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…d’une suite répondant au doux nom de "Alpha & Omega", premier chapitre du second volet de ce duo d’album nommé Elements.
Quelques mois après une première partie répondant complètement aux atteintes d’un public affamé, cette seconde fraction élémentaire surprendra non pas par sa musique mais par la profonde déception qu’elle engendre à son écoute. Produit une nouvelle fois au Finnvox, rien ne change radicalement dans le fond, mais la forme semble complètement asséchée, ramollie, fatiguée.
"Alpha & Omega" ouvre le bal avec un tempo très lourd, mais l’orchestre n’y apporte étonnement peu de choses. Timo Kotipelto, fidèle à lui-même, alterne beauté et technique, et ne souffre pas encore de la précarité du reste de l’opus. Malgré un refrain relativement faiblard, aux guitares effacées au profit de chœurs splendides et presque religieux, cet introducteur se déguste relativement facilement, sans encore que l’ombre fantomatique du manque d’inspiration ne frappe de plein fouet le personnage aveugle que représente l’auditeur. Le solo de Timo Tolkki, comme arraché à son âme, laisse perler une influence plus hard rock qu’exploitera le maniaco-dépressif par la suite.
"I Walk to My Own Song", à l’intro futuriste de Jens, nous place dans un univers plus commun, plus connu avant qu’un riff complètement pompé sur Helloween, en plus de son inconsistance, ne vienne gâcher une fête qui s’annonce décidément bien décevante. Encore une fois, rien ne semble mal fait, mais cette si indispensable étincelle de magie « Stratovarienne » s’est comme envolée, dévoilant une musique presque insipide. L’espoir perlera une dernière fois sur le titre suivant, le destructeur "I’m Still Alive", laissant entrevoir pour la dernière fois ce qui fut jadis comme l’un des plus grands précurseurs du métal mélodique de la seconde moitié des années 90. Cet aspect positif, gai et frais, complètement incorporé à ce troisième titre, ressemble au vestige infime du navire sur l’immensité d’un album. Le refrain aérien, notamment, rappelle cette beauté qui s’envole, qui s’échappe au profit d’une médiocrité arrivée malheureusement bien trop tôt.
La magnifique pochette ne pourra cacher ce constat amer, Stratovarius n’avait pas été aussi peu inspiré depuis The Fourth Dimension. Non pas que le résultat soit mauvais, mais il l’est lorsque l’on parle du grand Stratovarius, il l’est lorsqu’il s’agit du géant qui le propose. "Season of Faith’s Perfection" parait arrivée trop tôt, et sa relative beauté, complètement surjouée vocalement, ne parviendra pas à rendre justice aux envolées lyriques de toute beauté du titre. Les ballades s’amoncellent sans réelle cohésion, et empreigne le spectre sonore de leur niaiserie, comme le démontre parfaitement "Luminous" et sa mélodie synthétique et ridicule (digne d’une publicité !), laissant muet Tolkki et Jorg Micheal inutile. Le petit Timo, comme il est appelé communément, ne parviendra pas du tout à sauver ce morceau. "Dreamweaver", "Know the Difference" regorgent d’introduction spectaculaire tombant en friche dans des mid tempos révélateur d’un manque d’inspiration totale, devenant tantôt conventionnels, tantôt insupportables (Kotipelto est infernal sur "Know the Difference", pompeux et sans aucune retenue).
L’album s’écroule sous son propre concept, trop ambitieux pour des épaules que l’on pensait pourtant solides. Cependant, la santé mentale du principal compositeur de cette machine de guerre scandinave se détériora bien plus vite que ce qui aurait dû être, et le guitariste perdit complètement le contrôle de sa vie et de sa musique. "Elements" reste donc comme l’épreuve ambitieuse d’un groupe en pleine crise interne, qui ne pourrait malheureusement se relever de cette épreuve qui les conduirait à un split inévitable, tombant parfois dans le combat autant physique que moral. Un triste sort finalement, que rien ni personne ne pouvait prévoir…R.I.P Stratovarius…
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