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The Damnation Game est le deuxième album de Symphony X. Sorti en 1995, c'est aussi le premier à me marquer, de part la présence de Russel Allen, qui va transcender la musique de Symphony X.
Ce qui marque tout de suite, c'est le style musical pratiqué ici. Dès les premières notes du disque, on ressent bien le caractère prog du disque avec, en option, une marque très neoclassique. La musique reste assez sombre et plutôt intimiste. En effet, on est loin d'un prog à la Dream Theater, très démonstratif, ici la musique y est plus ambiancée. Cela est fortement du à une production qui ne met en valeur aucun instrument, parfois on peut avoir l'impression d'avoir une musique en sourdine, mais heureusement la plupart du temps cela ne dérange pas, et ça renforce même l'aspect sombre et étrange. Et même si les riffs metal ne manquent pas (« Savage Curtains », « Dressed To Kill »,...), la musique ne possède pas toujours la puissance du heavy metal, privilégiant le caractère énigmatique.
Ainsi, « Whispers » est un morceau mid-tempo, proche de la ballade, mais avec un air hypnotique qui revient en boucle. Pareil pour « A Winter’s Dream, Prelude », une compo planante. Les paroles travaillées, la pochette curieuse ne font que renforcer cette impression d’un univers insondable... Cependant, il m'arrive de trouver cette apparence un peu froide et pas toujours immergeante.
Oublions cela, parlons maintenant technique. Car sur ce disque, il est question de technique. Mais jamais outrancière (ou presque), elle sert plutôt bien la musique, comme sur l'intro de Secrets, tout en retenue, un superbe passage. Michael Romeo est certainement celui qui donne l'aspect le plus metal à Symphony X, ses riffs n'oublient pas d'envoyer la purée quand il le faut. La batterie aussi, en alternant entre rythmes efficaces à la double ou plus techniques et syncopées. Russel Allen est totalement à l'aise, et varie habilement son registre. Ainsi, il rend le refrain de « Dressed To Kill » dément et carrément power metal par une voix aggressive, mais parvient à nous envoûter sur la part I de « A Winter’s Dream, Prelude ». Les solos de grattes sont très inspirés par Malmsteen et son sweeping, c'est dire le niveau. Le clavier répond parfois, mais tient essentiellement un rôle d'accompagnement, certainement ce qui la musique si étrange, mais mélodieuse et douce. La basse remplit son boulot sans fioritures.
Maintenant qu'on sait que l'instrumentation tient la route, faut voir si les compos sont bonnes. Déjà, elles ne sont pas très alambiquées, six d’elles tournent à une durée moyenne de 5 minutes. Ce qui n'est plutôt pas très long pour du prog. Et tant mieux, car on parvient ainsi à accrocher assez facilement. Parfois quelques longueurs (« The Haunting », « Savage Curtains »), surtout à cause d'un riff un peu trop technique qui ne me touche pas, mais la plupart du temps on s'y retrouve sans problème. Deux compos ressortent particulièrement. « The Edge Of Forever », longue de 8:58, dispose d'un magnifique échange piano/guitare, de solos inspirées et d’un bon refrain. Et « A Winter's Dream », en deux parties. Après une intro sympa avec la belle voix de Russel Allen, mais un peu longuette, la Part II, « Ascension », commence. Un petit solo de Romeo, un couplet et surgit le superbe refrain. Ce morceau donne un aperçu des prochains disques de Symphony X qui continueront dans la même voix, avec un caractère plus épique.
Donc pour ce disque, on assiste à une musique racée, pas forcément évidente, mais qui peut clairement envoûter l’auditeur sensible et pas trop rebuté par un aspect technique. Le metal est bien présent sous la nappe prog à touches neoclassiques. L’ambiance dégagée y est étrange et un peu magique, mais pas toujours touchante. 14/20, car j’ai comme l’impression que Symphony X se chauffe pour la suite. Je les aime bien, donc je les châtie bien...
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