Minas Morgul

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Nom du groupe Summoning
Nom de l'album Minas Morgul
Type Album
Date de parution 16 Octobre 1995
Enregistré à Hoernix Ton und Licht
Style MusicalBlack Epique
Membres possèdant cet album346

Tracklist

Re-Issue in 2002 by Irond Records.
Re-Issue in 2007 by Temple Of Darkness Records.
1. Soul Wandering 02:32
2. Lugburz 07:15
3. Passing of the Grey Company 09:16
4. Morthond 06:44
5. Marching Homewards 08:11
6. Orthanc 01:39
7. Ungolianth 06:37
8. Dagor Bragollach 05:05
9. Through the Forest of Dol Guldur 04:47
10. The Legend of the Master-Ring 05:27
11. Dor Daedeloth 10:16
Total playing time 1:07:49

Chronique @ =XGV=

25 Janvier 2010
Minas Morgul est un virage dans la carrière de Summoning. Alors que Lugburz, sorti un peu plus tôt la même année, laissait penser que le groupe continuerait à jouer un Black Metal classique, il se réinvente ici en incorporant des claviers très présents. Bien évidemment, un tel revirement de bord n'est pas anodin et il est naturel de se demander s'il est vraiment possible de passer d'un Black que l'on pourrait qualifier de "true" à autre chose sans y perdre ses dents... Cependant, l'audace peut parfois payer.

On s'éloigne ici considérablement de l'album précédent. Ici, la production est meilleure, par exemple, mais le changement le plus notable est surtout l'utilisation des claviers. Ils sont ici un élément central de la musique jouée par Summoning. Un gros problème vient cependant entacher l'album tout entier : leurs sonorités. D'où vient ce problème ? On peut aisément imaginer que c'est là un problème de budget qui a empêché les membres de s'acheter du matériel digne de ce nom. Dommage car le résultat risque d'en rebuter beaucoup : l'effet engendré est particulièrement synthétique. Par exemple, sur "Morthond", où ils emploient un effet violons, on n'a pas l'impression d'entendre un instrument à corde, mais bel et bien un synthétiseur. Et même si l'on sait que peu de groupes symphoniques s'accompagnent d'autre chose que de claviers, l'imitation est en générale assez réussie pour créer l'illusion, mais ici, ce n'est pas le cas. Chaque intervention un peu "symphonisante" est de ce fait un peu ratée, le summum étant atteint par le simili-clavecin de "The Passing of Grey Company", grinçant et au final, crispant.

Cela n'est pourtant pas un défaut énorme, pour peu que l'on soit habitué. Car le seul problème que cela engendre est qu'il est assez difficile d'apprécier l'album à sa juste valeur du premier coup ; plusieurs écoutes sont nécessaires. Et celui qui aura persévéré sera bien récompensé car en dehors de ce problème technique, Minas Morgul regorge de qualités. Et paradoxalement, ces claviers en font partie, une fois qu'on s'est fait à leurs sonorités ( et certaines de leurs interventions sont quand même bien réussies. ) "The Legend of the Master-Ring" nous gratifie par exemple d'une atmosphère "légende ancestrale" qui colle parfaitement au sujet. C'est d'ailleurs un point très important à aborder : tous les textes sont issus tels quels des ouvrages de J.R.R. Tolkien, auteur du fameux "Le Seigneur des Anneaux"... Ce qui en dit long sur les atmosphères recherchées par Summoning sur cet album.

Ainsi, le groupe a décidé de nous faire voyager dans la Terre du Milieu, concept ambitieux quand on connait l'engouement généré par la saga depuis des années ( bien avant la sortie des films. ) Minas Morgul est épique, mytsique, mystérieux et sombre. Les ambiances sont en général assez variées, même si les sonorités restent globalement similaires. Similaires, mais pas identiques, bien entendu et cela grâce au travail apporté sur les atmosphères, malheureusement difficiles à saisir si l'on a du mal avec ces satanés claviers. Si l'on est pas dérangé, on pourra cependant voyager à l'écoute de cet album, dans des terres étranges emplies de magie ( "Through the Forest of Dol Guldur" ) ou alors dans des contrées menaçantes ( "Lugburz"... ) Bref, on se promène tout au long de l'écoute de cette galette et c'est du tout bon.

Du reste, c'est assez classique, du fait du passé musical du groupe. Les riffs à la guitares sont intéressants, plus ou moins répétés selon les chansons, mais font mouche et sont bien soulignés par les claviers ( à moins que ça ne soit l'inverse ? ). La voix est tout ce qu'il y a de typique pour un groupe de Black, mais il faut noter cependant qu'elle est parfois affublée d'un effet.

En résumé, la seule véritable faiblesse du groupe à l'époque était son matériel de qualité très moyenne. Les claviers sonnent vraiment très synthétiques et cela gênera beaucoup de monde à la première écoute. Cela ne doit cependant pas arrêter les amateurs de ce type de Black Metal car malgré tout, le travail y est, l'âme et la conviction aussi... Et si le résultat n'est pas au top, le virage négocié par le groupe a été plutôt bien pris, mais il leur fallait encore confirmer leur talent avec un nouvel album... Et un nouveau synthétiseur...

