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Chronique
 | note : 14/20 | Si tout se jouait au mérite, Testament serait assurément sacré roi du thrash metal actuel. S’accrochant avec vigueur tout au long des années 90, pour finir en apothéose avec l’incroyable The Gathering, Chuck Billy et Eric Petterson peuvent se targuer non seulement d’être le seul des monstres sacrés américains à avoir braver la tempête de la sorte, mais également d’avoir déclenché le signal du renouveau du thrash dans ses plus beaux atours dès 1999.
Les années ont passé, et désormais, même les vieux collègues historiques de la Bay Area (Exodus, Death Angel) sont réapparus au sommet de leur forme. Le successeur de The Gathering étant annoncé depuis bien (trop ?) longtemps, un strapontin au premier rang avait été toutefois soigneusement réservé pour Testament. On connaît la suite, les péripéties qui ont amené à ces presque dix ans stériles passés, puis enfin, The formation of Damnation naquit.
Habitué des line-up mouvants sur les derniers albums, le duo s’est attaché cette fois-ci à reconstituer le noyau historique autour d’Alex Skolnick à la guitare et de Greg Christian à la basse. A la batterie, on trouve Paul Bostaph, l’un des trois plus fameux mercenaires batteurs de Californie avec Gene Hoglan et Dave Lombardo.
Premières impressions après tant d’attente fébrile ?
Pour commencer par le début, on dira que le disque met un certain temps à prendre sa vitesse de croisière. Après une jolie intro qui annonce le riff-thème principal de More Than Meets The Eye, on entre dans le vif du sujet. Chuck Billy a toujours ce timbre si appréciable, le tout ronronne gentiment sur un tempo plutôt moyen, mais sorti de la redondance volontariste de son riff, le morceau laisse une impression mitigée. Cela ne s’arrange pas vraiment avec The Evil Has Landed, toujours calé sur du mid-tempo. Bien carré, bien fini, soigné dans ses transitions, le heavy-thrash catchy de Testament se déguste facilement mais manque un poil d’allant. Bien loin d’apparaître comme une évolution logique de l’album précédent, ce début de disque paraît inspiré d’un héritage plus lointain. Sauf que le titre suivant, Formation Of Damnation, remet –enfin- les pendules à l’heure. On retrouve le chant plus guttural de Chuck, venant s’appuyer sur une compo bien plus virulente. Bostaph semble enfin se lâcher, et le premier headbanging est de la partie. Rien non plus de révolutionnaire, notamment dans la partie centrale du morceau où le matraquage plus lent ne fait pas dans l’original. Sauf que l’accélération finale vient juste à point pour conclure quand même un bon moment de plaisir. Gros morceau que ce titre.
La montée d’adrénaline se fait salement doucher par le morceau suivant, sans doute le plus insipide du disque. Là encore, pas de faute de goût particulière, mais ce thrash déjà entendu, assez poussif et au refrain pas accrocheur pour deux sous n’a pas le supplément d’âme que l’on espère, malgré de jolis soli et une rythmique volontaire.
Testament semble enfin trouver sa vitesse de croisière à partir de The Persecuted Won’t Forget, plus varié et incisif, que ce soit au niveau des guitares, du chant ou du tempo. Henchman, malgré sa rythmique « tagada-tagada » un peu éculée, recèle une belle énergie qui se révèle à mi-morceau. Même Killing Season, plus mou du genou, passe relativement bien grâce à des lignes guitaristiques pertinentes, donnant un côté rock n’roll très agréable. Après un Afterlife très quelconque et un poil soporifique, le très catchy F.E.A.R vient à point pour relancer la machine. Pas d’envolées supersoniques ici, mais son petit riff sautillant bien épaulé par de bonnes parties de double du père Bostaph, alternant avec un refrain bien accrocheur, donne un joli relief au morceau.
Le tout se finit par un morceau assez mélancolique et finalement plutôt sombre, Leave Me Forever, qui tranche assez nettement avec l’esprit global du disque.
Vous aurez compris à mes nombreux bémols que The formation of Damnation ne m’a pas procuré les mêmes frissons que le dernier Exodus, par exemple. Etais-je trop naïf en croyant que Testament allait nous refaire le coup de The Gathering ?
Toujours est-il que Chuck Billy et sa bande sont rentrés dans le rang. Il s’agit premier rang, tout de même, et le fameux strapontin leur revient malgré tout. L’album est de qualité, proposant un thrash plutôt mid-tempo bien ficelé, accrocheur, à la production irréprochable (tout de même), qui ravira les fans du genre. Mais personnellement j’y vois une légère régression par rapport à The Gathering, The formation of Damnation apparaissant moins moderne et définitivement plus poussif, allant chercher des inspirations dans la vieille discographie du groupe, alors que son prédécesseur semblait définitivement tourné vers l’avenir.
Et sans réel grief envers Testament, je ne peux qu’exprimer une pointe de déception et d’amertume.
