Chargement ...
Vous allez être redirigé
|
| 22 Avril 1996 - Noise International |

 |
Vous devez être membre pour déposer une note
1. Father Time
2. Will the Sun Rise ?
3. Eternity
4. Episode
5. Speed of Light
6. Uncertainty
7. Season of Change
8. Stratosphere
9. Babylon
10. Tomorrow
11. Night Time Eclipse
12. Forever
Bonustrack (Japanese Release)
13. When the Night Meets the Day |
|
|
|
| Chronique |
 18 / 20 |
|
Stratovarius, avant d’être l’un des (ex ?) maîtres incontestables du speed mélodique à tendance néo classique (ce que j’aime les étiquettes !), a débuté sa carrière à une époque où son genre musical était loin de représenter une majorité.
Alors en pleine vague grunge et death, les débuts des finlandais ne furent pas des plus heureux, la faute à un talent encore que très partiellement exploité, un Timo Kotipelto absent, une scène bien plus extrême ou technique (l’avènement de Dream Theater pour en citer que lui !) ont fait que les quatre premiers albums de Strato restent, encore aujourd’hui, dans les abimes d’un anonymat dont ils ne parviennent ni ne veulent sortir.
Mais en cette année 1996, alors que la scène death commençait inéluctablement à s’effondrer sous le poids de sa propre décadence (un trop grande nombre de signatures sur major ont bridé un genre bien trop brutal pour plaire à un grand public !), Stratovarius à quand à lui décider de sortir de l’ombre, et de quelle manière l’a-t-il fait ? En nous sortant "Episode" ! Rien que ça, rien que la preuve d’un talent enfoui explosant enfin au grand jour et à la face d’un monde métallique qui commençait à vouloir revenir à des valeurs simples véhiculées par les années 80, prendre du plaisir sur des rythmes rapides et grandioses mis en scène par des refrains entêtants que l’on reprend à plein poumons lors des concerts.
Et sur ce point, "Episode" fait très fort !
Démarrant sur un des meilleurs titres à avoir jamais vu le jour sous l’appellation Stratovarius, "Father Time" colle un uppercut dès le premier round. Sous un tempo effréné, le morceau est une leçon de speed à la finnoise.
Finnoise; symbolique de virtuosité, de finesse mais néanmoins de poigne, d’une incision très propre mais pourtant tellement précise. Le chant de Timo est d’une justesse incroyable, d’une puissance phénoménale dans les aigus, le refrain est un petit modèle du genre et surtout ce Timo Tolkki, encore en pleine possession de ses moyens, nous dévoile une palette de riffs aussi subtiles que dévastateurs ! Quand à Jens Johansson, fraichement arrivé, il nous laisse comprendre qu’il ne deviendra pas un des meilleurs claviéristes du monde pour rien.
Car s’il y a un point sur lequel Stratovarius fait bien toute la différence, c’est dans l’utilisation judicieuse des claviers. Là où cet instrument devient pour certains (Sonata Artica, Rhapsody à leurs débuts, Power Quest…) synonyme de niaiserie et d’une volée de sonorités suraigus, il est avec Strato une facette progressive sans jamais tomber dans la démonstration facile ni dans la facilité.
A l’écoute de monuments tels "Eternity", "Night Time Eclipse" ou "Babylon", aux atmosphères travaillées, mystérieuses et parfois ésotériques, le clavier devient la matérialisation d’une grandeur musicale et d’un souffle épique salvateur et inspiré. Dès l’introduction de "Babylon", les finlandais nous emmènent en Orient, dans un désert aride de sonorités plus légères mais paradoxalement, dans une atmosphère plus lourde et pesante.
La performance de Kotipelto se fait alors artistique, d’une qualité irréprochable, d’une grande émotion palpable et pleine de beauté et de grâce. Son chant nous transporte littéralement, sa voix, semblant être un don du ciel dont il jouit comme bon lui semble, est d’une perfection rarement atteinte dans le style, et relativement loin de la surenchère technique qui handicaperont les plus récents "Elements".
Mais à l’inverse de ces longs morceaux épiques, Stratovarius sait aussi mieux que quiconque enchanter sur un temps très court, se muer en une expression musicale très condensée comme le démontre "Speed of Light" qui, en moins de trois minutes, passe par toutes les étapes imaginables. Un riff supersonique parfaitement mis en valeur par une production n’ayant pas pris la moindre ride en treize ans, un chant très rapide, aussi grandiose qu’incisif et surtout des solos inspirés des gammes néo-classiques comme s’ils en pleuvaient. Impressionnant !
Et ce son qui, comme je le soulignais, déploie une puissance qu’est très loin de posséder le dernier album éponyme du groupe, qui laisse exploser toutes les subtilités d’un album aux multiples facettes et arrangements. De nombreuses pistes de guitares acoustiques sont par exemple ajoutées ici et là afin d’ajouter encore un peu plus de richesse musicale. Il faut également noter le son impressionnant de batterie que posséderas à partir de cet album Stratovarius, étonnamment profond et puissant, laissant entrevoir le moindre coup de pédale réalisé par ce batteur d’exception qu’est Jorg Michael (lui aussi nouveau venu sur cet opus !).
