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Death Brutal Suffocation (USA) Effigy of the Forgotten
Album, date de parution : 22 Octobre 1991 - Roadrunner Records
Produit par : Scott Burns , Enregistré à : Morrisound Studios
Style: Death Brutal

NOTE : 18/20
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Tracklist
1. Liege of Inveracity 04:31
2. Effigy of the Forgotten 03:50
3. Infecting the Crypts 04:49
4. Seeds of the Suffering 05:53
5. Habitual Infamy 04:17
6. Reincremation 02:55
7. Mass Obliteration 04:33
8. Involuntary Slaughter 03:03
9. Jesus Wept 03:42
Total playing time 37:33

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126 avis 2 18/20
Chronique
19 / 20
    Fabien, Vendredi 06 Avril 2007 parlez-en à vos amis  
Originaire de New York et fondé en 1989 par Frank Mullen, Josh Barohn et Mike Smith, rejoints dès l’année suivantes par le duo meurtrier Hobbs / Cerrito aux guitares, Suffocation est une figure incontournable du brutaldeath nord américain. Sa seconde maquette baptisée Human Waste est directement éditée en mini-album par le jeune label Relapse Records, qui sort ainsi sa toute première production en support CD, après avoir déjà pressé quelques vinyles EP pour Apparition (Sorrow) ou Incantation. Le quintette décroche dans la foulée un deal avec la puissante écurie Roadrunner qui vient tout juste d’étoffer son catalogue avec l’ajout des deathsters d’Immolation, Gorguts et Sorrow, puis il rejoint Scott Burns aux inévitables Morrisound Studios pour les sessions d’Effigy of the Forgotten à paraître en octobre 1991.

Grâce au mélange imparable d’une brutalité sans limite et d’une technicité désarmante, Suffocation secoue la scène deathmetal de l’époque, encore relativement habituée à des rythmes monolithiques et un riffing rentre-dedans. Sur une rythmique très complexe de Mick Smith derrière les fûts, enchainant blast-beats et double pédalage écrasant, le duo culte Terrance Hobbs et Doug Cerrito assène une multitude de riffs enchevêtrés avec une dextérité diabolique, apportant une nuance indéfinissable aux morceaux, à l'image de l’anticlérical Liege Of Inveracity ou du furieux Habitual Infamy, aux multiples lectures et à la durée de vie infinie. Les growls très gutturaux de Franck Mullen créés par l'utilisation du tube digestif et de la gorge s’affranchissent également du type de chant deathmetal de l’époque, participant à la création de ce climat si sombre et si furieux.

Effigy of the Forgotten figure ainsi parmi les joyaux ne s’appréciant pas forcément à la première écoute, tant ses titres restent alambiqués et brutaux. Mais au fur et à mesure, chaque morceau prend toute son ampleur, formant au final un ensemble d’une cohérence et d’un équilibre exemplaires, fracassant sur le riffing d’Infecting the Crypts, désarmant par la mise en place diabolique de Seeds of Suffering, ou terrassant sur le break impitoyable de Jesus Wept, l’un des titres les plus incisifs et mémorables du deathmetal.

En outre, la production soignée de Scott Burns sied idéalement au style fouillé de Suffocation, bien que la caisse claire de Mike Smith eut mérité un son un peu plus constistant. Enfin pour couronner le tout, Effigy of the Forgotten est muni d’une illustration de DanSeagrave fantastique, fourmillant de petits détails s’affirmant avec le temps, à l’image de la musique du quintette nord américain. Pour l’anecdote, Roadrunner confia notamment au dessinateur avoir beaucoup de mal à reproduire ses moult détails lors de l’impression des tee-shirts.

Hier comme aujourd’hui, Effigy of the Forgotten reste une référence incontournable de la scène brutaldeath. Si cette appellation ne possédait pas encore ses contours à l’époque, employée à tout va dès qu’un groupe forçait un tant soit peu sur les rythmes, Suffocation peut légitiment être considéré depuis comme l’un des fondateurs majeurs du style, ayant influencé un nombre incalculable de formations brutaldeath actuelles, y compris celles de slamdeath, à en écouter ce passage si caractéristique de Liege of Inveracity à 3'49. A ce jour, la première œuvre du dieu new-yorkais reste en outre maintes fois imitée et jamais égalée dans son domaine. Culte à en mourir.

Fabien.




