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Black One

Sunn O))) discographie



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SUNN O))) - BLACK ONE (CD)

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2005 - Southern Lord Records
Sunn O))) : Black One, chronique, tracklist, mp3, paroles
Tracklist

1- Sin Nanna
2- It Took The Night To Believe »
3- Cursed Realms (Of The Winterdemons)
4- Orthodox Caveman
5- CandleGoat
6- Cry For The Weeper
7- Báthory Erzsébet

les paroles
Note
15/20
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Chronique

parlez-en à vos amis  Imprimer
Svartolycka, le Mercredi 16 Novembre 2005
note : 20/20
Insolite !!

Voilà sûrement le meilleur qualificatif que l’on apposera sur le nouveau disque de l’iconoclaste Sunn O))). Les connaisseurs mais aussi les néophytes de la chimère de Greg Anderson et de Stephen O’Malley peuvent reconnaître que l’écoute d’un objet du groupe est une expérience traumatisante. Suffocante, la « musique » de Sunn O))) défit même toute analyse critique. Tout est de l’ordre de la sensation la plus épurée, la plus nihiliste qui soit...

Après le sublime (au sens de plaisir jouant à tension égale avec la souffrance) « White2 », les intuitions de Sunn O))) décident de reprendre ce que le dernier disque laissait présager. Suite au diptyque « White » entrez maintenant dans la dimension « Black ». Cette entrée dans une nouvelle dimension sera synonyme d’immersion dans une nébuleuse sombre et insalubre. Le réprouvé pointe son aura la plus crépusculaire… Si la série « White » pouvait s’apparenter à une éclipse sonore comme sublimation ultime, la nouvelle ne laisse que la place à l’amertume et la résignation absolue. On ne se perd pas dans cet album, on y sombre, corps et âme. Nos sens ne sont pas malmenés ou abscons, il sont directement atteints, écharpés, écorchés, fragmentés, nul ne peut représenter ce qui circule dans l’éther … Pulsions ? Névroses ? Et si c’était toute la déchéance allégorique qui se déroule durant cette écoute… Une circulation macabre et grouillante… « Black One » atteint ici un sommet de résonance, la plus sombre de la destinée de Sunn O))).

Semblable à une formation spectrale de jazz, Anderson et O’Malley s’entourent de personnages ayant un rapport tous singuliers à la perception sonore et cette nouvelle chimère est sûrement la plus atypique… Si John Wiese et Oren Ambarchi ne titillaient que les amateurs de musique conceptuelle, la présence de Wrest (Leviathan) et de Malefic (Xasthur) risque de créer une certaine affluence… La présence de ces deux personnages sera aussi l’occasion d’axer une trame plus narrative et crépusculaire dans la construction des nouveaux « titres ». En effet, les voix des deux phénomènes (ainsi que l’aspect instrumental propre à chacun) donne un cachet à nouveaux différent orienté davantage vers le danger. Nul doute que Sunn O))) a su créer un méandre de sons haptique, sauf que maintenant l’expérience se change en une menace à la fois sourde et oppressante, ce qui le rapproche de l’atmosphère du black. Les voix semblant sortir des plus profond des abîmes donne irrémédiablement un sentiment non pas de confusion, mais une linéarité envahissante et malsaine. Renforçant cette impression, le silence se fait, véritablement, contenant encore toutes les frustrations purulentes. Ce silence est en fait aussi chargé que les déflagrations d’infra basses...

Peut-on voir ? peut-on ressentir ou subir ? Et pourquoi pas tout en même temps… Car ce que l’on distingue c’est une répression ectoplasmique, une sensation plus mortuaire mais plus proche de l’auditeur. En cela, il est clair que l’apposition des voix crée un rapprochement rendant cet album d’autant plus insalubre et mesquin qu’il est plus « abordable ».Et quand le disque se termine par le sublimement glauque et claustrophobe « Bàthory Erzsébet » porté par une voix fermentée (Malefic), on se rend compte que « Black One » est plus qu’un disque, plus qu’une expérience mais une véritable Damnation...

Ou, quand la destruction des formes compose une abnégation...

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2 commentaires


Chronique

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MercuryShadow, le Mercredi 26 Juillet 2006
Fermez les yeux. Fermez les yeux et imaginez.
Vos chétives épaules, après avoir vainement résisté quelques instants, ploient maintenant sous une masse mouvante qui vous écrase, toujours plus profond, jusqu'au coeur des ténèbres. Vous frissonez, vous étouffez, vous tentez désespérément de comprendre ce à quoi vous êtes confronté. Mais cet enfer échappe à toute analyse, à toute intellectualisation. Ici, tout n'est que sensation, que ressenti, et, plus souvent qu'à son tour, que douleur.

La noirceur fait son. Voilà ce qu'inspire ce «Black 1», le bien nommé.

Il est impossible de définir le contenu de cet album selon des termes rationnels. Pas de structures, ni mêmes de morceaux à proprement parler. Tout juste de longues plages sonores, presque bruitistes, traversées de rares voix incantatoires et inhumaines, qui vous prennent aux tripes, s'emparent de vous et ne vous rejettent qu'exténués, vidés, ébranlés au plus profond de votre être.
Figurez-vous un supplicié à qui on laisserait tout loisir de mettre un terme à ses souffrances, mais qui ne pourrait s'y résoudre tant il est fasciné par la noirceur et le génie de ce à quoi il est soumis, et vous aurez une idée de ce que représente l'écoute de cet «album».

Vous voilà avertis. Et pour ceux qui se décideraient tout de même à s'immerger dans ce magma sans nom, rappelez-vous:
«Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance». (Dante)

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