5 Commentaires

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Topher - 04 Fevrier 2010: ça ne m'a jamais dérangé ce son dont tu parles je trouve ça même bizarre qu'on en parle comme ça mais bon ^^

Tous les albums de Summoning ont été à un moment donné mes préférés ^^ C'est ça que je trouve génial. Mais au final je préfère Dol Guldur, je crois, dont il m'a fallut beaucoup de temps pour l'apprécier vraiment.

Hmm en passant j'adore la démo de Morthond ^^
Korwyn666 - 09 Fevrier 2010: Pas fan de Black Metal, heureusement que je n'ai pas découvert Summoning à travers leur 1er album "Lugburz"...
Minas Morgul est un très bon album où l'aspect épique qui se retrouve sublimé sur leurs albums suivants, est ici plutôt bien introduit.
J'apprécie tout particulièrement les titres "Morthond" et "Dagor Bragollach" mais l'album s'écoute mieux dans son ensemble.
Concernant les sonorités très synthétiseur, cela n'est pas insurmontable et ça donne un côté retro qui finalement permet de s'immerger dans l'univers sombre des Terres du Milieu.
Dol Guldur mais surtout Oath Bound sont mes albums préférés ;-)
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Chronique @ furaxyn

30 Avril 2014

Vision de l'Ombre en Terre du Milieu

On sait aujourd’hui que la musique de film peut être envahissante plus qu'autre chose, surtout si elle cherche à ponctuer tous les moments émotionnels d'une oeuvre cinématographique. Les travaux de Howard Shore en sont un bon exemple, lui qui a pourtant su nous gâter avec une bande sonore bluffante pour les trois volets de l’adaptation de Lords of the Rings réalisée par le pas-toujours-très-subtil Peter Jackson. Et dans le microcosme Metal, quels groupes, quels albums, quels morceaux isolés peuvent être un bon support d’imagination pour une lecture idéale des écrits de J.R.R. Tolkien ? Dresser une liste complète prendrait la nuit. Si on reste dans le Black Metal des années 90, on tombera nécessairement sur Burzum, Gorgoroth ou encore Summoning.

Minas Morgul fait suite à Lugburz, debut-album enregistré alors que les chefs d’orchestre Silenus et Protector étaient épaulés par le batteur Trifixion. Le départ de ce dernier n’empêcha pas le duo de sortir très rapidement leur second effort studio mais en recourant cette fois à la BAR pour générer les percussions.
Passée une classique intro bien intrigante comme il faut, la colossale "Lugburz" (le morceau, pas l’album) interpelle immédiatement : les secs riffs black et les pulsations des percus reviennent encore et encore dans une langueur martiale ; au loin, de brumeux instruments à vent et des coups de tonnerre résonnent ; l'armée du Mordor passe les portes de la déchue Minas Ithil mais aussitôt en réponse, les vents et percussions des claviers entament un air de complainte médiévale ; guitares et batterie suivent le rythme : c'est "le passage de la Compagnie Grise". Nos deux conteurs poursuivent leur chant torturé, tels des shamans orques prévoyant et redoutant la chevauchée des fiers cavaliers elfes et humains qu'accompagne le fier Gimli.

Pendant tout l’album, Protector et Silenus font pleuvoir leurs compositions minimalistes, entre des cordes distordues et des claviers reprenant les mêmes notes. Les breaks ambiants et les arrangements néoclassiques sauront apporter les quelques variations essentielles, de même que les ponctuelles accélérations des percussions.
Pour évoquer les contrées de la Terre du Milieu marquées par l'empreinte de Sauron ou celle de Morgoth (les noms des pistes "Dagor Bragollach" et "Dor Daedeloth" trouvent leur explication dans le livre Silmarillion), l’instrumentation se fera majestueuse, parfois menaçante. Le mystère plane aussi ; "Morthond" s'illustre ainsi par ses grandes nappes brumeuses.

Rien que "Dor Daedaloth" suffira à démontrer la maîtrise des Autrichiens à développer une fresque black atmosphérique, quitte à user ici d'un volontaire sous-mixage des guitares et d'abuser de longs slow-tempi pour les percussions.
Tandis qu' "Orthanc" se veut une évocation instrumentale assez exotique, toutefois un peu surajoutée par rapport au reste, "Dagor Bragollach" dénote de tout l'album comme thème ambiant chanté laissant les claviers à la manœuvre pour ressusciter les fantômes des guerriers tombés au combat. En ce qui concerne le piano de "Legend of the Master-Ring", je me refuse à l’évoquer davantage, sans quoi je verserais dans la vénération outrancière.

L'épique "Marching Homewards", le vertigineux "Ungolianth" n'hésitent pas à reprendre à la note près les riffs des morceaux initiaux, "Lugburz" et "The Passing...", mais comme "Morthond" et l'ultime morceau du disque, ces pistes sauront se distinguer par des notes de clavier scintillantes, telles des étoiles dans un ciel noir - l'image est naïve ? Et alors ? Bande de rabats-joie !
Quant au brutal "Through the Forest of Dol Guldur", il prouve en un temps record qu’un air aux consonances épiques peut aussi susciter une intense tristesse chez l'auditeur grâce à son pétrifiant break que vient renforcer une guitare sèche ; un morceau qui annonce la sauvagerie du combat et les inéluctables ravages à venir dans les terres défiant le pouvoir du Mordor.