26 Commentaires
Chronique
18 / 20
    dark_omens, Dimanche 20 Avril 2014 parlez-en à vos amis  
L'une des pierres fondatrices d'une ère nouvelle naissante...

Il est certaines œuvres pour lesquelles la rédaction d'une chronique ne peut ressembler à autre chose qu'à l'expression consentis d'une démonstration admirative exposant d'évidentes évidences. Noircir alors des pages pour évoquer ces albums coupables, tout en tentant bien maladroitement de conserver une impartialité de rigueur, pourra ainsi s'avérer être d'une inextricable complexité.

Cependant même si la difficulté de l'objectivité défaillante, une des graves maladies honteuses dont souffrent souvent les chroniqueurs, étreins nos esprits, qui pourrait raisonnablement ne pas succomber à l'excellence des travaux de ces américains de Suffocation ? D'autant plus qu'en ces heures révolus, au son de ce Effigy of the Forgotten, premier véritable méfait sortis après seulement une unique demo, Reincremated (1990), et un EP, Human Waste (1991), Frank Mullen et ses comparses nous propose rien moins que d'établir les principes fondamentaux, d'une certaine manière toujours terriblement actuels, d'un Death à la brutalité extrême et à la technicité redoutable.

Pour développer ce nouveau concept, Suffocation va bouleverser les conventions tacites d'un Metal de la mort quelque peu sclérosé dans certaines attitudes coutumières. Ainsi les américains vont, tout d'abord, cesser de se complaire dans les méandres des rythmes incontestablement brutaux mais encore, à l'époque, bien trop souvent régulier de leurs concurrents. Le groupe échafaude donc des titres aux constructions variées dans lesquels, d'emblée, il ne sera pas nécessairement facile de s'immerger spontanément.

Ce premier élément ne constitue pas la seule singularité dans la démarche de ce groupe puisque qu'il va, ensuite, s'appuyer aussi sur les aptitudes particulières, et remarquables, de musiciens talentueux et innovateurs. Tant et si bien qu'aujourd'hui encore ces singularités demeurent références. Evoquons dès lors la voix particulièrement gutturale, profonde, caverneuse mais surtout inédite d'un Frank Mullen donnant à ce Effigy of the Forgotten une atmosphère terriblement sombre et délicieuse. Evoquons également les qualités de dextérité d'un Mike Smith, derrière les fûts, offrant à ce plaidoyer une précision et une efficacité superbe. N'oublions pas aussi de citer les duettistes Terrance Hobbs et Doug Cerrito dont les riffs, et les soli, de guitare viennent admirablement s'imbriquer dans ces compositions aux structures alambiquées. Bien évidemment si ces admirables vertus peuvent apparaître aujourd'hui comme des poncifs obligatoires et habituels, n'oublions pas, toutefois, qu'à l'époque elles n'avaient rien de commun.

Ordinairement il incombe à votre humble serviteur de mettre en exergue certains titres plus singuliers d'une œuvre, cependant l'exercice ne peut être ici que vain, ou tout au moins source d'un extrême embarras tant l'équilibre dense et compact que dégage cet album demeure exemplaire. Et ce ne sont certainement pas les excellents Effigy of the Forgotten, Infecting The Crypts au break final malsain où l'on peut entendre les notes de cette basse groovy sur les bruits de ces pelles creusant ce que l'on suppose être une dernière demeure, mais aussi, par exemple, Reincremation, Mass Obliteration, Jesus Wept et leurs breaks plus posés, qui viendront entacher une telle perfection.

Il m'incombe encore, également, de relever les quelques défauts des albums que je tente modestement de chroniquer. Mais que dire de ce Effigy of the Forgotten? Sinon qu'il en est certains pour regretter cette production qui, leur semble-t-il, aura vieilli. Si cet argument peut se concevoir, il est toutefois difficile de le comprendre tant il met de côté tout l'aspect contextuel d'une époque révolue. De plus ce traitement sonore sied parfaitement au climat à la fois sombre et brutal de ce disque.

Non, vraiment il n'y a rien qui puisse maculer la consécration méritoire promise à ce Effigy of the Forgotten. Novatrice et inspirée, cette œuvre, au son d'un Death brutal technique aux constructions complexes, s'inscrit donc définitivement comme la pierre fondatrice et fédératrice d'une ère nouvelle naissante.




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