypnotisant comme le vol de l'abeille. Les guitares nous bercent tranquillement. Mais, la rythmique devient plus piquante dans la dernière minute pour nous rappeler que, comme l'abeille, The Sword sait faire autre chose que butiner. Avec ce dénouement, et certains autres titres qui nous transportent aux frontières des années 60-70, je citerais le groupe Blue Cheer, pionnier du Stoner Rock devant l'éternel.

Pour pousser encore plus loin l'originalité de High Country, la version vinyle est disponible dans différents coloris selon le pays de distribution : violet, vert, orange, bleu, jaune ou rouge, avec encore « Splatter » ou « Marble » dans le motif. Toutes les couleurs présentes dans le cercle de la pochette sont reprises pour rehausser les sillons et changer du standard noir bien « terre à terre ».

The Sword nous livre là un album profond, avec des sujets touchant au spirituel qui passionne ses membres, et décrivant des lieux et des êtres proches d'eux. Une production que je comparerais à l'album Magic Mountain des Black Stone Cherry. D'une part pour le travail sur des thèmes et des textes qui leur tiennent à cœur. Et d'autre part en jouant une musique qui, tout en prenant dans les origines du Stoner Rock reste, pour The Sword, fortement ancrée dans les débuts du Heavy. Ces artistes ont voulu élever notre esprit pour atteindre les "Hautes Terres" et faire exploser nos sens dans un feu d'artifice de couleurs hypnotiques. Un voyage dans un espace-temps bien étonnant et déroutant, surtout pour les fans de la première heure. Mais, ne négligez pas cet office. Car The Sword montre ici qu'il faut rester soi-même pour produire une musique différente. Ne pas s'enfermer dans des genres et arrêter de ressembler à son voisin. Cet album a pour but ultime de casser les barrières avec des sons hors du commun. Le groupe a ici la volonté de proposer une forme d'art sorti de leurs tripes et non de donner au public ce qu'il avait déjà entendu. Le processus de donner aux fans ce qu'ils attendent d'un groupe est ici brisé au nom de la démarche personnelle et artistique pure et dure.

7 Commentaires

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Silent_Flight - 02 Octobre 2015: Beau texte l'ami. Warp Riders était tellement balèze que depuis, j'ai du mal à rentrer dans cette facette plus rock 70's, bien que le groupe ait toujours gardé sa fibre. Le gros son leur allait à merveille, j'espère pouvoir me prendre à nouveau une claque de leur part.
LostPhoenix - 02 Octobre 2015: Merci Silent_Flight ! Attention, il n'est pas ici question d'un album du type histoire-concept comme Warp Riders. Le son et les textes ont un autre but. Et surtout, il renoue vraiment avec les origines du genre en flirtant avec la fin des années 60. Bonne écoute à toi...
AmonAbbath - 02 Octobre 2015: L'album est démoli dans le dernier Metallian... Le groupe aussi d'ailleurs.
LostPhoenix - 03 Octobre 2015: @AmonAbbath : j'aimerais bien lire l'article, mais je n'achète pas Metallian. Si l'article est publié sur internet, je suis preneur... Je pense que "le gros son" de The Sword n'étant plus vraiment de la partie, ils n'ont peut-être pas fait dans le finesse ? Ce qui serait dommage car dans cet album c'est ça qui fait la différence...
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