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Black Folklorique Temnozor (RUS-1) Haunted Dreamscapes
CD, date de parution : 03 Janvier 2010 - Stellar Winter Records / Eastside Records
Style: Black Folklorique

NOTE SOM : 15/20
Toutes les notes : 17/20 Vous devez être membre pour déposer une note
Tracklist
1. Eaves of Pestilence 03:12
2. Ravens of Bus 05:36
3. Solstice-Kolyada 06:00
4. Haunted Dreamscapes 05:05
5. Grace-Cup of Morrow 08:42
6. Heart of Crane Spaces 07:23
7. Swoon, the Field Winds ! 05:58
Total playing time 41:56

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11 avis 1 17/20
Chronique
15 / 20
    AlonewithL, Mercredi 30 Mai 2012 parlez-en à vos amis  
Haunted Dreamscapes nous fait passer d’un bleu profond au gris insondable.

« Temnozor » le fameux groupe de black folklorique russe a réalisé un terrible coup de force en 2005 avec son « Folkstorm of the Azure Nights », étant alors parvenu à s’améliorer sur le plan de la composition comme sur le plan sonore. C’est avec cette pièce, mais aussi avec son précédent « Horizons » que la formation s’est bâtie aujourd’hui une reconnaissance dans le milieu. Celle-ci fait son entrée chez le label polonais Eastside. Peut-on voir ici une tentative de se détacher d’une étiquette NSBM que l’on lui colle encore parfois? La horde de Petr s’attèle donc à un quatrième album qui paraitra en 2010. Il ne serait aucunement étrange de considérer cette nouvelle pièce de « Temnozor » comme un bois hanté. « Haunted Dreamscapes » nous fait passer d’un bleu profond au gris insondable.

Jamais une couleur n’aura autant été si bien associée à une musique. Déjà, dès l’introduction « Caves of Death », on croit identifier une nappe épaisse de brouillard, des sonorités mystiques venues rendre la vie à des esprits naturels cachés. Ambiance ténébreuse asphyxiante, narration monocorde des plus inquiétantes. Nous sommes ici dans des lieux interdits où les prêtres païens communiquent avec des démons des temps reculés. Très vite nous sortirons de ce sanctuaire pour courir à toutes jambes dans les obscurités de la forêt environnante « Evilgod’s Ravens ». D’abord immergé sous une rythmique et un riff corrosifs black metal, le titre illustre parfois des moments de gaieté, par l’introduction de flutes notamment. Ce serait en fait deux univers différents qui s’affrontent. Nous en avons d’ailleurs une parfaite représentation sur la seconde partie de la piste mettant en conflit le chant black et le chant clair, la musique black avec celle pagan. L’opus marque une certaine évolution musicale chez « Temnozor ». On privilégierait cette fois le pagan et le chant clair, le rendant plus commun à ce qui se fait en Russie. Car le style de « Temnozor », du moins dans ses débuts, était fortement influencé par celui de ses voisins ukrainiens.

Cette évolution aurait pour conséquence de fluidifier, de manière conséquente parfois, la musique, de puiser un maximum dans les ressources atmosphériques des claviers comme l’équipe le fait assez brillamment sur la première partie de « The Heart of Crane Distances ». Cette semi ballade menée par la guitare acoustique est tellement limpide, qu’elle en deviendrait presque liquide. L’autre moitié de la piste introduit en supplément les efforts énergiques et perturbateurs de la guitare électrique et de la batterie. Cela aurait pour effet d’étoffer parfaitement le morceau. L’affirmation du style russe sur cette galette sera incarnée avec netteté par « Sunwheels of Solstice », bien alambiqué, mêlant à la fois la rudesse pagan du riffing, l’aspect champêtre de la flute et du chant clair, la puissance implacable des sonorités atmosphériques. On en retient un fort sentiment de densité et de diversité, le tout dans une propreté sonore qui permet de ressortir tous les éléments en présence.

Il est étonnant de remarquer, malgré cette tentative de russification, un intérêt porté au pagan de Scandinavie. On le retiendrait principalement dans le riffing de « Chalice of Morrow », abrupte, fonctionnant comme un ballottement constant. Cette houle nordique parvient à se marier à la fibre russe, au chant lancinant de Petr et à la guitare acoustique finement incorporé. Cette dernière chercherait à nous endormir sur l’étrange morceau éponyme « Haunted Dreamscapes ». Un titre émotionnel, au ton assoupi, ayant une forte teneur atmosphérique nous donnant ainsi l’impression de contempler les étoiles. On pourrait le rapprocher au très solennel « Silent Be the Wind », plus pour son impact sentimental, son esprit compassionnel et tendre, en vérité. La rythmique est véritablement lente cette fois. C’est la langueur, la charge que l’on chercherait à ressortir.

Encore un album dont « Temnozor » pourra s’estimer fier. Le fan des débuts saura néanmoins se montrer un peu plus imperturbable vis-à-vis de cet opus. Le chant clair a véritablement pris le pas sur le chant black. De même, la musique pagan marginalise davantage la musique black metal. Le groupe apparaitra donc moins puissant et viril qu’il ne le fut quelques années auparavant. De plus l’œuvre ne se dévoile pas intégralement dès les premières écoutes. Elle demande une attention bien particulière. L’exceptionnelle qualité des illustrations du livret frapperont en revanche immédiatement le regard. « Temnozor » aurait agrémenté sa musique, la rendant contemplative, abordable même pour des non-habitués du metal extrême, mais n’aurait pour autant nullement perdu son âme.
« Apprivoise le loup, il rêvera toujours au bois » _ (Proverbe russe).

15/20




6 Commentaires
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