Eternal Defiance

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Nom du groupe Suidakra
Nom de l'album Eternal Defiance
Type Album
Date de parution 24 Mai 2013
Labels AFM Records
Style MusicalFolk Death
Membres possèdant cet album34

Tracklist

1. Storming the Walls
2. Inner Sanctum
3. Beneath the Red Eagle
4. March of Conquest
5. Pair Dadeni
6. The Mindsong
7. Rage for Revenge
8. Dragon’s Head
9. Defiant Dreams
10. Damnatio Memoriae
Bonustracks (Digipack Edition)
11. Mrs McGrath
12. Storming the Walls (Animated Video)
13. Inner Sanctum (Studio Video)

Chronique @ AlonewithL

04 Juin 2013

Encore solide, l’empire « Suidakra » commence à s’effriter.

Après de longues années de campagne, « Suidakra » s’est forgé un empire. Surtout que la troupe a volé de succès en succès depuis l’incomparable « Caledonia » de 2006. Des albums comme « Crógacht » ou encore « Book of Dowth » l’ont hissé à un statut suprême dans le genre. Nous croyons dorénavant que la légion allemande est imbattable, qu’il est impossible de lui dresser la moindre résistance. Mais tout empire a connu ses failles et a périclité pour finir dans les manuels d’Histoire. Il est bien possible que le destin ait décidé de s’y attarder, pour faire flancher ce nouvel audacieux qui le défi. Le départ houleux du bassiste de Marcus Riewaldt en est un signe. On pourra prétendre contre cela que le line-up du groupe a beaucoup évolué depuis sa création, et qu’un remplaçant, en la personne de Tim Siebrecht, a vite été trouvé. Il y a aussi raison à positiver en apprenant le renfort du chanteur/guitariste Marius Pesch de « Kingdom of Salvation ». Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, dira-t-on. « Suidakra » poursuit donc ses conquêtes et s’attaque à un mythe assez méconnu de la fin de l’antiquité, celui de Magnus Maximus l’usurpateur. Ce natif d’Hispanie, général, proclamé empereur par ses troupes en Bretagne (comprenez Grande-Bretagne), va nourrir fantasmes et légendes. Plus sérieuse, l’Histoire va retenir ses victoires en Gaule et en Italie contre les occupants légitimes du trône de l’Empire Romain d’Occident, avant qu’il ne chute face à l’empereur romain d’Orient Théodose Ier en 388. Une destinée glorieuse, puis tragique, associant romains et bretons, ici contée par les nobles de « Suidakra »dans l’album « Eternal Defiance » en 2013. Encore solide, l’empire « Suidakra » commence à s’effriter.

Comme tout début d’épopée, une entrée en fanfare. L’introduction se base dans une traditionnelle symphonie, entrecoupée d’une scène de saccage. « Storming the Walls » témoigne à la fois de gloire et d’horreur. La guerre en est ainsi faite. Nous entrerons de plein pied dans l’affrontement avec « Inner Sanctum », imposant, alternant entre un rythme martial romanisant et une démarche plus mélodieuse. Beaucoup d’altérations dans la musique sont à noter. On tâtonne en se contentant de la forte dimension épique. Elle est cependant loin d’égaler celle de l’entame de « Beneath the Red Eagle ». Un titre déroutant pour ses incrustations power metal. On aurait presque tendance à songer écouter un ouvrage de « Skiltron » quand interviendra notamment la cornemuse. D’ailleurs, Tina Stabel, de sa douce voix, portera l’estocade de manière plus pertinente que le growl d’Arkadius couvrant les parties plus rocailleuses du morceau.

« Suidakra » se serait ensiferumisé. (A vos souhaits !) C’est en partie vrai pour « Beneath the Red Eagle ». Ça l’est encore plus pour « Defiant Dreams » et ses insubmersibles vagues de power extrême. L’épreuve est satisfaisante, quoique quelques hésitations seraient à soulever, comme c’était déjà le cas pour « Inner Sanctum ». Autre influence, autre pays, c’est cette fois plus du côté de la Suède que les regards se tournent avec « Rage for Revenge », puisant dans les fondements de « Mithotyn » et de son jeune héritier « King of Asgard ». Voilà enfin un titre embarqué, batailleur, au martellement soutenu, renouant avec un black pagan triomphant. Le conquérant « Suidakra » n’est heureusement pas bâti que d’apports environnants, même si tout empire a su gagner ses plus belles batailles avec des troupes auxiliaires.

« Eternal Defiance » révèle à travers ses titres une continuité de ses précédentes œuvres. Les proportions épiques et cuivrées du volume nous ramènent à « Crógacht », le caractère massif et le rythme concassé de certains titres renouent eux avec l’illustre « Book of Dowth ». Dans le dernier cas, nous dégagerons un « Dragon’s Head » légèrement éprouvé. Nous ne le retiendrons pas dans les plus pertinents souvenirs. Le titre a beau nous happer dans l’épaisseur de sa brume, nous n’y sentons aucunement la conviction. La crise serait plus aigüe encore pour « Pair Dadeni », dont le nom fait référence au chaudron de la renaissance issu de la mythologie galloise. Avec la cornemuse, le groupe reproduit l’atmosphère des îles britanniques. Mais celle-ci doit s’accommoder d’une rythmique de guitare boursoufflée et assez peu avenante. Les légions de « Suidakra » se découvrent alors vulnérables.

