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Outre cette voix si spéciale de Mister Allen, nous devons nous attarder sur les autres aspects importants de ce 7éme opus du groupe à Michael Romeo, à savoir les orchestrations subtiles sur la plupart des morceaux, ce qui leur donne plus de grandiloquence et un côté tragédie grecque, ce qui est plutôt plaisant, et les claviers toujours aussi présents dans la musique de Symphony X, distillant des atmosphères toujours bien senties, par-ci et par-là. Ce qui procure un brin de légéreté à l'ensemble pour aérer une musique qui pourrait donner parfois une impression de débit très compact et assez indigeste, ce qui n'est pas du tout le cas ici! De plus, autre élément essentiel de 'Paradise Lost', les textes des chansons sont très liés entre eux, puisque faisant référence au "paradis perdu" des êtres humains, par leur faute. C'est une forte référence à la chute de l'empire Atlante, mais, ce n'est véritablement pas le cas ici, quoique...les paroles décrivent surtout certains textes de la Bible ("Eve Of Seduction", "The Serpent's Kiss", "The Walls Of Babylon"), ce qui est logique étant donné la pochette et le titre du nouvel album. Quoi qu'on en dise, Symphony X est et restera le groupe le plus progressiste, le plus inventif et le plus intellectuel de la scéne prog', mais, également le plus talentueux, car il sait créer de véritables moments épiques et si intenses, qu'aucun autre groupe ne pourra jamais l'égaler sur ce terrain. Symphony X vient de larguer une nouvelle bombe dans l'Océan Metal et va provoquer, sans aucun doute, un important raz-de-marée, qui va balayer toute la sphère des métalleux et leur prouver que le prog' sait, comme les autres styles, bien botter les derrières! Ca faisait longtemps que nous n'avons pas ressenti pareilles sensations et ça fait du bien! Un must du genre!!!!
L’opus précédent avait divisé les fans, certains criant au chef d’œuvre là ou d’autres dénonçaient un manque d’inspiration et une production plate. Il semble que ce Paradise Lost ait pour rôle de remettre tout le monde d’accord ou du moins d’essayer, en piochant dans leur passé certaines composantes et gimmicks qui ont largement contribué à leur succès et en revitalisant tout ça avec une production énorme et des compositions énergiques, sans avoir peur de lorgner une fois de plus du côté du thrash avec une indéniable efficacité. Sombres, sans concession, épiques et bien entendu virtuoses, les dix titres de ce Symphony X cuvée 2007 rivalisent d’audace et d’envolées lyriques, de refrains ravageurs et de ces soli dont Maître Romeo a le secret et l’exclusivité. Michael Romeo donc, toujours quasi-maître à bord en ce qui concerne la direction artistique du groupe, pète littéralement le feu. Sa guitare est énorme, son jeu toujours aussi fluide avec une forte utilisation du tapping et du legato dans les passages héroïques, mais ce qui surprend surtout, ce sont ses rythmiques lourdes et pesantes, Romeo n’ayant pas peur de radicaliser sa musique vers quelque chose d'indéniablement plus violent. Il est loin le temps où l’on pouvait en toute légitimité le comparer à Yngwie Malmsteen. Mais bien sur, Symphony X ne serait pas grand-chose sans l’autre pièce maîtresse du quintet, Russel Allen. Quelles que soient les critiques faites à l’encontre du groupe par le passé, Russel ne fut (presque) jamais remis en cause et ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. À l’instar de son petit camarade guitariste, le chanteur a durci son timbre, souvent rauque, dans un style melodico-agressif qui lui sied à ravir et qui contribue à renforcer le côté massif et sombre de l’album. On sera étonné par contre de la relative discrétion de Michael Pinnella : finies les longues plages orchestrales comme sur le titre "The Odyssey" et les digressions symphoniques parfois un peu vaines entendues par le passé, cette fois le synthé de Pinnella est parfaitement intégré à l’ensemble, légèrement en retrait par rapport à la guitare de Romeo sur les titres les plus pêchus mais toujours aussi juste et touchant sur les plages plus calmes. Quant à la section rythmique, si elle soutient l’ensemble de façon toujours aussi efficace, on regrettera peut-être que la basse ne soit pas un peu plus mise en avant sur certains passages. Cinq musiciens d’expérience bourrés de talent et motivés à nous servir le meilleur, le résultat pouvait difficilement être mauvais et même s’il n’est pas parfait, il y a des chances que ce Paradise Lost réconcilie les fans désabusés et en ramène une petite fournée de nouveaux dans leur giron. Passée l’intro Rhapsodienne un poil convenue, c’est avec "Set The World On Fire" que le groupe met les points sur les i : riff rapide, voix puissante et refrain imparable, on goûte à la puissance de la nouvelle recette de Symphony X. "Domination" enfonce le clou de façon magistrale, véritable bombe sur laquelle on sent une osmose nouvelle réunir les cinq musiciens, avec ce surpuissant break piano/guitare au milieu du titre. Jamais deux sans trois, "The Serpent’s Kiss" et son riff headbanguant au possible achèvent cette fracassante entrée en matière. Le message est passé : Symphony X est de retour, en forme, plein de vitamines et avec un bronzage impeccable. Le titre "Paradise Lost" nous montre une facette déjà bien plus conventionnelle du groupe et malgré les indéniables qualités de ce titre, on a une vague impression de déjà-entendu. Mais la suite nous remet le pied à l’étrier avec un nouveau triptyque survitaminé ("Eve of Seduction" / "The Walls Of Babylon" / "Seven") où se côtoient refrains grandiloquents, cavalcades effrénées, soli inspirés et toujours un Russel Allen en grande forme, décidément remonté à bloc depuis son duel avec Jorn Lande. "Sacrifice", la ballade du lot, nous offre un moment de calme où le piano de Pinnella se veut lyrique et émouvant et où l'on surprend Romeo en flagrant délit de sensibilité à la guitare acoustique, puis vient ensuite le gros morceau de l’opus, "Revelation (Divus Pennae ex Tragoedia)". Modeste titre d’à peine neuf minutes comparé aux autres pièces maîtresses des albums passés qui flirtaient souvent avec les vingt minutes, il n’en est pas moins intense et efficace. Il réunit à lui seul toutes les meilleures facettes du groupe et clôt ce chapitre de façon magistrale. Album parfait ? Non, bien sûr. Si on appréciera les clins d’œil au passé du groupe et certaines ressemblances avec des titres des années précédentes (on aura vite fait de rapprocher - peut-être un peu abusivement, soit - "Sea Of Lies" et "Domination" ou encore "The Walls Of Babylon" et "Of Sins And Shadows"), on ne peut que regretter que le groupe retombe dans certains travers malheureux comme le néo-classique un peu bateau (l’intro de "Seven") ou la mélodie légèrement sirupeuse ("Paradise Lost"). Mais ce genre de petits défauts, très irritants dès lors qu’on ne voit qu’eux, sont tout de même largement compensés par les innombrables qualités distillées tout le long des soixante minutes de cette œuvre complexe, riche et généreuse. Un grand album d’un grand groupe : difficile de passer à côté, non ?
Etant fan du groupe j'ai dû réécouter cet album plusieurs fois pour tenter de me convaincre que c'était Symphony X... Et puis Russel Allen en fait beaucoup trop ici : il ne dose même pas sa voix comme il le faisait sur Odyssey ou Twilight In Olympus et franchement semble avoir totalement perdu son feeling en cours de route tellement ses parties de chant sont insipides ici. Bref, le groupe se cherche une nouvelle voie, mais à mon sens est bien loin de l'avoir trouvée.
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