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13 commentaires
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Mardi 06 Mai 2008 |
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Chronique
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| Presque une décennie que Testament ne nous avait rien proposé de nouveau depuis The Gathering. Et pour cause, le groupe a été marqué par de nombreux changements de line-up, et par les soucis de santé de Chuck Billy. Qu’importe, le groupe est maintenant revenu sur les devants de la scène et nous propose un nouvel album cette année, The formation of Damnation, avec un line-up qui sur le papier doit être l’un de leurs meilleurs possibles : Chuck Billy (chant), Eric Peterson (guitare), Alex Skolnick (guitare), Greg Christian (basse) et Paul Bostaph (batterie).
L’artwork et le digipack (contenant un DVD bonus de making of de l’album, plutôt réussi, et quelques photos pas assez nombreuses) ont un design qui me laisse froid, avec un ciel irréel (le bon vieux photoshop), un champ de bataille du même acabit et tous ces anges (Victoire) trop présents. Le digipack, ne proposant rien d’innovant, a un format chiant ! (ndlr : pas pratique à ranger avec les autres CDs...)
Passons à l’écoute de l’album. The formation of Damnation nous confronte à 2 dominantes : d’un côté, Testament nous propose la recette thrash qu’il sait faire et qui lui a garanti son succés : un mélange de rythmes galopants, de mélodies, de groove, soutenu par la voix de Billy, qui je dois le dire, est une grande réussite sur cet album !
D’un autre côté, le groupe nous donne à écouter un album à 60% mid tempo avec des parties Heavy, parfois Stoner, avec quelques innovations modernes (un petit peu de « core » dans « F.E.A.R. », « The formation of Damnation » dans les refrains et le milieu du morceau, un peu de progressif dans « Dangers Of The Faithless » et « Leave Me Forever », quelques accords furtifs de black sur « The formation of Damnation » et « Killing Season »).
Je dois avouer que The formation of Damnation m’a vite lassé ! Le début de l’album est une merveille, avec une intro « For The Glory Of… », et 3 morceaux qui se suivent à un rythme très entraînant et avec des changements de cadence, des décallages (« The Evil Has Landed »). C’est certain, ces premiers morceaux passeront très bien l’épreuve du live. D’ailleurs, il semble que l’album ait été pensé pour celà, comme le traduit le très téléphoné riff terminal de « More Than Meets The Eye » qui s’arrête, et est répété brièvement 2 secondes après pour la fin. LE morceau le plus destiné au live est sans doute le titre éponyme « The formation of Damnation », avec une folie thrashy, un chant death bien burné (avec un petit copyright sur le cri aigü superposé au chant guttural à certains moments. Merci le death ricain), une batterie et une basse nickel.
Les solos de Skolnick sont une merveille de composition et d’exécution, ceux de Peterson un peu moins, mais il s’est chargé de la composition de 90 % de l’album à sa décharge.
POURTANT la suite est molle !
« Dangers Of The Faithless », à l’intro progressive mélodique qui me fait vraiment penser à Dream Theater à cause du chant des secondes 39 à 58, est tout simplement inutile pour l’album. On a ensuite un sursaut violent (avec un PUTAIN de riff destructeur) sur « The Persecuted Won’t Forget » mais qui est oublié à cause de la longueur du titre et des rajouts superflus et mous du genou (même si le solo de gratte est très très inspiré de Jeff Waters (Annihilator), notamment pour l’album Alice In Hell, ce qui est un compliment).
La fin, avec des titres comme « Henchmen Ride » (une ballade, au galop certes, mais en roue libre), « Killing Season » (très Downisante je trouve), « Afterlife » (une pâle copie de mélo suédois avec un chant Avenged Sevenfoldesque), « F.E.A.R. » (seule composée par Skolnick, avec un début très prenant aussi, mais la suite… beurk, c’est d’un gay !) et « Leave Me Forever » (à l’intro encore très bonne, décidemment, mais dont le nom de titre est dangereux pour une fin d’album…) mous, mous, mous !
Je vais terminer par l’évaluation des musiciens et de la production :
Billy a été très plaisant à écouter, hâte de le revoir en concert. Ses paroles ne m’ont pas transcendées, comme d’habitude (je n’ai jamais été fan des lyrics de Testament). Peterson et Skolnick sont très pros, nous proposent des solos de très bonne facture, mais le reste est mitigé. Skolnick a écrit les paroles de « F.E.A.R. », dont le titre prouve que Monsieur est un lecteur averti (Je vous laisse lire la signification de « F.E.A.R. » dans le livret, et j’ajoute que c’est tiré du livre de Neale Donald Walsh « Conversation avec Dieu » (sans avoir lu le livre, philosophie moderne irrationnelle, on ne le sait pas. Skolnick rejoint Alanis Morissette sur ce point).
La section rythmique de Greg Christian est quasi irréprochable. Il a bien fait son job, bravo (il manque quand même ce petit éclat qu’on distinguait dans certains vieux morceaux...soupir).
Paul Bostaph, lui aussi a été remarquable en termes de rythmique et de technicité, mais j’ai un soucis avec lui : par moments, il en fait trop dans les roulements de toms (c’est comme s’il nous donnait une part de gâteau, mais avec 2 fois trop de crème dessus).
La production enfin est signée Andy Sneap et Vincent Wojno. Elle est très propre, puissante, et laisse s’écouter chaque instrument mais est sans furie et sans punch. On en a l’habitude…
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Jeudi 03 Juillet 2008 |

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