Slave Design

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Nom du groupe Sybreed
Nom de l'album Slave Design
Type Album
Date de parution 2004
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album120

Tracklist

1. Bioactive
2. ReEvolution
3. Decoy
4. Synthetic Breed
5. Next Day Will Never Come
6. Machine Gun Messiah
7. Take the Red Pill
8. Rusted
9. Static Currents
10. Critical Mass
11. ReEvolution (Syntax Airplay Edit)
12. Decoy (Radio Slave Edit)

Chronique @ Matai

08 Décembre 2009

Un tout premier album plus qu'encourageant: une vraie baffe

Premier album pour un jeune groupe, Sybreed arrive sur les devants de la scène et nous montre ce qu'ils savent faire.
Evidément, quand on évoque "premier album", on n'a pas spécialement une pensée très positive : premier coup d'essai, première production, premier enregistrement, par conséquent, manque de maturité et d'expérience, et donc quelque chose de vaseux et de peu abouti.
Eh bien non. Par le simple fait que deux des membres, c'est-à-dire Drop, guitariste, et Ben, chanteur, aient tous deux fait parti de Rain...ce ne sont donc pas des débutants.

Et ça s'entend! Rien que par la qualité du son, tout d'abord, et la musique en elle-même. Un réel rouleau compresseur s'abat sur vous dès la première écoute. Une déferlante de guitares polyrythmiques à la Meshuggah et de vocaux hurlés à vous arracher les tripes dès le premier titre nommé Bioactive, une batterie technique et tonitruante à vous couper le souffle, un arrière plan électronique et des ambiances froides et apocalyptique en prime. Et non, on ne fait pas dans la dentelle chez Sybreed. On vous transporte directement dans un monde de violence et de machines.
Il faut dire que ce groupe, tout comme Fear Factory et leur célèbre opus Demanufacture, concrétise l'apparition d'un style dénommé Cyber Metal, un mesclin de musique indus avec des guitares tranchantes et une ambiance futuriste et métallique et un concept des plus sombre et mécanique. En exemple, ReEvolution, dans la digne continuité de Bioactive, les guitares aussi puissantes, le chant clair apparaît comme une complainte, et le chant hurlé, au refrain, est vraiment jouissif et représentatif de l'incertitude de l'homme face à son futur. Et toujours cet enrobage électronique...

Mais encore? Prenez donc des titres tels que Decoy ou Rusted: agressifs à souhait, ultra transcendants, et aux riffs saccadés. L'alternance du chant hurlé au chant clair semble tellement facile pour Ben qu'on en reste bouche bée, car cela donne énormément d'émotion à l'intérieur même d'un titre. L'électronique prend les devants sur les refrains et nous embarque dans une autre dimension. Impossible de se perdre, ou même de s'ennuyer, on est pris, emprisonnés et tenus en haleine jusqu'au bout.
Next Day Will Never Come est tout simplement ahurissant et surtout inattendu. D'une sensibilité frappante, d'une mélodicité inouï même si le fond reste agressif. Un refrain prenant et des paroles saisissantes "Il n'y a plus d'amour; il n'y a plus de douleur; notre existence va disparaître"...L'électronique et les samples sont tout simplement en accord, avec les guitares, cette fois-ci moins incisives, plus mélancoliques...un chant clair poignant...Cette ambiance de fin de l'humanité est tout simplement magnifique...

Quoiqu'il en soit, l'album est imbibé de cette fin du monde. Il suffit de voir la pochette : dans le futur, l'homme se mécanise, il disparaît, au profit d'une intelligence artificielle. Il perd espoir, confiance en lui, et ne peut rien faire face à cette arrivée en masse de machine dominatrice. Chaque instrument dans l'album traduit un élément : la voix le désespoir, les guitares la mécanisation, la batterie la machine, l'électronique le futur...

De plus, lors de la lecture des titres, on ne peut s'empêcher de se demander si Sybreed a été influencé par le film Matrix. Slave Design reprend les mêmes éléments énoncés plus haut. Les plus significatifs sont Take the Red Pill, dans le film, Neo doit choisir entre la pillule rouge et la bleue, la rouge permettant de se libérer du "faux" monde; ReEvolution, l'évolution des machines en quelque chose de bien plus intelligent; Next Day Will Never Come, si l'homme se laisse dominer il n'y aura plus de futur pour lui.

