Chargement ...
Vous allez être redirigé
|
| 1994 - Atlantic Records |

|
Vous devez être membre pour déposer une note
1. Low
2. Legions (In Hiding)
3. Hail Mary
4. Trail Of Tears
5. Shades Of War
6. P.C.
7. Dog Faced Gods
8. All I Could Bleed
9. Urotsukidoji
10. Chasing Fear
11. Ride
12. Last Call |
|
|
|
| Chronique |
 14 / 20 |
|
Pour la totalité des mythes du thrash metal des eighties, l’arrivée des années 90 fût un cap des plus difficiles à passer. Carrément fatales pour certains, mêmes pour les plus grands ces années furent d’abord celles de la concurrence écrasante du death metal, puis de l’émergence de nouveaux acteurs comme Pantera ou Machine Head qui se mirent à tailler des croupières aux anciens.
Pour ne se concentrer que sur le groupe de la Bay Area qui nous concerne ici, le constat est identique. Le temps du firmament de The Legacy est bien consommé, et restant sur un Ritual qui n’a pas convaincu, Testament est bien décidé à ne pas rester en rade sur le bord de la route.
Ils jettent donc toutes leurs forces dans la bataille en sortant Low en 1994, dont le contenu indique clairement une volonté de sonner moderne.
L’effet de surprise se veut saisissant dès les premières notes de Low : guitares puissantes, rythmique mid-tempo en acier forgé, et surtout évolution du chant de Chuck avec une présence et un coffre rappelant par moments de Phil Anselmo… Legions confirme ce virage assez spectaculaire, avec la recherche systématique de riffs roulants, massifs, claquants à l’impact, appuyé par une basse assez lourde et une batterie martiale au jeu déhanché, qui occupe bien l’espace, abusant de double pédale pour densifier le tout. Les recettes de ce qu’on appellera plus tard le post-thrash, et un certain héritage de techniques de bases du death metal : Testament frappe là où il n’est pas attendu, et enfonce un peu plus le clou avec Hail Mary, du même tonneau. Toujours cette rythmique lente à mid-tempo, mais imposante, un chant volontaire et quelques soli bien sentis, qui eux, font partie de la marque de fabrique déjà bien connue. Tout cela est foutrement bien en place.
La rupture s’arrête un instant avec Trail Of Tears, sempiternelle balade au chant clair et aux recettes éculées que maîtrisent parfaitement Testament. Toujours un bon moment d’ailleurs, où le toucher et la créativité de ces diables de gratteux font merveilles.
La marche en avant reprend dans cette même veine post-thrash (un bon Shades Of War, un passable P.C), mais le deuxième gros effet de surprise intervient avec Dog Faced Gods : du death metal, pur et dur, ni plus ni moins, avec un couplet virulent couvert par les growls respectables de Chuck Billly ! Dommage que Testament n’aille pas au bout de ses idées sur le refrain chanté un peu hors de propos. Un chant de death que l’on retrouve d’ailleurs parsemé çi et là (comme sur la fin de l’énergique Ride).
La fin de l’album demeure toutefois un peu approximative, seul Chasing Fear tenant solidement son rang. Dommage, car le fil est de fait un peu perdu et l’album perd un peu de sa vitesse de croisière en s’égarant dans de trop nombreuses voies.
Alors, que penser de ce Low, au delà du décontenancement qu’il a suscité à l’époque de sa sortie ? Avec une pointe de lucidité il est juste de détecter dans la démarche de Testament une certaine part d’opportunisme : rompant fortement avec son passé, les Américains ne font pas dans l’innovation, l’album étant largement constitué « d’emprunts » aux styles les plus en vogue, du post-thrash de Pantera au death metal. Une démarche artistique toujours sujette à critique. Cependant, dans leur volonté d’exister, et en s’appuyant sur leur indéniable talent et leur technique redoutable, les thrashers sont irréprochables dans la finition et la musique proposée tient diablement la route.
Disque qui doit être avant tout vu comme celui de la transition, donc en manque de maturité et hésitant sur la voie artistique à suivre. Au-delà, son importance dans la discographie de Testament est indiscutable. En s’accrochant de la sorte, quitte à s’appuyer sur de nouveaux référentiels stylistiques, le groupe parvient à survivre aux terribles années 90 et à construire sûrement les bases de son avenir, avec en point de mire lointain un grand coup d’éclat à venir nommé The Gathering.
1 commentaire |
|
| Mini-Chronique |
 13 / 20 |
|
Après la sortie du trés bon album de thrash mélodique "The Ritual", boudé par les fans. "Low" marque le retour de Testament à des horizons musicaux plus aggressifs. Dés le premier titre, on se rend compte que la métamorphose, qui va les mener au thrash-death moderne de "Demonic", est en marche. "Dog faced Dog" et ses vocaux death ou les intenses "Hail Mary" et "Ride" confirment cette tendance. Cependant, le groupe n'hésite pas à varier les plaisirs en proposant des morceaux mélodiques plus classiques ("Legions in Hiding", "All i Could bleed"), une agréable ballade ("Trail of Tears"),un brûlot politique trés direct("PC") ou le sombre et presque étouffant "Shades of War". Enfin, deux instrumentaux -pas trés réussis-("The Call", l'expérimental "Urotsukidodj") et le moyen "Chasing Fear" renforcent l'impression "fourre-tout" de l'album, dont on peut juste reprocher l'hétérogénéité (prouvant au passage que le groupe n'est pas encore tout à fait sûr de sa direction artistique). Néanmoins, "Low" montre une volonté évidente, de la part de Testament, de se renouveller sans renier ses racines... Le meilleur reste à venir!
0 commentaire |
|
|