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Il arbore une coiffure gigantesque et vertigineuse, ainsi qu’une grosse barbe tout aussi impressionnante, il chante ( ou gueule comme un malade, c’est selon ) tout en jouant de la guitare, et se fait connaître comme étant le frontman d’un groupe de Metal ( plus précisément d’Indus Metal ) à la notoriété importante, et dont le succès ne cesse de s’accroître … Vous l’aurez deviné, cette introduction ci-dessus présente le fameux Wayne Static, et son non moins fameux groupe, Static-X, dignes et talentueux héritiers des vieillissants et moribonds Rob Zombie et Fear Factory. Plus encore que Marilyn Manson ou les Nine Inch Nails, qui ont à présent tendance à s’éloigner de plus en plus des horizons Metal qu’ils adulaient autrefois. Static-X est devenu le nouveau fer de lance de l’Indus, poursuivant avec brio l’œuvre de ses illustres aînés que sont Godflesh, Ministry et consorts. Tout cela, le charismatique et extravagant leader du groupe, Wayne Static, le sait parfaitement. Ainsi, plus question de s’embarrasser d’un album humble et sobre du genre Shadow Zone, place à un Cult of Static, ou Static-X affirme haut et fort sa place prépondérante dans le metal actuel, et ou Wayne Static, sur la pochette de ce disque, pose nu, face à une foule immense, tel un prophète des temps modernes prêchant la bonne parole (ou plutôt, « la bonne musique ») aux masses égarées… On savait que ce dernier n’était ni timide, ni modeste (preuve en est par sa coiffure excentrique et par son magnétisme, son charisme extraordinaire, qui tendent à attirer tous les regards sur sa personne, au point d’en éclipser les autres musiciens du groupe), mais mégalomane, ça madame, je peux vous jurer qu’on était pas au courant ! Wayne Static aurait-il succombé à la folie des grandeurs ? P’têt ben… Mais quand on y regarde d’un peu plus près…
BAM ! Grosse mandale dans la face, Lunatic nous arrive droit dans la gueule à la façon d’un uppercut décoché par un boxeur confirmé ; avec force et fracas. On ouvre les hostilités aussi rapidement que brutalement avec ce nouvel opus, et ce n’est pas pour me déplaire. Il y’a tout d’abord ces sonorités mécaniques et industrielles oppressantes, qui font monter lentement mais sûrement la pression. Puis, tout explose ! Sur les riffs puissants, au son sale et gras, vient se superposer le growl d’un Wayne Static plus sauvage et bourrin que jamais, qui beugle de bout en bout, de sa voix rauque et gutturale de croquemitaine, et deux excellents solos (et pour cause ! Le premier n’étant rien moins qu’un solo de Megadeth !). Cette mise en bouche vous a rappelé Cannibal, le premier morceau du précédent opus au même nom ? La ressemblance n’est effectivement pas fortuite, car Cult of Static est dans la continuité de son grand frère, à savoir de l’Indus Metal qui tâche méchamment, lorgnant presque sur le Death ou sur le Hardcore. Mais là où Cannibal se faisait lassant par un côté répétitif et une violence parfois mal maîtrisée, Static-X, sur ce Cult of Static, a réussi à canaliser parfaitement sa "brutalité" pour nous servir un Metal à effet rouleau compresseur, qui avance lentement mais sûrement, délaissant fougue et énergie débordante au profit d’une implacable efficacité purement mécanique…
Mais sous ces aspects simplistes et grossiers, cet album est beaucoup plus subtil qu’il n’y paraît. Car Static-X ne fait pas qu’emprunter l’inexorabilité et les sons électroniques de la Machine, comme n’importe quel groupe d’Indus, mais instaure une véritable ambiance, basée sur la rivalité entre l’homme et ses créations mécaniques. Ainsi, on assiste à une dualité entre l’efficacité impitoyable de la Machine, symbolisée par les riffs massifs et implacables et la voix saccadée de sieur Static (et bien sûr par les samples et bruitages éléctros), et la créativité mais aussi l’angoisse de l’Homme, symbolisé par les solos, assez classiques dans l’ensemble mais qui peuvent aussi s’avérer malsains et torturés (Isolaytore), un peu à la façon d’un Meshuggah, qui se bat désespérément (vainement ?) pour ne pas être emporté, avalé, remplacé par les robots qu’il a lui-même créés. Dès lors que l’on s’est rendu compte que Static-X a ici appliqué aussi bien à sa musique ce vieux thème, si effrayant mais à la fois si fascinant, de la lutte entre l’Homme et la Machine, on comprend mieux la pochette de l’album… Les musiciens de Static-X ont un talent monstrueux, et leur leader Wayne Static peut se permettre l’excentricité et la prétention de poser en prophète musical sur la pochette de son album. Cult of Static, le nom est bien choisi, car Static-X est quasiment un culte du Metal désormais, et n’a rien à envier aux autres pointures, quoi qu’en disent les détracteurs. Que ceux qui n’en sont pas convaincus écoutent les deux excellents morceaux Tera-Fied et Grind 2 Halt, aux ambiances urbaines et futuristes particulièrement fouillées. Elles vous laisseront sur le carreau, assurément…
Certes, ceux qui attendaient un retour aux sources risquent peut-être d’être déçus. Cependant, Cult of Static, non content d’être meilleur que le plutôt moyen Cannibal, parvient même à surpasser le premier opus ! Un tour de force pour une formation qui existe déjà depuis plus de 10 ans, et qui n’était, jusqu'alors, jamais parvenu à égaler son premier coup de maître (même avec le très bon Shadow Zone). Ce nouvel album est, à première vue, relativement facile d’accès, mais ce n’est qu’après plusieurs écoutes que le disque prend toute sa saveur. Ne cherchez pas en surface, c’est au centre, au cœur, que Cult of Static se déguste !
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