Et après tout ça? L'album se termine sur Critical Mass, un titre assez long mais très calme et mélodique, ce qui détonne avec le reste de l'opus. C'est comme une balade : guitares lentes, batterie moins puissante, mais un chant clair allant dans les graves tout autant que dans les aigus avec aisance. Une belle fin en perspective.

Vous l'aurez compris : procurez vous l'album d'urgence si ce n'est déjà fait. Sybreed nous offre son bijou, sa perle rare, son diamant...sa musique des plus originales, comme on en a peu entendue. Rien qu'une écoute vous envoutera, et le charme restera ancré en vous un long moment.






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bojart - 11 Décembre 2009: Pour un premier album,c'est une belle réussite.
merci pour ta chronique.
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Chronique @ Eternalis

06 Novembre 2008
« Slave Design » : une baffe dans la gueule d’entrée pour un groupe qui explose complètement les limites de la puissance et de la complexité. Comment est-il possible de réaliser un tel album quand il s’agit du premier ? Le fait que certains membres aient, un jour, fait partie de Rain (Drop et Ben) est peut être un élément de réponse.

Entendez bien que l’on est ici vraiment très loin d’un premier opus timide ou d’une démo foireuse posée sur disque. Tout d’abord, le son est époustouflant, dense et intense, tout en restant d’une clarté exemplaire. Puis la musique en elle-même propose simplement ce qui se fait de mieux pour ceux qui se disent fans de Meshuggah ou Fear Factory, et même plus encore en ce qui me concerne.
Car loin de se comporter en clone, le combo suisse innove et bouscule la conformité. Le transcendant titre d’ouverture (Bioactive) en est une pure preuve : un chant à déchirer les entrailles, des riffs ultra syncopés, une batterie sous forme de véritable rouleau compresseur mais surtout cette dose massive d’électronique apportée en nappe ou en solo. Les nombreux breaks électro sont un pur délice et témoigne d’une personnalité et d’une maturité résolument avant-gardiste.
ReEvolution suit et prolonge ce plaisir intense provoqué par ce déluge de riffs pachydermiques et d’électronique toujours placée à des endroits stratégiques afin de ne jamais laisser tomber la pression et de tenir constamment l’auditeur sous son contrôle.

Je ne vais pas faire une description titre par titre car la richesse est telle que ce serait trop long, le seul moyen étant de se procurer cet album trop rare, mais ayant néanmoins provoqué un raz-de-marée dans la scène underground locale. En effet, comment ne pas tomber sous la coupe des suisses à l’écoute du formidable Next day will never come, mélange subtil d’agressivité et de poésie, de rage et de beauté, où les vocaux rageurs combattent des chants clairs dérangeant de légèreté, et qui mène à un des refrains les plus percutants qu’il m’ait été donné d’entendre depuis des années.
Le morceau suivant, Machine gun messiah, laisse quand à lui plus de place à une violence inouïe, n’étant pas sans rappeler la folie créatrice d’un certain Devin Townsend.

Ne chercher pas à lutter, ce disque est une merveille qu’il vous sera dure de quitter, une fois installée dans votre cervelet. Le futur du métal dit moderne passera immanquablement par Sybreed.



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GLADIATOR - 07 Novembre 2008: ta chronique , assez courte , donne envie de se procurer l'album ! Merci ! Glad.
Matai - 17 Septembre 2009: je suis entièrement d'accord avec toi, je crois que ta chronique résume extrêmement bien ce qu'est "Slave Design" : une perle ! j'ai cet album et je ne me lasse pas de l'écouter tant il est bon !
Ezechielle - 28 Novembre 2010: Pour moi aussi ce "Slave Design" a été une baffe. Je trouve que l'album s'essouffle un peu sur la fin, mais l'ensemble est très réussit (Bioactive, comme tu le soulignes, est un morceau grandiose!). Vraiment dommage qu'il n'ait pas bénéficié d'une meilleure promotion car il le mérite vraiment!
bojart - 29 Mars 2011: Mon album favori de Sybreed. Merci pour cette superbe chronique!
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