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Liste des groupes Death Indus The Amenta NON
CD paru le 20 Octobre 2008 - Listenable Records
The Amenta : NON, chronique, tracklist, mp3, paroles

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NOTE : 15/20
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Tracklist
1. On
2. Junky
3. Vermin
4. Entropy
5. Slave
6. Whore
7. Spine
8. Skin
9. Dirt
10. Atrophy
11. Cancer
12. Rape

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NEUF
Chronique
12 / 20
    eulmatt, le Jeudi 08 Janvier 2009 parlez-en à vos amis  
The Amenta, jusqu’en 2008, c’était avant tout un nom associé à une image assez marquée. Auteur d’un premier album volontaire et plutôt en marge, le groupe a su construire un concept. La nationalité australienne qui va bien dès qu’il s’agit d’être un peu barré, le goût proNONcé pour un metal extrême confinant à l’indus, le tout au service d’une démarche artistique entièrement dédiée à une misanthropie froide et inorganique.
Il fallait bien que nos amis transforment l’essai, et on a bien senti au travers de la promotion de NON, ce second album sous la houlette du label Listenable, que les ambitions sont là.

Le concept est donc poussé à fond. NON se veut un condensé de la négation humaine, un brûlot de douze titres aux noms évocateurs, mots uniques posés là comme une litanie de souffrance. L’artwork du disque met parfaitement en relief la teneur de son contenu, genre combo terroriste du metal. Les lyrics concordent avec le discours du groupe, bref, tout semble réuni pour submerger l’auditeur d’une vague misanthrope décharnée et rédhibitoire. On découvre même une liste respectable de guests, parmi lesquels Jason Mendonca (on devine ici un lien commun avec The Berzeker), ou plus surprenant, le redoutable Nergal. Ceci dit, l’apparition de ces invités reste plus prégnante dans le livret qu’à l’écoute du disque lui-même, il faut bien le dire.

Arrive la musique, servie sur un plateau par une introduction où les samples anNONcent sans vergogne la teneur hautement industrielle du disque. Et là, les écoutes successives n’y font rien, le constat est amer. On se heurte trop souvent à un mur, matérialisé d’abord par une batterie insipide se bornant à du mitraillage saccadé, et dont on se met à douter d’une présence humaine derrière les fûts, tant le rendu est synthétique. Certes c’est de l’indus, donc on ne va pas s’effaroucher pour si peu. Le problème, c’est que niveau guitare, on n’est pas mieux loti: les riffs n’en sont guère, on doit se contenter d’un jeu à deux ou trois notes, simplement agrémenté de quelques harmoniques et de lacérations stridentes. On saisit vite que l’ossature des compositions est avant tout rythmique, et que l’utilisation régulière de claviers et de samples est fondamentale dans la construction des morceaux. Le fil se reconstitue autour du chant, agressif sans être impressionnant, et conduisant lui aussi à une lassitude rapide. Régulièrement des transitions inspirés d’électro/ambiant viennent faire office de respirations, plutôt cohérentes avec le fil du disque, mais sans vraiment parvenir à casser une certaine linéarité.

Le tableau que je dépeins ici n’est pas reluisant, j’en conviens. Après tout, il n’est pas forcément opportun de juger l’approche artistique de The Amenta en zoomant trop en détail à l’échelle de la composition. Dans ces sphères industrielles assez brutales, on gagne sans doute à considérer le disque dans son ensemble, pour rechercher un côté immersif et introspectif. L’idée d’une misanthropie destructrice y trouve sans doute mieux sa signification. Mais là encore, même sous cet angle, NON n’est pas complètement convaincant. Pour ma part je dois attendre le quatrième morceau, Entropy, pour connaître enfin la sensation de pénétrer au coeur de l’univers des Australiens. Cette courte instrumentale, angoissante et paroxystique par son final inspiré de techno hardcore, aurait mérité d’être poussée plus loin...mais les trois morceaux suivants parviennent toutefois à se laisser plus facilement apprivoiser. Slave, notamment, présente sans doute le meilleur équilibre, entre une approche brutale maîtrisée et convaincante (la rythmique décollant en puissance grâce à sa bonne coordination avec des riffs plus massifs), et des passages ambiants prenants: le résultat prend soudain du relief, de la profondeur, et on sent enfin passer le courant entre l’artiste et l’auditeur, saisi par le désespoir et la haine de ce monde décharné.

Hélas, la diffusion de l’essence de NON reste trop précaire, et la majeure partie du temps le disque conserve son visage hermétique. On peut même parler de frustration, avec une question de base qui reste sans réponse: est-ce moi qui n’arrive pas à saisir le sens artistique du disque, ou bien est-ce The Amenta qui a finalement navigué à vue et qui s’est heurté lui-même à l’ambition de son concept ? J’ai suffisamment cherché et insisté pour pencher vers la seconde réponse, m’étant convaincu que ce disque n’a pas grand chose à offrir derrière sa façade indus / ambiant / death aride et hermétique. Mais il y a là une grande place de subjectivité qui pourra diviser les amateurs du genre.

En conclusion, ayons au moins l’honnêteté de reconnaître aux australiens une certaine cohérence entre les intentions et le résultat : NON est bien un accès colérique et haineux d’indus flirtant avec le death, parsemé de dark ambiant, proprement exempt de tout sentiment positif et de poésie...mais ce déluge un peu impersonnel ne parvient pas à révéler suffisamment de relief pour soulever l’enthousiasme à son écoute.
Avec toutes les réserves que l’on doit porter sur ce type de comparaison, on peut avancer qu’avec NON, The Amenta manque son pari et reste loin derrière loin un Red Harvest, qui sous une forme différente, parvient depuis des années à évoquer avec brio un monde apocalyptique, lunaire et misanthrope, en jouant la carte de l’indus.


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