Dans ce jeu par à-coups, si cher à « Book of Dowth », « March of Conquest » sortira du lot. Peut-être parce qu’il intègre dans ses rangs un refrain extrêmement fluide, cassant la rythmique martelée des couplets. Une dose de gaieté à la « Dalriada » avec cornemuse et chant féminin au sein d’un corps éminemment ordonné et guerrier. Ce ne sont pas ces centuries de fer qui signeront les plus belles victoires de l’opus. Prenez un exemple édifiant. Celui de la très belle ballade « The Mindsong », remarquablement menée par la belle Tina. Bien que classique, c’est vraiment le titre à retenir de l’album. Son charme envoutant vous fera méditer sans la moindre lassitude durant près de 6 minutes. La dame réitère son exploit vocal avec le bonus « Mrs Mc Grath », une reprise champêtre issue du folklore irlandais. Elle fait preuve dans ce cas de davantage de fermeté dans sa voix qu’à l’égard de « The Mindsong ». On ne parle plus ici d’amour pour un empereur. Le titre qui devait clôturer l’opus en l’absence du bonus, est également une ballade. Ils auront fait fort dans ce domaine. « Damnatio Memoriae » n’est pas emmené par une femme mais par un homme. Et la voix de celui-là est partagée entre résolution et mélancolie. Cet éblouissant morceau folk finira par une savoureuse symphonie cuivrée. Finir avec panache pour commencer la légende. Que longtemps vive la mémoire de Magnus Maximus.

Le bras est musclé et tient encore habilement le glaive, mais la légion super-entrainée de « Suidakra » donnerait aujourd’hui quelques signes de fatigue. Une telle information peut éveiller les plus vives inquiétudes. Il nous faut dans l’impératif consulter l’augure. Le destin a souvent eu raison des grands de ce monde. Les empires ne durent jamais éternellement. Arkadius Antonik devrait pertinemment le savoir, lui qui a su sourir à ce destin hait et craint. Un genou à terre, mais l’arme bien en main. Maintenant, nous ignorons si l’homme et ses suivants sauront rebondir ou s’effondrer à plat ventre. Tout n’est plus que supposition. Les dieux seuls le savent, mais ils se garderont de livrer leurs vues aux mortels. Surtout pour ce qui concerne le sort des plus impertinents d’entre-deux, de combattants germains au service de Rome qui n’ont pas arrêté de les défier.

14/20

4 Commentaires

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Darksaucisse - 04 Juin 2013: Merci pour la chro' ! Je suis tout à fait d'accord en ce qui concerne l'album et son ressenti...
Il manque bel et bien de panache mais propose néanmoins d'agréables morceaux comme Inner Sanctum, Defiant Dreams...
Et la référence à Ensiferum est tout à fait exact avec ce coté power bien cru.

Du coup un album de bonne facture mais sans plus, ce n'est pas le petit bijoux tant attendu... (D'ailleurs quitte à avoir l'album autant le prendre avec le titre bonus vraiment bon !)

PS: Dans l'avant dernier paragraphe tu as écrit "Domnatio" au lieu de "Damnatio".
Walhall - 04 Juin 2013: J'ai l'habitude de tomber d'accord avec toi, Alone, mais alors là... Aller jusqu'à dire que "The Mindsong" est "vraiment le titre à retenir de l'album", c'est trop à encaisser d'un coup pour moi, tant cette piste sans saveur dure, dure, dure...
J'ai pour ma part trouvé cet album-concept très bon. Je trouve qu'il apporte de la fraîcheur et de l'innovation pour Suidakra, et ce notamment grâce à l'emploi intelligent d'éléments symphoniques dans la composition (ce que n'ont pas su faire Wolfchant ou Thyrfing sur leurs derniers albums, pour ne citer qu'eux...). Les ambiances et les tempi sont variés, la production exemplaire (la meilleure que le groupe ait eue jusqu'à présent), le tout est épique et mélodique à souhait, et moi, j'en redemande.
AlonewithL - 04 Juin 2013: Merci bien!

J'ai averti que "The Mindsong" était une ballade classique. Je la trouve néanmoins très belle et Tina s'y révèle excellente. La part symphonique est tout de même moins présente que sur les derniers Wolfchant et Thyrfing.
666belzebuth - 11 Juin 2013: bien vu pour l'enziformisation, la deuxième écoute avec cette idée et le fait devient génant:/
j'ai trouvé aussi que ca manquait un peu de sueure.
très bonne et crédible chro pour ma part.
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