Disclosure

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Nom du groupe The Gathering
Nom de l'album Disclosure
Type Album
Date de parution 12 Septembre 2012
Style MusicalMetal Atmosphérique
Membres possèdant cet album30

Tracklist

1. Paper Waves 05:32
2. Meltdown 07:56
3. Paralyzed 05:04
4. Heroes for Ghosts 10:42
5. Gemini I 04:55
6. Missing Seasons 03:26
7. I Can See Four Miles 09:04
8. Gemini II 05:03
Total playing time 51:42

Chronique @ Sowilo

09 Décembre 2012

Sans fioritures, sans surplus, juste une parfaite continuation de ce travail.

Personnellement, The Gathering sans Anneke Van Giersbergen, je n’y croyais pas une minute. D’ailleurs The West Pole, je n’ai fait que vaguement le survoler. C’est vrai quoi… Avant Anneke, au début des années 90, The Gathering n’était qu’un groupe de doom death trop ordinaire. Et paf, recrutement d’Anneke, puis sortie de Mandylion en 1995, un album qui s’est fait une petite place dans l’histoire du metal. Depuis, je ne dis pas que j’ai accroché à tout, mais je sais reconnaître un groupe qui est toujours allé de l’avant, et est toujours resté intègre. Et puis en 2006, après une lente mais inéluctable mutation stylistique, Home, le dernier album avec Anneke, et un de mes grands classiques personnel. Le reste, on l’a déjà évoqué, plus d’Anneke, The West Pole, mais sans moi à l’écoute.
Pourtant quand les premiers sons extraits de Disclosure apparaissent, me voilà pris d’un doute, déjà presque d’une certitude. Et si j’avais enterré la confrérie hollandaise trop vite ?
Réaction immédiate, me voilà sur le site du groupe dès la sortie de Disclosure, offrant subitement avec confiance mes 7 € en échange du téléchargement de l’album et de sa doc numérique. Oui, j’aime cette démarche du groupe qui depuis longtemps déjà a pris le parti de s’auto-produire, de se débrouiller quoi. Et c’est parti pour 8 titres. Comme quoi, ça peut suffire.

La confrérie se comporte déjà depuis longtemps en expérimentateurs sonores, sur leur créneau trip rock déjà si particulier. Rien d’abstrait ou de réellement barré derrière ce terme d’expérimentation, mais le trip rock étant déjà un sous-genre assez peu exploité, le groupe l’explore, le défriche, en y travaillant énormément leur son, leur mix, leur atmosphère. Disclosure, c’est ça, sans fioritures, sans surplus, juste une parfaite continuation de ce travail.
Pour rester dans les éléments globaux, on constate une avancée des éléments issus du trip hop, à commencer par l’ajout fréquent de violons ou de cuivres. De plus, La base de la musique reste tout à fait naturelle et organique, mais le travail sur les effets est devenu primordial. Alors que j’aurais tendance à dire que ce genre de traficotage sert bien souvent de cache misère, ici la critique ne m’effleure pas. Rappelons que les deux frères compositeurs sont tout de même batteur et guitariste du groupe. On ne s’étonnera pas alors qu’ils usent d’artifices pour embellir leur jeu et non pour le remplacer. Sur toute la durée de l’album, ces instruments prennent ainsi un grand nombre de tonalités, d’aspects différents, allant du plus arrangé au plus brut, et ce, toujours intelligemment. Par exemple, quoi de plus respectueux du son simple d’une batterie que cette intro de « I Can See Four Miles », où l’on a l’impression de se rapprocher petit à petit de la pièce où Hans Rutten joue? Alors qu’à la fin de « Meltdown », le travail de production envoie cette même batterie à la frontière d’un son de beat box.
Les éléments qui pouvaient encore renvoyer au metal se raréfient, restant souvent dans une veine rock. Les cordes en premier lieu, subissent le même traitement soigné mais prennent moins souvent un caractère grondant et compact qu’avant. Le chant également, travaille surtout sur la fibre mélodique et émotionnelle.
Le chant? Mais on n’a même pas parlé de Silje Wergeland! Ca veut déjà dire qu’elle ne fait pas tâche, ce qui, vu la mission qui lui incombe, est déjà une victoire. Comme souvent après ce genre de délicat changement, après l’album bancal de transition vient la nouvelle assurance. C’est bien le cas. La Scandinave n’a définitivement pas un timbre aussi puissant et unique qu’Anneke, mais elle trouve sa place, grâce à un chant juste, sincère et convainquant.

On se promène ainsi entre douce rêverie et mélancolie, souvent mêlée au sein d’une même chanson. La formidable « Heroes for Ghosts » est le sommet de la facette mélancolique et un vrai temps fort de l’album. Sur la fin, elle se permet même une montée en puissance, une pointe plus épaisse et menaçante où Silje se montre finalement assez à l’aise. La rareté de ces instants d’obscurité latente ne fait que les rendre meilleurs. Ailleurs, quand le groupe décide d’insuffler un petit peu plus d’énergie, c’est en lorgnant vers des aspects rock, voire pop (mais que ce terme ne rebute personne ici), surtout en début d’album. La première partie de « Meltdown » en est le meilleur exemple. Le tout est donc plutôt varié et cohérent, et permet une écoute d’un trait agréable et bien dosée.

Je n’arrive même pas à reprocher au groupe le fait d’avoir réemployé un même thème 2 fois sur « Gemini I » et II, puisque « Gemini II » ne fait pas redite pour autant et conclut l’album sur une note planante et épurée qui ne choque pas.
Disclosure n’est pas une révolution musicale non plus, mais un très bon petit album relativement discret vu le passé du groupe, et une bonne surprise de Home, qui devrait vieillir honorablement. Merci The Gathering.

5 Commentaires

2 J'aime

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largod - 09 Décembre 2012: merci Sowilo.
comme toi, the Gathering sans Anneke me fait peur.
mais ton papier va m'aider à sauter le pas.
Sowilo - 10 Décembre 2012: @Steelhardos : Oui c'est vrai, c'est pas inédit comme démarche du double morceau séparé. J'avais effectivement zappé ça mais Mandylion est si loin lol...

@Largod : Merci. Il n'y a pas à tortiller, il n'y a plus d'Anneke là dedan, il faut s'y faire. Mais franchement, ça serait domage de se bloquer là dessus parce que l'album vaut quelque chose, et la nouvelle chanteuse est honnête, et ne bride pas les compositions du groupe. Et puis on voit Anneke souvent sur d'autres projets, elle n'est pas perdue.
shadeofgod - 10 Décembre 2012: Bonne analyse de cet album qui,s'il n'est effectivement pas révolutionnaire par rapport au passé du groupe, demeure vraiment bon.
Tu devrais d'ailleurs rejeter une oreille sur West Pole : moi aussi au début j'avais du mal et au final je le trouve très bon ! Meilleur même que ce pourtant honorable Disclosure...
 
Pomme - 03 Mai 2013: A la première écoute, je ne suis pas très convaincu et je préfère "The West Pole"... Il me faudra réécouter, sûrement. Ah ? Déjà un mieux, pour Meltdown en tout cas. Les sonorités cuivrées font presque penser à... Beirut (eh oui).

Merci en tout cas pour cette chronique !
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