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Quelle pochette ! C'est sûr que là, on a bien envie de découvrir ce qu'il y a derrière ! J'en avais entendu parler dans un magasine spécialisé quelques années auparavant, mais le groupe étant catalogué en métal extrême (terme assez réducteur pour un groupe comme ça) et, n'étant pas vraiment fan de ce style à cette époque, je passai mon chemin.
Et puis, en ce début d'année 2008, recherchant des infos sur Meshuggah, je retombe sur Textures, auquel le style était assez similaire. Pourquoi ? Parce que la musique du groupe joue sur les bases de la polyrithmie, à savoir des changements de rythmes constants dans les titres. les premières écoutes sont par ailleurs assez difficiles à digérer, tant le nombre de riffs dans une seule chanson est important, complexe, voir progressif. Tant pis pour celui qui espérait un gros headbanguage en règle, c'est râpé de ce côté-là. Ah si, il y aura bien "Stream of Consciousness" qui, même si elle est pleine de changements, garde quand même une ligne directive suffisamment agressive pour satisfaire les plus réticents, ou encore "Millstone" (avec au passage un clip assez joli, bien que classique). Pour le reste, hé bien ce sont des rythmes assez déphasés par rapport au chant, le groupe prenant un malin plaisir à nous surpendre là où on ne s'y attend pas, et tout ça le plus naturellement du monde, comme si composer des morceaux complètement destructurés était facile!
Sauf que là où Meshuggah avait son côté complètement déjanté et étouffant (écoutez Catch 33, vous verrez), Textures va jouer sur des passages ambiants et totalement atmosphériques, cassant le rythme fou imposé aux chansons. Deux titres comme "Illumination" et "Upwards" viennent donc s'interposer pour créer une autre facette de la musique de Textures, nous emmenant dans l'univers de la pochette, un univers calme et reposant contrastant avec le "bordel organisé de l'album". Les passages en chant clair seront aussi présents sur "Regnesis", "Circular" et "Touching the absolute", Eric Kalsbeek possèdant une voix hors du commun.
Un autre point important est que les chansons se suivent sans interruption (mis à part quelques-unes), et se répondent même au niveau des textes : on retrouve par exemple le thème abordé sur "Upwards" à la fin de "Touching the absolute" (avec toutefois quelques changements ; je vous laisse lire les textes, assez surprenants pour certains, traitant de sciences et un peu de philosophie).
Le résultat donne ainsi un forte impression de cohérence dans tout l'album, qui se termine par l'instrumentale "Surreal State of Enlightenment ", un peu courte mais magnifique.
Et la production dans tout ça ? Et bien, elle est plus que bonne, si l'on considère les conditions d'enregistrement qu'on peut voir dans le dvd (qui est assez court mais a le mérite d'être sous-titré en français pour les plus nuls en anglais), on regrettera par moments de ne pas entendre assez la basse là où on s'attendait à ce que ça envoie le pâté, mais en somme rien de grave.
Au final, Drawing Circles est un album assez déroutant, abordant différents styles de musique, mais une fois passé le cap, c'est que du bonheur.
Note finale : 15/20.... oh et puis non +1 pour le somptueux artwork (peint par Eric Kalsbeek, le chanteur) dont on prend autant de plaisir à le regarder qu'à écouter l'album !
16/20.
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