"Episode" est une merveille de variété, un voyage dont les sons et les couleurs diffèrent radicalement d’un titre à un autre, sans pour autant avoir à faire à un patchwork musical indigeste ou sans but. Une forte homogénéité transpire à travers un album marqué par un certain esprit de revanche et d’une envie intrinsèque de montrer les dents à la face du monde.
Les plus lents et mélancoliques "Uncertainty" et "Seasons Of Change" (étrangement l’une après l’autre) exhibe cette volonté de diversifier une musique progressive alors en pleine gloire. Le premier des titres susnommés est à lui-seul une page magistrale de spleen, aux chœurs discrets mais splendides, aux arpèges de guitares acoustiques somptueux mais toujours du domaine de l’arrangement, tandis que le solo très heavy, dont l’amorce n’est pas sans évoquer Gamma Ray, alourdi une ambiance où la basse se fait reine le temps de ressentir une tristesse prenant aux tripes.
"Stratosphere", quand à lui, habité par une schizophrénie entre technique démonstrative (non dénuée de stérilité et de prétention) et douceur acoustique, semble être le seul faux pas d’un album qui frisait alors de très prêt une perfection non pas d’originalité mais de maitrise et de brio.
Car "Episode" n’est en rien révolutionnaire, non, il ne fait que rendre plus riche un style qui commençait malheureusement à se couvrir de poussière. Il est ce genre d’album qui pousse l’exigence du genre un peu plus loin, qui place un groupe en position de leader et qui fait figure d’incontournable dans un métal mélodique souffrant de clichés en tout genres.
Aussi sensible que puissant, "Episode" fut un premier pas décisif dans la carrière des finlandais. Un line-up encore stable qui allait parcourir le monde entier, entrer dans une période faste de composition et de succès tous plus importants à mesure que le temps avance, jusqu’à cet inévitable blackout plongeant le monde du speed mélodique dans une situation des plus inconfortables, celle de se retrouver orphelin de l’ainé de ses fils.
2 commentaires |
|
| Mini-Chronique |
 |
|
1996 a été une année de succès pour la formation finlandaise qui a sorti un de ses albums culte, qui a d'ailleurs grandement contribué au succès du groupe. La recette reste la même : morceaux rapides, mélodiques (néoclassique ;)), entraînants, mais on y retrouve aussi des pièces plus lentes mais toute aussi bonnes. Selon moi, c'est un des meilleurs disques de Stratovarius. Bon, maintenant c'est le temps d'une petite analyse plus détaillée pour ceux qui veulent avoir une meilleur aperçu. C'est pas vraiment descriptif de mentionner qu'un album est rapide et mélodique, ha ha y'en a des tas comme ça aussi. Bon...
Pour commencer "Episode", on a "Night Time Eclipse" qui se décrit comme un titre d'ouverture intéressant qui se situe dans un tempo lent assez lourd comme Strato peut bien le faire. Ensuite vient de l'acoustique accompagnée de la voix de notre très cher Kotipelto. C'est le moment de l'album où on se posent des questions sur la qualité du disque, mais patience, l'artillierie s'en vient ! "Father Time" !!! Ecoutez-là :P j'ai rien d'autre à dire dessus. Les deux prochaines chansons qui suivent après la folie qu'est "Father Time" sont moyennes quoique toujours entraînantes et "catchy" si je peux me permettre l'expression. Ensuite, on retrouve une instrumental assez mystérieuse qui nous prépare à "Speed of Light". Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa... Ces titres-là, on n'en retrouve plus sur les nouveaux albums de Strato. Ca veut dire en somme que cette pièce est démente. Le solo est mémorable (il va aussi vite que la vitesse de la lumière comme l'indique le titre) ! Ensuite on retombe dans des trucs plus lourds ; c'est bien, mais on peut passer par dessus. J'aime bien les trucs lourds et lents mais disons que ce que j'aime le plus de Strato, c'est leur truc rapide... Mais bon, je reconnais aussi que les titres lents sont bons. Bon, cessons de parler de lenteur et allons dans la rapidité légendaire du groupe avec une autre instrumental culte du groupe, "Stratosphere". La virtuosité de Timo Tolkki et de Jens Johansson nous est révelée de la bonne façon :P. Ensuite, on tombe sur "Babylon", qui contient un solo de clavier vraiment bien et tout de suite après, on trouve une chanson qui termine bien l'album : "Tomorrow".
Bon, pour finir, l'album est un must pour les fans de Stratovarius, mais aussi pour les fans de power/speed qui veulent entendre quelque chose qui livre bien la marchandise ;). On ne se trompe jamais avec "Episode". Je lui donnerais 9/10.
Bonne écoute !
0 commentaire |
|
|
|