Lorsque le disque redémarre, je me vois perché sur le dos d'un oliphant, sentant la démarche massive du pachyderme, scrutant le moment où la horde reformée lance à nouveau sa charge furieuse, mue par la crainte que lui inspire la Tour Sombre, dont elle est l'impitoyable servante.
Nul besoin d’attendre les albums Dol Guldur ou Stronghold : en 1995, Summoning est déjà un maître de l'évocation.

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MikeSlave - 30 Avril 2014: Je lui préfère largement "Dol Guldur" qui représente l'apogée musicale et conceptuelle de Summoning, de concert avec l'EP "Nighshade Forest".
Mais cet album montre une évolution incommensurable si on le rapporte à Lugburz.
Merci pour ce texte agréable et passionné.
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Commentaire @ Peter.K

18 Fevrier 2006
Bien, je me lance pour ma première chronique sur ce site..
Minas Morgul.. un des premiers albums de black que j'ai connu, et quel album..
Summoning sont vraiment des maitres pour le black atmo,et ils nous le prouvent avec cet album. Certains osent dire que ce n'est pas du black. Pourtant il suffit d'écouter les superbes hurlements de Protector pour s'apercevoir qu'il n'y a que le black qui peut ainsi faire vibrer les tripes.
Bien alors cet album, Minas Morgul, c'est un album qui fait vraiment voyager, du début à la fin. L'influence de Tolkien se fait beaucoup ressentir ,surtout sur "The Legend of the Master-Ring" (bizarre, j'ai déja vu ca quelque part...)Mais écoutez plutôt , tout est parfaitement accordé, la boite a rythme (Silénius et Protector ayant décidé de virer la vraie batterie) est parfaitement réglée, les claviers nous portent, l'ambiance épique nous hypnose, et écouter cet album dans un état second est vraiment un truc magique (si si essayez!!)
Pour parler des morceaux uns par un... c'est dur,ils sont tous différents, tous magnifiques.. Les 70 minutes de l'album passent toutes seules et on en redemande.
Pour conclure sur cet album, mettez la galette dans votre chaine, fermez les yeux ...et vous voila arrivé dans le monde du Mordor. Bon voyage!!


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Abyssion - 18 Novembre 2008: Un bon album il est vrai mais c'est rééllement dommage que le son ne soit pas meilleurs. Suffit d'écouter "Passing Of The Grey Company", on dirait rééllement que le clavier a été fait sur guitar pro :/. Summoning trouvera rééllement son âge d'or avec les trois derniers albums, tous simplement géniaux.
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Commentaire @ dementiaadvitam

30 Septembre 2007
Summoning !!! Un groupe Autrichien qui a renouvelé tout un style, tout un art, et d'une manière plus que poétique...
C'est en tirant ses origines de l'univers du Seigneur Des Anneaux que Silenius et Protector nous enivreront de leur épopée musicale venant des terres du milieu.

L'arc des deux compères vise juste sur Minas Morgul, leur deuxième album, plantant la flèche en plein coeur d'une nouvelle cible, le Black Metal aux influences magiques et aux ambiances mystiques. Ici pas question d'abuser d'instruments au riff sale et dépressif et de distorsions aiguisées dans le but de déclarer la guerre, tout se passe au synthétiseur et à la guitare électrique.

L'introduction annonce tout de suite le ton sur le coté magique et sombre du groupe avec des percussions atypiques et un synthé qui vous glace le sang.
Le combo enchaine un hymne orienté Doom Metal, avec des percussions plus Black et des choeurs en fond, vous hissant très très haut, si bien qu'il est impossible de redescendre... Une pléiade d'hymnes allant du Doom/Black Metal, des influences médiévales (The Passing of the Grey Company), jusqu'aux mélodies orientales (Orthanc), annonce les prémices de ce qui deviendra ensuite une source commune d'inspiration pour certains grands groupes d'aujourd'hui, à citer Dargaard...

On retiendra surtout de cet album le mérite des musiciens qui ont osé courir le risque et nous proposer une grande variété de styles dans cet album très expérimental, qui n'en est pas moins d'une grande qualité... Minas Morgul est un album culte, intemporel... Bref, un album à posséder !!!

17.0/20

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WarMetal - 01 Octobre 2007: Summoning est un groupe vraiment génial ! 1995 et déjà Silenius et Protector ne cherchent plus à faire dans le malsain, pourtant trés en vogue à l'époque. Leur quête c'est plutôt la simplicité alliée à une grande sensibilité artistique.

C'est rare pour un amateur de metal extrême de pouvoir supporter des compositions d'une longueur pareille et répétitifs en plus, pourtant avec Summoning cette règle s'estompe complétement et c'est le cas de presque tout le monde !

Bon boulot ! bienvenue dans le club des chroniqueurs ;-)
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